L'ALLÉGORIE
dans sa Flagellation le médailleur Modcrno donna au Christ l'attitude du Laocoon antique1! Un autre artiste, le graveur Reverdino, plaça Laocoon et ses fils parmi les acteurs du Jugement dernier (Bartsch, t. XV, p. 21).
Non moins étranges sont les compositions - - des gravures sur bois - - dans lesquelles Domenico Beccafumi, de Sienne, qui lut un graveur habile en même temps qu'un peintre éminent, illustra différents métiers : l'Argentier, le Fondeur, le Forgeron, etc. La juxtaposition d'éléments réels et d'éléments mythologiques ou allégoriques enlève à ces scènes toute sincérité. C'est ainsi
le forgeron s'avan-
Mercure, Mars et
us
CTPS
ne.
que l'on y voit çant vers Saturne, d'autres divinités, vide un vase et encadrés par le solaissent échapper
Composition allégorique de Paul Véronèse : la Récompense. (Palais des Doges.)
L'élément allégorique s'introduisit même, comme nous le verrons, dans le portrait.
L'allégorie se rattache intimement au polythéisme antique : négligée par le xv° siècle, époque à la conception souvent trop terre à terre, elle regagna ses droits au fur et à mesure que les souvenirs classiques prirent le dessus sur le réalisme (t. II, p. 1 21-124). On sait avec quel éclat elle s'incarna dans Raphaël et Michel-Ange. Mais, pour créer des figures telles que le Jour et le Crépuscule, la Nuit et l'Aurore, il fallait toute l'envergure d'un Buonarroti, ses convictions profondes, sa puissance d'expression.
Aux yeux de Michel-Ange, d'accord en cela avec les artistes de l'antiquité, le style héroïque vit de convention et de symbolisme. De là vient la sobriété