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I. Cantù, Histoire des Italiens, t. VIII, p

LES ANIMALIERS ET LES PAYSAGISTES. i.35

exception, en faveur de son ami le Titien1. Saint Charles Borromée renchérit encore sur ce rigorisme : il défendit de donner aux saints les traits de personnes vivantes'2.

A côté des portraitistes de profession s'affirment les animaliers, si peu nombreux encore pendant la période précédente (t. II, p. 147-148; t. I, p. 285- 286). Il est vrai que, comparés par exemple à Pisanello, ce précurseur de génie, le réalisme chez eux réside dans l'intention plutôt que dans le rendu.

Des peintres célèbres durent à l'occasion faire poser devant eux des quadrupèdes ou des volatiles. Jules Romain dessina lui-même et fit peindre par ses élèves, dans des salles du palais du Té, les chiens et les chevaux du duc de Mantoue. De même à Ferrare, le Flamand Luca Cornelio exécuta pour le duc Hercule II, qui les fit traduire en tapisseries, les portraits des chevaux de ce prince. Bon nombre d'autres maîtres se consacrèrent à la représentation des animaux : le peintre Jean d'Udine, le graveur G.-B. Franco3. Un certain Bernazzano de Milan s'y fit une véritable notoriété. Vasari raconte qu'ayant peint un fraisier dans une cour, il obtint le même succès que jadis Zeuxis; des paons y furent trompés et becquetèrent obstinément le mur. Bacchiacca excellait également dans ces reproductions; la masse d'oiseaux, de poissons, de crustacés, qui peuplent ses cartons de tapisseries (voy. p. 129), en font de véritables albums d'histoire naturelle. Quant à Gensio Libérale, il ambitionnait de passer pour le Raphaël des poissons.

Ces peintures ont leur pendant dans les bronzes modelés pour les grottes de la ville de Castello par Jean Bologne et ses élèves.

Le xvic siècle n'a pas connu de paysagistes de profession. Cependant bon nombre d'artistes, et surtout les Vénitiens, — Giorgione, le Titien, les Palma, les Bonifazio, — commencent à développer, au détriment des figures, ce que l'on pourrait appeler le cadre.

La caricature, en quelque sorte proscrite pendant l'Age d'Or (t. II, p. 148i5i), relève la tête, mais ffiblement encore; elle profite des facilités qu'offrent l'invention de la gravure à l'cau-forte et les perfectionnements de la gravure au burin4. Elle est loin toutefois d'atteindre en Italie au même développement qu'en France et en Allemagne. La note populaire qui donne tant de saveur aux productions de la xylographie française, allemande, suisse, anglaise, lui est absolument inconnue. On trouverait à peine dans la Péninsule l'un ou l'autre des acteurs consacrés des grands cycles comiques du Nord : la Mort,

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