‹ Histoire de l'art pendant la renaissanceChapitre 71 sur 304 · BU · texte numérisé non relu

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Le Costume italien au xvr siècle.

Portrait d'un tailleur, par G.-B. Moroni. (National Gallery.)

ques œuvres d'art, par exemple les statues des Médicis de Michel-Ange ou les

livrée; la troisiesme estoit la signora Livia Fausta, vestue toute de blanc, comme aussi estoit sa suitte avec son enseigne blanche. Dans leurs enseignes elles avoient de belles devises : je voudrais avoir donné beaucoup et m'en resouvenir. Ces trois escadrons étoient composés de trois mil dames, gentilstemmes ou bourgeoises : leurs armes estoient des pics, des pelles, des hottes et des facines : et en cest équipage firent leur monstre et allèrent commencer les fortifications. M. de Termes, qui m'en a souvent fait le compte (car je n'y estois encor arrivé), m'a asseuré n'avoir jamais veu de sa vie chose si belle que celle là; je vis leurs enseignes depuis. Elles avoient fait un chant à l'honneur de la France lorsqu'elles alloient à leur fortification : je voudrais avoir donné le meilleur cheval que j'aye, et l'avoir pour le mettre ici. » (Montluc; édit. du Panthéon littéraire, p. 148- 144.)

1 . Brantôme, de son côté, nous parle de mantes « à la mode siamoise » (Œuvres coniùîètes, édit. Lalanne, t. IX, p. 3ô2).

LE COSTUME

statues de Leoni (voy. p. 125), qu'il s'en ressent dans une certaine mesure. Chez les peintres, les modes contemporaines sont d'ordinaire reproduites dans toute leur originalité, sans remaniement ou tentative d'adaptation. C'est ainsi que, dans ses fresques du Santo de Padoue, le Titien a résolument abordé le costume contemporain, les chausses mi-parties, les bérets, le collier d'or, les manches à la juive. Andréa del Sarto, dans Y Histoire de la Vierge, à l'Annonciation de Florence, se montre tout aussi catégorique pour les costumes féminins; pour les costumes d'hommes, au contraire, il s'est arrêté à une sorte de compromis entre l'antiquité et les modes de son temps.

Mais si le costume italien ne devait rien aux anciens, il finit par devoir beaucoup aux étrangers. Dès la fin du xvc siècle, quelques infiltrations- de ce genre étaient venues en modifier l'élégante simplicité (t. II, p. 171 — 172). C'étaient les signes avantcoureurs d'une révolution véritable, comme on pourra en juger par quelques dates. Au début du siècle suivant encore, en i5i3, Paris de Grassis raillait le costume français; mais Castiglione déjà, dans son Courtisan, publié en i528, constate la tendance de ses compatriotes à s'habiller à la mode des nations étrangères : « L'antique façon de

s'habiller, dit-il, était un signe de liberté, la nouvelle un présage de servitude. » Bientôt le peuple même s'habitua tellement aux costumes étrangers, — français, espagnols, allemands, — que les mendiants ne songeaient même plus à demander l'aumône à ceux qui les portaient1. Vers la fin du siècle, au moment de la publication du livre de Sansovino, Venise était partagée entre les modes françaises et espagnoles".

Un érudit allemand a constaté que les Italiennes se montrèrent infiniment

Le Costume italien au xvi* siècle.

Un Forçat.

D'après le recueil de Vecellio.

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