III. Italie. La Fin de la Renaissance
plus réfractaires que leurs époux aux modes étrangères1. Honneur à leur opiniâtreté : c'est là aussi, après tout, une tonne du patriotisme.
Comparés aux costumes français du temps de François Ier, les costumes italiens étaient moins bariolés et moins déchiquetés. Comparés d'autre part aux costumes allemands ou suisses, ils avaient quelque chose de plus régulier, de
plus ample et, prononçons le mot, de moins déhanché et de moins excentrique. Soucieux de dignité et de gravité, les Italiens proscrivaient avec soin toutes les inspirations de la fantaisie. Ils les laissaient au moyen âge et aux races du Nord.
A cette époque, l'Italie, ballottée comme elle l'était entre la France et l'Espagne, ou plutôt écrasée entre les deux, se posa plus d'une fois la question de la supériorité relative des modes françaises et espagnoles. Rien de plus piquant que la discussion qui s'éleva à ce sujet entre les interlocuteurs du Courtisan de Castiglione : « Je n'ai vu faire, dit l'un d'eux, aucune de ces choses en France qui ne se iasse pareillement en Italie; mais tout ce qu'ont de bon les Italiens, en leurs vêtements, en la manière de festoyer, de banqueter, de manier les armes, et en toute
Le Costume italien au xvr siècle.
Un Paysan des environs de Venise.
D'après le recueil de Vecellio.
autre chose convenable à un courtisan, ils le tiennent des Français. — Je ne dis pas, répondit messire Frédéric, que parmi les Français ne se trouvent de très aimables et modestes seigneurs, et, pour en parler, j'en ai connu beaucoup véritablement dignes de toutes louanges; mais on en trouve aussi quelques-uns qui sont peu avisés, et, d'une manière plus générale, il me semble que les Espagnols se rapprochent plus des Italiens en leurs mœurs que les Français. Cette gravité posée, particulière aux Espagnols, me semble beaucoup plus convenable à nous autres que la prompte vivacité qui, chez la