I. H. Weiss, Kostiuii Kimde
LE COSTUME
nation française, éclate presque à chaque mouvement. Chez eux, cette vivacité ne choque pas; bien au contraire, elle a de la grâce, parce qu'elle est tellement naturelle et propre qu'on ne voit en eux aucune affectation » (livre II).
Attachons-nous d'abord au costume masculin.
Pris dans son ensemble, le costume du XVe siècle avait comporté, soit des vêtements tout à fait collants
pour la jeunesse, soit des vêtements amples, des espèces de simarres, qui distinguaient l'âge mûr et la vieillesse. Ces vêtements, qui descendaient jusqu'aux pieds, se maintinrent longtemps encore : à Venise, nobles et marchands les portèrent jusqu'à la fin du xvie siècle.
A Florence, d'après Benedetto Varchi1, le costume des hommes gagna en noblesse et en élégance à partir de l'année i5i2, date du retour des Médicis : justaucorps à peignes et à larges manches, descendant à mi-jambe, bérets trois fois trop grands, avec des plis retroussés en dessous, chaussures aux talons bizarres, toutes ces extravagances disparurent.
Vers i53o, voici quelles étaient, dans la même ville, d'après le même auteur, les principales particularités du costume : Les jeunes gens âgés de plus de dix-huit ans portaient en été, pour sortir, une longue tunique en serge (« lucco »), correspondant à la robe en usage chez nous pendant tout le xv° siècle. Le « lucco » s'ouvrait sur le devant, ainsi que sur les côtés, de manière à laisser passer les bras. Cette tunique était froncée dans le haut et fermée par une agrafe ou des cordons à la hauteur du cou.
Avec le « lucco » alternait le manteau (« mantello »), descendant le plus souvent jusqu'aux pieds. Ce vêtement était généralement noir, sauf chez les méde-
Le Costume italien au xvi" siècle.
Une Fiancée.
D'après le recueil de Vecellio.
I. Storia forentina, liv. IX. Cf. YOsservatore florentine, t. VIII.
cins, qui avaient adopté le rose ou le violet. Il ne s'ouvrait que sur le devant, était froncé dans le haut et se boutonnait à l'aide de « gangheri ». Ceux-là seuls qui n'avaient pas le moyen de commander un « lucco » portaient le manteau, sauf en hiver, où on l'associait à un pourpoint doublé ou fourré. Un capuchon (« capuccio ») très compliqué, divisé en trois parties, complétait ce costume. Sous le « lucco » on portait en hiver un justaucorps (« saio »), ou un sarrau (« gabbanello »), ou une casaque, et en été un pourpoint (« farsetto »), ou une camisole (« giubbone »), ou quelque autre veston en soie1.
Les chausses étaient tailladées à la hauteur du genou; les cuissarts étaient doublés de taffetas, garnis de découpures de velours ou de « bigherate ».
Les chapeliers de l'ère précédente s'étaient plu à donner aux coiffures en feutre les formes les plus compliquées, avec des bords échancrés ou relevés d'une façon extravagante2. Ces couvre-chefs disgracieux firent place à des bérets soit en drap noir, soit en satin.
L'arrangement de la chevelure et de la barbe donna lieu à une révolution non moins grave.
Au temps jadis, raconte Varchi, celui qui portait à la fois la chevelure longue et la barbe passait pour un bretteur et un mauvais
Le Costume italien au xvi' siècle.
Une Fiancée vénitienne.
D'après le recueil de Vecellio.
sujet; aujourd'hui, au contraire, sur cent, quatre-vingt-quinze se tont couper les cheveux ras et laissent pousser la barbe. Ceux qui portent les cheveux longs (« zazzera ») à la mode antique sont appelés par dérision les « zazzeroni ».
Quelques mots ici sur le port de la barbe : en parcourant les portraits que Vasari a joints à ses biographies, on découvre que seuls quelques artistes appai-
1. Dans le beau portrait de sculpteur peint par Bronzino' (musée du Louvre), le personnage est revêtu d'un pourpoint de couleur foncée, sur lequel se détache vigoureusement un col brodé rabattu.