‹ Histoire de l'art pendant la renaissanceChapitre 74 sur 304 · Voyez mon Raphaël, 2° édit., p. 101, 899, 480, 481, etc · texte numérisé non relu

Voyez mon Raphaël, 2° édit., p. 101, 899, 480, 481, etc

LE COSTUME

tenant à la génération précédente (Bugiardini, R. Ghirlandajo, Rustici, Raf. del Garbo, Sogliani, Granacci, Baccio d'Agnolo) continuaient à se faire raser à l'ancienne mode. Parmi les autres, les uns portaient une barbe de dimensions moyennes, tandis que la majorité laissait pousser indéfiniment cet appendice, de manière à ressembler à des patriarches ou à des divinités fluviales. La barbiche était inconnue, ou peu s'en faut — je ne la trouve que chez Tad. Zucchero, — de même que la moustache seule ou les favoris seuls.

De nos jours, un ministre de la guerre est devenu populaire pour avoir autorisé dans l'armée le port de la barbe. On juge si de telles mesures avaient le privilège de passionner les hommes de la Renaissance ! Lorsque Léon X ordonna aux prêtres de couper leur barbe, Rome entière s'amusa de la douleur que ressentit un certain Domenico d'Ancône, obligé de faire le sacrifice de la sienne : elle avait été immortalisée par le sonnet de Berni autant que la chevelure de Bérénice l'avait été par Callimaque.

Adrien VI ne montra pas moins de rigueur : il reprenait sévèrement les ecclésiastiques qui portaient la barbe longue à la façon des soldats. L'abus, en effet, était venu à ce point que les prélats sortaient à cheval, avec La cape courte et l'épée au côté'.

Revenons à Florence. Pour sortir la nuit, on revêtait un costume spécial : une cape à l'espagnole, avec le capuchon placé derrière, et on se coiffait d'un « tocco ». Le jour, les soldats seuls ou les mauvais sujets portaient cette cape8.

Le costume d'intérieur se composait, en hiver, d'un « berettone », d'un sarrau (« palandrano »), ou d'une veste catclane (« catelano »); en été, d'un

Page 1