Cellini, édit. Tassi, t. II, p
3. Pour donner une signification à ces chiffres, rappelons qu'à Rome, en i5 p, les salaires des familiers ou des domestiques d'un grand seigneur étaient fixés comme suit : Reviseur général et et maestro di casa», chacun, outre le logement et la nourriture, 120 écus par an; chapelains, 24; échanson secret, 36; palefreniers, 12; cuisinier secret, 36; médecin et auditeur, chacun 100 écus. (Del governo délia Corte d'un Sigiwre in Roma.)
Si nous plaçons en regard de ces chiffres ceux que nous offrent les archives françaises, nous, découvrons que François I01' se montra plus magnifique que n'importe quel souverain italien : il donnait à Cellini 1000 écus de fixe et lui payait à part la façon de ses ouvrages, soit 3ooo écus, au total 4000 écus, quelque chose comme 200 OOO francs par an (je rappelle que l'écu, le florin ou le ducat valait au moins 5o francs de notre monnaie) (édu. Tassi, t. II, p. 490).
Un artisan à son établi, attribué â Andréa del Sarto. (Musée de l'Ecole des Beaux-Arts.)
LA CONDITION DES ARTISTES
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Il arrivait également que l'on donnait en guise de rémunération le rendement de tel ou tel impôt. Ainsi fit le pape Paul III lorsqu'il délégua à Michel-An^e, en 1 535, une somme de 600 écus d'or à prélever chaque année sur le péage du Pô, près de Plaisance. Charles-Quint, de son côté, accorda à Leone Leoni une pension sur l'impôt du sel dans le duché de Milan.
Parfois aussi l'on s'en remettait aux artistes du soin de fixer le prix de leurs ouvrages, sauf à réduire après coup leurs prétentions. C'est ce qui arriva à Cellini à l'occasion de son Persée. Il en avait demandé 10 000 écus : le duc en colère lui répondit qu'avec une pareille somme on construisait des villes et de grands palais.
Après d'irritantes discussions , l'artiste dut se contenter de 35oo écus, payables par annuités.
Le même Cellini évaluait sa statue de Christ à 2000 ducats d'or (il avait acheté le marbre de ses deniers, occupé un ouvrier deux ans pour l'aider, bref dépensé plus de 3oo ducats, soit en marbre, soit en outils, soit en salaires '). Jean Bologne reçut, pour un Centaure en bronze, haut d'une demi -brasse, une pièce de drap valant 5o écus; pour un ouvrage analogue, un collier de 60 écus; enfin, pour
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Les Portraits d'Artistes au xvi" siècle.
Le sculpteur Francesco da San Gallo.
(Dôme de Fiesole.)
une Vénus en marbre, de trois brasses de haut, 000 écus (de i5 à 20000 francs)2.
Pour les dix peintures de la grande salle du Palais Vieux, Vasari demandait 2000 ducats, quoiqu'il reçût déjà du duc un traitement mensuel de 26 ducats et du Magistrat un traitement de i3 ducats7'.
Malgré ces fluctuations, le système qui tendait à prévaloir fut celui de la rémunération à forfait. C'est ainsi que le Titien, toutes les fois qu'il peignait Charles-Quint, recevait 1000 écus d'or, soit au moins 5oooo francs de notre monnaie. C'est ainsi encore que Leone Leoni s'engagea , moyennant une