Gaye, Carteggio, t. II, p
Portrait de Cosme de Médicis, par Bronzino. (Musée des Offices.)
FLORENCE ET LES MÉDICIS
sonnes, se mettait en mouvement à un seul son de trompe, et tout était disposé et prévu avec tant de commodité, que les mules et les chariots, qui étaient sans nombre, étaient instantanément prêts à suivre ' » .
Au témoignage des ambassadeurs vénitiens, Cosme aimait et estimait les hommes de talent dans toutes les professions; il se plaisait à toutes les branches des études, recherchait les bijoux (on le voit acheter sans hésiter un diamant de 26000 ducats), les statues, les médailles anciennes, et en réunit une quantité surprenante. Bref, par l'ardeur et la libéralité, c'était un vrai Médicis : Cellini nous le montre s'enflammant aux récits qu'il lui faisait de la magnificence de François Ie1' et brûlant de surpasser le monarque français. Il jouissait en outre du privilège de se recueillir, de vaquer, au milieu des plus graves préoccupations, à toutes sortes de délassements intellectuels ou même à des travaux manuels, tels que le jardinage et les manipulations de chimie. Il nettoyait, de sa main, à l'aide d'un ciseau d'orfèvre, les statuettes antiques en bronze qu'on lui apportait". Dès i5qo, entendant intervenir en tout, il ordonnait qu'aucun travail ne pourrait être entrepris à la cathédrale sans son assentiment et sans le « parère » de Bandinelli \
Mais si le souverain de Florence avait certaines connaissances spéciales, notamment en architecture militaire, il manquait souvent de clairvoyance vis-à-vis de l'art proprement dit : ne se laissa-t-il pas circonvenir et berner par le méprisable Bandinelli! Son excuse est que sa femme, la duchesse Éléonore de Tolède (f l5Ô2), subissait plus encore l'ascendant de ce maître intrigant. Son manque de lumières, Cosme s'efforça de le masquer en faisant
1. Baschet, la Diplomatie vénitienne au XVI' siècle, p. i38-i3q.