‹ Histoire de l'art roumain ancienChapitre 106 sur 207 · Nos Zuscriptii, II, p. 150 et suiv · texte numérisé non relu

Nos Zuscriptii, II, p. 150 et suiv

2 DITS D 07e

Nos Znscripti, Il, pp. 138 et suiv., 141, 186. Bulletin, IX, p. 43.

envoyé par ce fils de prince moldave, rejeton des Movilä, qui, devenu moine à la Pétschersca

de Kiev, organisait à ce moment la culture ecclésiastique du peuple russe; mais les atelicrs

Panagiaire de Secu (1621) CI. M. H R.

n'y ont Jamais fonctionné. Basile préférait acheter ses cloches, et peut-être ses candélabres aussi, à Danzig, chez Gerhard Benningk; les marchands moldaves y menaient leurs bestiaux et 1ls avaient de quoi payer (1). Mais, dans la plupart des cas, on s’adressait en Transylvanie: on ne donnait pas d'indication dans les lettres de commande, se bornant à dire qu’il faut pour le prince « des verres d'argent, beaux et fins, en argent, de bel aspect, bien dorés, ayant

tel poids », des verres à éouvercle » (2)

Sceau du prince valaque Sceau du monastère de Cetätuia. Pierre (Petrascu)-le-Bon (1558).

On ne pouvait pas commander aussi des tissus. Les ateliers des couvents ne les four-

nissaient plus, à ce qu'il paraît; on les travaillait dans la maison même du prince, ainsi

1. Anscriptii, I, p. 14. ee En EU * s ; 2. lorga, Brasovul $i Romini (Stud si Documente, X), p. 92 et suiv.

qu'on le voit dans l’intéressante exposition des choses roumaines à la fin de ce siècle par le Florentin del Chiaro (1). C’est de là que venaient les rideaux, les « horaires », P « épitaphe » donné par Basile Lupu à son monastère des Trois Hiérarques, de même que les objets de même genre offerts par Duca et sa femme à Cetätuia (2) et les vêtements sacerdotaux, brodés d’or sur fond de velours vert, laissés par le grand Métropolite Barlaam au couvent

de Secul (3). Mais le travail est plus lourd, les lettres grosses et écrasées; les figures des

ac : CI. M.H.R. A s Épitrachile Vêtements du monastère de Secul.

du couvent de Cetätuia.

saints, d’un caractère plus réaliste, manquent de cette note indéfinissable qui fait le charme de l’art byzantin, sans avoir l’expression cultivée par les artistes occidentaux. C’est déjà une luxueuse décadence.

I ya cependant une œuvre qui fait partie de tout ce que l’art roumain a donné de mieux. Ce sont les tapisseries des Trois-Hiérarques — actuellement conservées dans le Palais métropolitain de Jassy, — qui représentent la princesse Tudosca et ce fils Jean dont nous avons déjà parlé; entre les deux, le portrait de Basile s’est perdu et on n’en a qu’une copie gauchement faite sur toile laquée. La princesse porte, comme Jérémie Movilä dans le rideau auquel il faut rattacher celui-ci, une robe de brocart d’or sur une autre de velours broché de grandes fleurs en fil d’or; les manches sont de la même étoffe qu'une très courte jaquette;

des rangées de perles ornent le cou; la tête est couverte d’un chapeau à marge de perles, en

I. Zstoria delle revoluzioni di Valachia, nouvelle édition, Välenii-de-Munte, 1914. 2. Inscriptii, Il, pp. 153-154; Bulletin, NI, p. 147. 3. Inscriptii, I, p. 29 et suiv.

zibeline et à riche aigrette de plumes; des roses recouvrent les oreilles, dont pendent de courtes boucles d'oreilles. Elle est serrée d’une ceinture d’or; des galons libres descendent sur les vêtements; Tudosca tient à la main un mouchoir brodé. Quant au jeune prince, coiffé du terrible bonnet de poil de Michel-le-Brave, 1l a, avec un habit pareil et des plaques en métal à cabochons sur la poitrine, le sabre d’un côté et, de l’autre, le même mouchoir brodé (1).

On a un beau portrait de Basile et un autre de cette Tudosca dus à un maître allemand, venu expressément dans le pays; 1ls correspondent à celui de Gaspar Gratiani et au portrait, plus ancien, de Pierrele-Boiteux et de son fils : dans ce dernier cas, le prince étant venu lui-même en Tyrol, le peintre n’a pas dû faire le voyage en Moldavie. À Innsbruck

un artiste local a donné un superbe portrait du jeune

prince aux yeux bleus, aux longs cheveux blonds,

GLAMMEEAR:

vêtu d’une robe verte à fleurs d’or. Plus tard, l’expé- Vêtements du monastère de Secu.

dition de Dabija et de son voisin valaque, Gré-

goire I”, avec les Turcs à Neuhäusel et à Lewencz permit à des graveurs allemands de reproduire la fine figure maigre au regard louche de ce dernier et le lourd Voévode moldave sur un grand cheval qui ne paraît pas être écrasé sous ce poids peu commun. En Valachie, Mathieu seul jouit du privilège d’être reproduit en « contrefaçon » par un de ces peintres allemands : sa bonne vieille figure sous le bonnet paisible contraste avec l'énergie prétentieuse de son voisin et rival Basile, dont la coiffure héroïque parait provo-

quer au combat (2).

1. Anatole Démidoff, Voyage, p. 208 et suiv.; Bulletin, I, p. 145 et suiv. 2. Les portraits des princes ornent la collection Hurmuzaki; cf. nos Actes et fragments, IIT, et l’article sur ces portraits de Sturdza, dans les « Annales de l’Académie Roumaine », première série.

Pour cette période aussi, l'impression des livres est un chapitre de l’art.

I. Un Psautier de Govora porte les noms du moine Étienne d’'Ochrida, un Serbe, et du « tachygraphe », ce qui signifie, calligraphe, Sylvestre, nouveau supérieur du couvent. Plus tard, on voit, à côté d’un autre Serbe, en 1644, de Râmnic même, un fils de paysan de Bucovät et un tailleur, de Râmnic encore, Proca, fils de Stanciu, qui, pratiquent le grand art, encore secret, de l'imprimerie (1). i

Ici c’est l’influence de la Russie polonaise de Kiev qui domine. Pierre Movilä, archevêque de ces Russes qu'il avait soustraits à l’influence catholique, attaquée déjà par les Grecs qui venaient dès la fin du XVI° siècle à travers la Moldavie, n’oublia jamais son ancienne patrie moldave, où il conservait ses terres; on le voit assister au mariage de la fille aînée du prince Basile, Marie — dont on a, aussi, un beau portrait à l’huile, dû à un peintre polonais — avec Janus Radziwill, grand-seigneur de Lithuanie, dont la première femme avait eu des attaches de fanulle avec la dynastie des Movilä. Il imposa aux pays roumains son catéchisme et fit rassembler à Jassy, pour l’examiner, un synode où les évêques russes se rencontrèrent avec les chefs de l’Église moldave,

Mais ce fut en Valachie d’abord qu'il envoya un Russe, Timothée Alexandrovitsch, qui avait publié l’'Horaire de Kiev en 1626, pour y établir cette imprimerie, qui avait une mission bien déterminée : rétablir, contre les influences calvinistes de Transylvanie, l’orthodoxie pure en même temps que les traditions strictes de la culture slavone. Dans ce but, 1l s'était entendu avec le propre frère de la princesse Hélène, femme de Mathieu, Udriste Nästurel de Fieresti, qui, après ses études en Russie, où l’avait mené un hasard inconnu de sa vie, dû vraisemblablement à la présence sur le trône valaque de Gabriel, frère de Pierre Movilä, prenait dans ses préfaces alambiquées le nom biblique et monacal d’Ouriel. Il se pourrait même que l’idée de cette imprimerie slavo-russe, en pays roumain, datât du règne de Gabriel (1616-1618), qui n'arriva jamais à régner en Moldavie, où, il est vrai, son frère Moïse fut le prédécesseur de Basile Lupu. Mélétius, Macédonien, peut-être Roumain, hégoumène de Govora, déclare s'être initié lui-même dans le couvent de Zographou à l’art typographique: il accuerllit et soutint l'étranger dans son œuvre nouvelle. Probablement Timothée lui-même et son auxiliaire Jean Glebcovitsch (2), qui n’apprécièrent pas les traditions vénitiennes, introduisirent les frontispices en larges feuilles pointues (3), qui sont les ornements habituels dans les produits des presses occidentales, polonaises surtout; on peut les relever dans les livres publiés à la même époque en Galicie. Il fallut donc une nouvelle représentation des armes de la Valachie: le corbeau s’y présente dans une guirlande de feuillage, de style absolument occidental. Seulement, lorsqu'il s’agit de faire le portrait de Mathieu et d'Hélène — d’une

facture grossière —, de donner des images : l'Enfant prodigue, la Dormition de la Vierge, il

1. Bianu et Hados, Pibliografia, I, p. 146 2 OY-0 2014 SUp-N53T.

3. Mais la grande fleur qui surplombe ce fouillis paraît être imitée des œuvres du XVI° siècle.

fallut travailler d’après des modèles immuables. Mais la liberté avec laquelle sont rendus

les pourceaux gardés par le fils perdu, sa cabane, la campagne avec les arbres, le laboureur

Le

Bois

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