‹ Histoire de l'art roumain ancienChapitre 119 sur 207 · Bulletin, IIT, p. 125 et suiv · texte numérisé non relu

Bulletin, IIT, p. 125 et suiv

est mentionné en tête de la liste des fondateurs dans l’église de Saint-Georges, à Càmpu-

lung de Valachie (1). Leur travail n’a pas été retouché, et il est d’une grande beauté.

Constantin, fils de Radu Serban et de la femme d’un prêtre de Dobreni, dans le district d’Ilfov, ayant obtenu par ses intrigues, et même par une révolte des mercenaires, qui devaient bientôt se tourner contre lui-même, la succession de Mathieu, pensa à honorer le tombeau de sa mère dans le village natal, à une date où il n’était que le chef de ces soldats, en 1645; la pierre sépulcrale est de dix ans plus récente. Il ne reste rien de la maison bâtie par Constantin dans les environs: Paul d'Alep a vu dans un Jardin contenant un beau lac et un kiosque à la mode orientale un édifice orné de tours qui portait des peintures religieuses et même des scènes de combat (2). De la peinture de l’église elle-même, on a conservé les portraits des fondateurs, refaits à une époque ultérieure.

La femme de Constantin, Balasa, est commémorée dans son église de Sainte-Parascève à Târgoviste. On y voit encore son tombeau avec une pierre sépulcrale richement ornementée. En face, on n’a rien changé aux chambres basses qu’elle avait fait bâtir en 1656 à l'usage des épileptiques qui venaient en pèlerinage, pour obtenir leur guérison adressant des prières à Sainte Parascève (3).

Toute cette région était pleine de belles églises et de maisons de plaisance. À Fieresti, la fondation d'Hélène, femme de Mathieu, et de son frère (1644); à Värästri, la maison de la sœur d'Hélène, femme de Mathieu; à Coeni, le palais de Radu Serban lui-même et l’église refaite par sa fille, la mère des Cantacuzènes, et par tous ces frères riches et influents, en 1671 (4). Dans cette église de Coeni, les ornements gothiques rappellent la toute-puissante influence moldave. | CA

La principale contribution de Constantin Basarab à l’art roumain, fut — car il voulait transporter de Târgoviste le siège de lParchevêque — la Métropole de Bucarest, sur une des collines recouvertes de vergers qui dominent la ville. Réparée d’une manière fondamentale, vers la fin du XvIr!° siècle, elle a conservé, dans ses lignes générales, la belle forme première, mais, à l’intérieur, on a changé de place les douze colonnes, d’après le modèle d’Arges, qui décoraient le vestibule, on a démoli l’édicule, emprunté au même modèle, qui figurait devant l'escalier (5), on a éliminé toute séparation entre le vestibule et le narthex, entre le narthex et la nef. La peinture, datant du règne de Radu Léon, une dizaine d’années plus tard, a été outrageusement refaite, puis noircie par un incendie et de nouveau rafistolée par un peintre du xIX° siècle; les cadres sculptés des fenêtres, d’un travail assez soigné, appartiennent à une époque assez récente, mais la ceinture de lignes entortillées, la double rangée des niches, tel ornement carré en pierre sculptée, comme à Arges, sont du XVII° siècle. Cette église, devant abriter un nombreux public, a le narthex très long. Les quatre tours, dont deux de face, s'appuient sur le narthex et deux autres se succédant, en longueur, sur la nef ont gardé

leur beau caractère, alors que, à la suite du tremblement de terre de 1800, la presque tota-

Nos ZInscriptii, IL, p. 35.

D 0105 po;

Ibid., p. 109 et suiv.

4. Tbid., pp. 80 et suiv., 90 et suiv. Cf. les Voyages du Patriarche Macarius d'Antioche, trad. anglaise de Belfour, Londres 1836.

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