‹ Histoire de l'art roumain ancienChapitre 12 sur 207 · Dräghiceanu, dans le Pulletin, V, p. 07 et suiv · texte numérisé non relu

Dräghiceanu, dans le Pulletin, V, p. 07 et suiv

2. Vénéline, Wlacho-blgarscaïia gramaty, Pétersbourg 1840. 3. Cf. Bulletin, NV, pp. 128-130.

Restes du monastère de Vodita, en Valachie.

Miniature de Sucevita (commencement du XvII° siècle), par Anastase Crimca.

Ccpie de Mme Boulouguine

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ment simplifiée. Au XVI° siècle encore elle offrait cependant une forme qui ne s’éloignait pas trop de l'original.

La voici: en face, la porte s'ouvre, simple, dans un mur à plusieurs plans en retrait, sans autres ornements qu’un cadre de pierre délicatement sculpté en fleurons, qui paraît ancien; il se répète aux fenêtres et dans les rosaces. Le narthex est flanqué de deux grandes chapelles latérales, à deux étages : il a une très large fenêtre en haut; la demi-coupole est puissante. Il porte, comme en Serbie, dès le XIII° siècle, d’après la coutume de l'Occident, une tour qui monte, légère, par cette série de soubassements que l'architecture de la Rascie avait déjà ajoutée aux procédés du vieil art byzantin.

Au milieu de la basilique à trois nefs, au-dessus de la nef ‘principale, qui dépasse d’un tiers les autres, s'élève, sensiblement plus basse, sans les complicaticas dé détail qui soutiennent la première tour, une autre, en octogone. Des sculptures, des rosaces en forment l’ornement. Au fond, le sanctuaire descend très bas, surmonté d’une tour octogonale, plus haute que celle du milieu; le diakonikon et probablement la prothèse se confondent sous le même toit.

La bâtisse est en brique, sans aucun mélange de pierre taillée et, à ce qu’il paraît, car enduit empêche aujourd’hui de faire une étude sur ce point, sans aucun ornement. On n’a rien de la peinture primitive, qui ne fut terminée que sous ce prince Dan qu’on y voyait représenté, avec sa mère grecque et sa femme serbe, et sous son frère, Mircea.

Le tout donne une grande impression d'élancement, et dans les complications du plan il n’y a rien de cette lourdeur qu’on rencontre parfois ailleurs. La discrétion élégante sera la note distinctive de l'architecture roumaine, qui ne se laisse pas envahir par le détail et élague décidément de ce qu’elle emprunte au Nord et au Sud ce qui peut se superposer sans s'harmoniser. Cela apparaît déjà dans cette construction, qui était terminée en 1370, au moment où la Bulgarie ne construisait pas plus que la Grèce et où, en Serbie, le roi Lazare, dont, d’après une tradition, la petite-fille aurait été la femme de ce prince valaque Dan, fils de Radu (1), remplaçait la tradition de Douchane par l'architecture de Ravanitza, de Krouchévatz, que surchargent les motifs orientaux.

Mais en 1855 (2), on a créé, en maintenant les deux tours principales, avec leurs soubassements complexes, une église en trèfle, au porche bas, sans aucune élégance. Le tombeau même du saint est resté en dehors des murs. On a conservé cependant la couverture en plomb de l’église, celle en airain des tours.

Tout autour s’'élevaient enfin de hautes murailles à la manière de l’Athos, contenant les cellules des moines. Elles n'existent plus dans leur forme première.

Vladislav avait richement doté cette seconde fondation du saint balcanique réfugié sous sa protection. On n’en a gardé que bien peu. D'abord un Évangéliaire slavon presque sans ornements, dont la reliure en argent est ancienne, Évangéliaire qui, daté de 1404-35, est conservé aujourd'hui au Musée de Bucarest.

Cette reliure, en plaques d’argent, représentant, en face et sur le dos, la mise en Croix,

\ A . . £. A est d’un caractère plutôt dur. Dans les cadres, on voit, sur la partie supérieure de la première

1. Stefulescu, Tismana, 2° édition, Bucarest,-1903, p. 5 (on trouvera dans cet auteur les reproductions, médiocres, des peintures représentant Tismana ancienne). 2. Voy. Stefulescu, loc: cit, p: 183.

plaque, des anges entremêlés, sur les côtés des saints, dont les images, en carrés, se succèdent; en bas, un chérubin entre deux autres figures. Sur le dos, sept cabochons portant la croix entourée de lignes d'ornement. En revenant à la vie, le Christ tire d’un côté les âmes des enfers; de l’autre, sous une double branche aux feuilles larges, deux figures couronnées aux longs vêtements, un homme au visage rasé et une femme, sont sans doute Vladislav et sa femme, Anne. Le caractère des lettres cyriliennes, écrasées, emêlées, indique nettement, au XV° siècle, un autre art que celui qui, dans toutes ses formes, se distingue par des lignes nettes, des Roumains (1).

Le Musée de Bucarest conserve aussi une cassolette de Tismana, de fabrication gothique, due aux artistes saxons de Transylvanie plutôt qu’à ceux de Raguse. Il ne serait pas du tout impossible que la tour qu’elle représente au-dessus d’un mur à deux étages, ornée en bas d’une statue du saint, en haut d’une double fenêtre surmontée d’une rosace et ayant sut la cime toute une végétation de fleurons à la mode de l’Occident, prétende représenter la façade ancienne de Tismana elle-même (2). Le type de l’église en orfévrerie lui correspond: au fond on observe deux tours et une entrée latérale. On peut y remarquer aussi le toit oriental de la tour centrale. Puis, on a, de l’ancienne église, une grossière croix de plomb, qu’une inscription roumaine, qui doit être du XVI° siècle, attribue à Saint Nicodème. Et, en même temps qu’un vêtement de vieille étoffe ordinaire (3), une wabédernitza, d’une broderie très fine,

représentant, dans une manière qui n’est pas précisément celle de l’époque, la Résurrection,

avec une très noble figure du Christ.

Il n’est pas exclu que Tismana elle-même, et pas le château de Severin, d'autant moins Râmnicul-Vâlcii, près de la rivière de l’Olt, où la résidence épiscopale ne peut dater que du XIV° siècle, fût la première résidence du second Métropolite ou évêque du pays, dans la région que Vladislav déjà avait définitivement séparé de la dépendance de la Hongrie et qu'on appelait « Métropolie d’une partie de l’'Hongro-Valachie » « du côté de Severin » et même de « Severin » (4). Le Grec Anthime y était établi vers 1370.

Mais on a relevé là-bas, à Severin, où on montre encore l’emplacement de l’ancienne Métropolie et de la nécropole des moines, de la bo/ritza, les traces des deux églises bâties certainement à la même époque pour abriter Anthime et ses religieux. La principale, en style tréflé, avec un sanctuaire hémisphérique, avait 30 mètres de longueur sur 9 m. 50 (l'autel 8 m. 50). La seconde, sans absides latérales, mais terminée de la même manière, 15 mètres de longueur sur 6 m. 80 de largeur. Les murs, épais d’un mètre, étant bâtis en « parement cloisonné », on avait pris les moellons dans le lit du Danube et la brique dans les ruines de Drobétis (5).

On attribue à Nicodème aussi la fondation d’une petite église en Transylvanie, celle de Prislop, dans les montagnes du Hateg, plusieurs fois réparée, notamment au commencement du XvI° siècle. En forme de trèfle aussi, elle porte sur la nef une petite tour très élégante. Il faut ajouter que la fondation de Manastiritza, près de Kladovo, sur la rive serbe du

MPulletinr Al ep ee:

. Cegäneanu, Obiecte Bisericesti, Bucarest 1911, p. 44 et suiv, :1OICFUleSCU, MOC-NCIL..-p, 28;

. Voy. Hurmuzaki, Documente, XIV, p. 7.

. Évêque Ghenadie, Visite canonice, Bucarest 1890, pp. 145-146.

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