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Danube, est considérée comme due à Nicodème; le nom de Radu, qualifié de « beg », à la turque, se lisait encore sur le fronton (1). Topolnita, dans le district de Mehedinti, et même le couvent de Motru, dans cette région, auraient la même origine, mais les bâtisses actuelles sont beaucoup plus récentes.
Les moines de Nicodème, sous leur hégoumène ami des princes, sous leur « pope », ayant des attributions sacerdotales, menaient une existence absolument autonome, le maître du pays n'ayant pas le droit de s’immiscer dans l'élection des supérieurs. Un courant se produisit dans ce sens, gagnant sans cesse du terrain. Avançant le long de la montagne valaque, il atteindra le territoire occupé un moment par les Byzantins de langue rituelle grecque au-delà de lOlt, pour dépasser bientôt les limites de cette première en date des principautés roumaines.
IIT. Mircea, le donateur de Tismana, était un guerrier aux attitudes royales, qui, non seulement sut garder le Banat de Severin, mais, résistant à l'invasion turque, participant à la croisade malheureuse de Nicopolis, en 1396, en arriva, après la défaite en Asie de Baïézid I‘, vaincu et emmené en captivité, en Asie, par le Khan turcoman Timour-Lenk (1402), à patronner, de concert avec son parent serbe, le despote Étienne, fils de Lazare, le nouveau Sultan d'Europe, Mousa, et à tenir en fief de ce protégé les villes turques de la rive droite du Danube (déjà son père Vladislav, avait commandé, du reste, à Vidin). Si Mohammed, qui mit fin au court règne de son frère, attaqua, sans pouvoir être repoussé, la Valachie elle-même, chassant les officiers valaques du Danube bulgare, — car c'était lui qui avait maintenant la Bulgarie entière, — le prince roumain de Târgoviste et de Bucarest, les nouvelles Capitales, se maintint jusqu'au bout comme défenseur de l’orthodoxie, formant le dernier espoir des chrétiens des Balcans, soumis à la domination ottomane,
Comme il avait accordé une aide toute-puissante à Nicodème, suivant ainsi la tradition de sa pieuse famille, il continua (2), après Dan et Radu, qui, ce dernier, avait pris, à ce qu’il paraît, l’initiative, une autre bâtisse, où 1l voulait que ses os reposassent, car Vladislav et Radu avaient été enterrés ailleurs, probablement dans l’église princière d’Arges, à côté du vieux Basarab, fondateur de la dynastie. Dans une région riante, au milieu des vergers, au-dessus du large cours de l’Olt, qui, à ce point, sort à peine de la montagne, il bâtit donc, en 1386 (3), le couvent de Cozia, sous les noyers séculaires dont il tire son nom, qui, en roumain, est Nucet (nucä, nux, noix).
L'église actuelle (4) a été réparée, et d’une manière fondamentale, par le prince Brâncoveanu, à la fin du XVII° siècle. On y a ajouté le vestibule ouvert, qui, ainsi qu’on le verra, devient un trait distinctif de l’architecture roumaine typique. Ont été conservées cependant les deux tours qui s'appuient sur le narthex, les arcatures, les rosaces, les sculptures présentant des
aigles, des serpents, qui se rencontrent dans les églises serbes, à Krouchévatz et ailleurs (5).
1. Hasdeu, /storia criticä a Romänilor, 2° édition, pp. 145-146; Negru-Vodä, p. CCXXxIm. Elle est mentionnée aussi par Rivarac, Pop Nikodim, dans l’Archiv für slavische Philologie, XT (1888), pp. 361-362.