‹ Histoire de l'art roumain ancienChapitre 155 sur 207 · SR LES SAN · texte numérisé non relu

SR LES SAN

À : CI, Bibl. Roum.

Bois d’Anthime

frères », à Bucarest, donne des illustrations absolument semblables, dûes évidemment au même

dessinateur. À la fin d’un des livres mentionné apparaît le nom de l’auteur : « L'im-

1. Cf. pour la première, l’édition de Jean Chrysostôme, en 1691; pour l’autre, la Bible, de 1688. 2. Nous en donnons un exemple dans les planches coloriées.

préssion est due à moi, le très humble entre les hiéromonaques, Anthime d'Ibérie ». Venu de l'Athos, ce Caucasien, dont le portrait, dans son couvent à Bucarest,, présente des traits fortement dessinés, avec de grands yeux aux sourcils élevés, s’acclimata dans ce bon pays valaque, où bientôt on lui confia la direction d’un monastère, la vieille fondation de Snagov, où 1l continua avant tout ses travaux d’imprimeur. Évêque de Râmnic, dès 16090, puis, après la mort du vieux Transylvain Théodose, en 1705, Métropolite de Valachie, il devait laisser dans son domaine, qui était cette seule imprimerie gréco-cyrillienne, une trace ineffaçable. Destiné à survivre de très peu à son maître, le successeur de Brâncoveanu, Nicolas Maurocordato, qui connaissait son passé d'ami des Russes — il l'avait bien montré pendant lä crise politique de 1711 ——, le soupçonha de s'être entendu, pendant une nouvelle guerre, avec les Allemands, par sympathie pour les chrétiens

et, l'ayant déposé et exilé, le confia aux

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Turcs, qui le firent périr en route dans les

eaux de la Toundsché (1).

En conservant les feuilles et les fleurs

plus schématiques, l'Évangile de Snagov,

publié par Anthime, en 16097, a des figures

de beaucoup supérieures, d’une exécution minutieuse, ressemblant au travail des livres imprimés à Venise pour les Grecs. Celles des quatre évangélistes sont très soignées (2). Un progrès dans le fini du détail se relève aussi dans la nouvelle représentation des armes valaques en 1700.

Dès 1608, Métrophane lui-même, accep-

tant la rivalité de cet étranger, recommen-

çait, cette fois dans les cellules des moines

de Buzäu, dans l'évêché où Brâncoveanu Bibl. Roum.

£ $ j Bois de « Guerbest »

avait fait exécuter des travaux de

réparation (3), son œuvre d’imprimeur et de graveur. Se bornant, au commencement, à rééditer les ancien bois 1l présente dans lOctoïque de 1700 une révélation d'art. Le style de larchitecture se conserve dans ses frontispices : 1l y a les colonnes qu'il entoure de pampre, il y a la fleur typique, la tulipe au calice largement épanoui, mais ses figures ont une

allure plus vivante : le portrait de Saint-Jean Damascène rappelle les ouvrages de Guerbest.

1. Cf. notre /storia Literaturii in secolul al XV/111-lea, T, p. 419 et suiv. et N. Dobrescu, Awtim Ivireanul, collection « Steaua ». -

2. L'élève d’Anthime, Michel Istvanovici, qui commence ses travaux en Transylvanie, pour passer en Géorgie, donne une imitation malhabile des procédés du maître (cf. Bibliografia, 1, pp. 374, 470). Les bois faits en Géorgie, avec des procédés inférieurs, mais semblables à ceux d’Anthime, #01d., p. 548.

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