‹ Histoire de l'art roumain ancienChapitre 17 sur 207 · CI. M. H.R · texte numérisé non relu

CI. M. H.R

des

slaves," dans cas

Mircea l'Ancien et son fils Michel (fresque de Cozia) isolés, au XV° siècle, derechef latines, l'aigle sur un haume ou, plus tard, une croix ornée de quatre rosettes,

mais aussi, au ‘XIV° siècle, le prince couronné, portant le sceptre, le globe, la croix, où un

1. Cegäneanu, Obiecte bisericesti, p. 35 et suiv. Cf. nos /uscriptu, I, p. 156, note Î

chevalier armé à la mode de l'Occident, correspondant comme aspect aux types représentés en peinture.

Ces monnaies étaient ordinairement frappées en Transylvanie, mais dans les plus grossières on peut supposer le travail rude des orfèvres tziganes : on essaya par deux fois d’avoir un atelier dans le pays.

Quand aux sceaux, qui ont été sans doute faits en cette Transylvanie, ils commencent par l'emblème de l'aigle valaque pour passer au symbole byzantin des deux têtes, des

deux bustes, puis des deux figures couronnées entourant l’arbre typique.

Ainsi qu'on le voit déjà, dans cette principauté valaque les emprunts sont fréquents. L'influence de l'Orient y domine; les éléments occidentaux sont venus de la Dalmatie par la Serbie, les deux régions qui les ont incorporés au vieux fonds byzantin et oriental. On ne s'arrête pas à un type, comme celui de Tismana, qui est le plus riche et le plus beau, pour en poursuivre le développement, qui se serait transformé selon les nécessités du nouveau milieu géographique et national. On en est encore à tâtonner dans l'architecture; la peinture, qui s'était si splendidement manifestée à Arges, aura produit sans doute d’autres œuvres, mais, dans la réfection fréquente des édifices sacrés par des princes ambitieux de montrer leur piété munificente, rien ne nous a été transmis pour le XIV° siècle aussi bien que pour le XV°, et, comme les murs mêmes ont été souvent changés, on ne peut pas trop s'attendre à des découvertes sous la couche supérieure de peinture.

Dans les ornements et les vases d'église, c’est l'Occident, représenté surtout par les Saxons de Transylvanie, qui domine, sans imposer les règles de ‘son art, car, ainsi qu’on le constate plus tard, les artistes travaillèrent d’après leurs procédés coutumiers, bien entendu, et dans la manière à laquelle ils étaient habitués, tout en suivant les modèles qui leur avaient été recommandés, comme dans l’encensoir de Tismana.

Il y a une pièce cependant qui vient directement de chez eux. C’est l’ancienne porte de l’église de Snagov, conservée maintenant au Musée de Bucarest. Elle est couverte sur deux lignes verticales parallèles de portraits de saints, travaillés dans un fort relief, avec des lignes doucement arrondies, qui la rendent digne d’être comparée aux meilleurs produits de l’art occidental. La manière est de tout point semblable à celle qu’on observe sur la porte de l’église de Saint-Nicolas, à Ochrida, qui date du XIII° siècle, mais dont l’ornementation, avec des aigles, des cavaliers à la lance, des serpents, des monstres, a un caractère de bizar-

rerie confuse (1).

1. Cf. Filow, loc. cit., pl. XXXIV, et La Roumanie en images, Ï, p. 140.

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B. LA MOLDAVIE AVANT LA CRÉATION DE L'ART ROUMAIN SOUS ÉTIENNE-LE-GRAND (c. 1400-1457)

Dès la moitié du XIV° siècle, le roi de Hongrie, Louis-le-Grand, empêché d'établir au Sud, sur la Valachie, la suzeraineté à laquelle il prétendait sur les pays roumains, de création nationale spontanée cependant, s'était tourné vers cette vaste contrée de l'Est, où, sous les coups des Polonais, la domination tatare, établie depuis un siècle, se mourait. Avant d'essayer d’une domination transylvaine directe, par le comte des Szekler et de Bistritz audelà des Carpathes, il y envoya, au milieu des Roumains, vivant d’une organisation patriarcale, un des représentants de la race en Hongrie même, dans la partie du territoire roumain soumise depuis longtemps à la couronne de Saint-Étienne, Sas, fils de Dragos.

C'était, dans sa conception, un simple capitaine royal: sa province, autour du centre qui était Baia, aux mines d’argent correspondant à la Rodna transylvaine, s'appelait, selon la coutume du pays de distinguer les régions d’après les eaux courantes, le pays de la rivière de la Moldova, dont on fit : la Moldavie.

Quelques années plus tard, vers 1360, un autre chef ou voévode roumain de cette même terre montagneuse du Maramuräs (Marmaros), au nord de la Transylvanie, Bogdan, descendait dans cette vallée de la Moldova, sans avoir aucune mission de la part du roi; au contraire il attaqua Sas, le défit, le chassa et s'installa à sa place, de Baïa à Séreth, sur la rivière du même nom qui reçoit les eaux de la Moldova, et il s’intitula :« Voévode roumain de la terre moldave ».

Il put se maintenir, malgré les mesures prises par Louis pour rétablir son vassal. S'appuyant sur la Pologne, à laquelle 1l promettait le sacrifice de l’orthodoxié traditionnelle au profit du catholicisme romain, son fils Latcu (Latzco) arriva à arrondir facilement son territoire. Après le court règne de ce second prince, créateur d’un évêché catholique à Séreth, les fils de sa sœur Marguerite (en roumain Musata), qui avait accepté le rite occidental, Pierre, Roman, Étienne, se succédèrent sur un trône que personne parmi les voisins plus puissants ne pouvait plus désormais ébranler. La Moldavie nouvelle, s'étendant jusqu’au Dniester, jusqu’au Danube inférieur, jusqu’au rivage de la Mer Noire, à Moncastro, était une principauté

dûment consolidée, plus même que la Valachie voisine et rivale : un vrai royaume, moins le titre.

I. Ici il n’y avait pas de traditions culturales anciennes comme en Valachie, dans la montagne influencée par la Hongrie, aussi bien que sur le Danube, où dominait l'esprit de la vieille Byzance grecque et de la nouvelle Byzance slave, serbe et bulgare. Et cependant, sous tous les rapports, une race particulièrement active et entreprenante arriva, dans quelques dizaines d'années, non seulement à fixer les'limites définitives d’un État, à garantir une voie de commerce mondial, mais aussi à concilier dans une formule nouvelle les influences artistiques de l'Orient slavo-byzantin et de l’Occident russe, polonais et vénitien.

L'église en bois existe encore en nombreux exemplaires dans ce Maramuräs dont

venaient Sas et Bogdan. La Bucovine en possède des exemplaires plus récents à Clocu-

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cica et à Zastavna (1). Elle est à la base de l’architecture russe. Il n’est donc nullement étonnant que Bogdan eût fait élever à Volovät, l’Olchowetz des Polonais, dans la Moldavie septentrionale, en simples poutres de bois cette petite église qu'il destinait pour sa propre sépulture et pour celle de la dynastie qu'il venait de créer (2).

Bogdan avait choisi ensuite sa sépulture à Rädäuti, dans la future Bucovine autrichienne; le plus grand de ses descendants, Étienne-le-Grand, devait y poser des pierres commémoratives sur son tombeau, de même que sur ceux de Latcu, de Roman, d’Étienne, le vainqueur du roi Sigismond, de Bogdan, le frère d’Alexandre-le-Bon, de son père, Bogdan, fils du même Alexandre, ainsi que d’Anastasie, fille de Latcu (3). Dans l’église actuelle, la grande bâtisse du XV° siècle, 1l n’y a cependant rien qui rappelle la médiocre chapelle de Bogdan I”. Cinquante villages dépendaient, par la donation d'Alexandre, de ce cloître qu'il avait réparé et agrandi (4).

Dans un autre coin de cette Bucovine, un document de donation nous apprend que, dès la seconde moitié du XIV° siècle, le Vornic Jean avait bâti un « monastère », à Humor, qui, doté de privilèges tout le long du siècle suivant, fut constamment refait au siècle suivant {5). À Päträuti aussi, fondation d’Étiennele-Grand, on a découvert des fresques plus anciennes que cette époque.

On n’a rien conservé à Baïa, maintenant un simple village, malgré ses deux belles églises du Xv° et du XVI‘ siècle et les restes de l’église catholique dont nous parlerons bientôt, de la première bâtisse religieuse qui se soit élevée en pays moldave.

La capitale suivante fut Séreth, et Suceava, sur un affluent du Séreth, suivit.

À Séreth, il y avait du temps de l'évêché catholique, qui

n'existait déjà plus au XV° siècle, une église des Dominicains, qui

Cliché Romstorfer

He jouissaient en 1384 du droit de prélever une taxe sur le pesage Fenêtre de Rädäuti. 2 ; ; à me des marchandises (6). Elle se conserverait, d’après une tradition

ee locale, dans l’église actuelle de Saint-Jean (7), une bâtisse du XVII‘ siècle, à péristyle typique. En effet, le patron de l’église dominicaine était la Vierge et Saint Jean-Baptiste. Mais les habitants m'ont assuré que cette église catholique, ainsi que

. . . , ER . 0 5 TEEVS l’autre, des Franciscains, qui avaient fondé le siège épiscopal et entouraient l’évêque polo-

1. Romstorfer, Die moldauisch-byszantinische Baukunst, Vienne 1806, fig. 157, 158. -

2. Chronique d’Ureche, édit, Popovici ou Giurescu (cette dernière dans les publications de la © Commission historique de Roumanie »).

3. Kozak, Die Inschriften aus der Bukovina, 1, Vienne 1903, p. 97 et suiv. Alexandre-le-Bon, l'organisateur, au commencement du XV® siècle, de la Moldavie, y bâtit peut-être un édifice en pierre, mais sur l’ancien plan.

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