‹ Histoire de l'art roumain ancienChapitre 18 sur 207 · Kozak, ouvr. cité, pp. 26-27. : : FRE see · texte numérisé non relu

Kozak, ouvr. cité, pp. 26-27. : : FRE see

6. Sadok Baracz, Rys dziejow zakonu kaznodziejskiego w Polsce, 1861, II, p. 499; nos Studii $i documente, I-II, p. XLIX. s

7. Kozak, ouvr. cité, I, p. 120, note 1; Romstorfer, Die Kirchenbauten in der Bukovina, dans les « Mitteilungen der k. u. k. Centralcommission, XXI, 1895, pp. 251-252. Cf. du même Typus der Klôsterkirchen in der Bukowina, dans les « Mitteilungen » citées, année 1800; Æinwôlbung und Dachform der moldauischen Kirchen, dans V « Osterreische Monatsschrift für den üffentlichen Baudienst », 1895. Cf. Hlävka, dans l’ « Osterreichische Revue » de Vienne, 1866. ;

LA MOLDAVIE AVANT LA CRÉATION DE L'ART ROUMAIN SOUS ÉTIENNE-LE-GRAND 45

nais, se trouvait sur un emplacement près de l’école des jeunes filles. Il y avait aussi dans la ville du moyen-âge, qui comprenait un quartier des Saxons, un autre des esclaves tatars et tziganes, une Tatarchtschina, puis un « Horodnik » (de gorod, bourg) et une Zamka, ‘dont les murs rappellent la forteresse qui couronnait jadis ce terrain de collines, tout un système de fortifications. On n’y a jamais pratiqué de fouilles, mais nous avons cru reconnaître sur la hauteur où on voit la petite église de la Trinité, peut-être l’ancienne chapelle des princes, l'emplacement du château d’autrefois. De fait, la tradition populaire voit dans cet édicule l’église du « prince Sas », le prédécesseur de Bogdan, ce qui paraît douteux, car Bogdan lui-même fut celui qui étendit jusqu’à la ligne du Séreth la colonie politique hongroise de Baia.

Les fils de Marguerite-Musata ont laissé ailleurs aussi leur souvenir, sinon les bâtisses mêmes dont ils furent les fondateurs. Sous le règne de Pierre, des moines valaques de l’école de Nicodème, Sophronius, Pimène et Sylvain, avançant le long des Carpathes roumaines, étaient arrivés dans les grandes forêts du district de Neamt, qui, dès le début, se trouvait dans le rayon de la principauté de Bogdan. Ils y bâtirent, avec le concours de Joseph, un des adeptes de l’école, plus tard Métropolite du pays, et avec l'appui de Pierre, resté orthodoxe malgré la conversion au catholicisme de sa mère, une petite église conventuelle, peutêtre en bois, puis en pierre. Au commencement du XV° siècle, Domentien y était abbé, d’après la règle « serbe » de Nicodème. L’ancienne bâtisse abritait probablement le tombeau de Pierre ; il allait contenir celui d’Étienne, le fils, décapité par son neveu, d’Alexandre-le-Bon.

De son côté, Roman, frère de ce Pierre, fonda, à la confluence de la Moldova dans le Séreth, une ville nouvelle, qu’il appela d’après son nom et qui s’est rapidement développée. Il a dû y avoir une citadelle en bois, dont on n’a pas trouvé l'emplacement; dans l’église princière, depuis longtemps disparue, une résidence d’évêque portant le titre de Métropolite, était ensevelie la femme de Roman, Anastasie.

Enfin une nouvelle résidence moldave est due à Étienne, le troisième frère. Il fut le fondateur de Hârläu: elle a dû avoir aussi, avant l’époque d’Étienne-le-Grand, qui lui donna

une belle église, .sa forteresse et son sanctuaire.

L En matière de châteaux, la Moldavie avait hérité Moncastro des Génois — et il se conserve encore dans toute sa beauté, — Hotin (renouvelée totalement par Pierre Rares, dans la première moitié du XV° siècle) et Tetina (dont on voit les ruines, pas encore explorées, dans la ville même de Cernäuti), des Polonais; celui de Neamt et celui de Suceava existaient avant l'avènement d’Étienne-le-Grand, et ils sont mêlés dans les combats entre les fils et les petits-fils d’'Alexandre-le-Bon (1).

À Suceava, tout a été changé, agrandi, orné, à l’époque de prospérité et de gloire d'Étienne-le-Grand: le château des princes aussi bien que les églises. Celle de Miräuti, avec son style qui est bien de la seconde moitié du xV° siècle, et dans une des variantes les plus compliquées, recevait, à l’époque d’Alexandre-le-Bon, fils de Roman et petit-fils de Margue-

rite, — vrai organisateur de la Moldavie, qu’il gouverna comme un roi indépendant, portant les

1. Pour Neamt voy. Romstorfer, Pas Schloss Neamtz. Du même un ouvrage sur Suceava, traduit en roumain et publié par l’Académie Roumaine, avec une préface de M. AI. Läpédatu : Cetatea Sucevei, en 1913. Cf. Bulletin, VI, pp. 85-86; VII, p. 141 et suiv.; X, p. 25.

46 LA MOLDAVIE AVANT LA CRÉATION DE L'ART ROUMAIN SOUS ÉTIENNE-LE-GRAND

attributs et le titre des empereurs byzantins, — les restes de Saint Jean-le-Nouveau, un mar-

chand de Trébizonde, qui avait été martyrisé plus récemment à Cetatea-AIbä (Moncastro), par

les Tatars.

Ceci se passait en 1400-1401, au moment où, d’un côté, la principauté touchait à la

ER 3) De \ AMD, à yes El

Cliché Romstorfer. Cliché Romstorfer

Église de Miräuti. Église de Miräuti (plan).

Mer Noire et, de l’autre, elle transportait à Suceava le siège de cet évêque orthodoxe, pendant longtemps un Grec, comme son voisin de Vicina, qui avait sa résidence dans le Mon-

castro des Génois.

L'église de Miräuti, restaurée par le gouvernement autrichien de la Bucovine, dans un

Sy K

TN | k

Page 1