‹ Histoire de l'art roumain ancienChapitre 174 sur 207 · Nos Znscripti, I, p · texte numérisé non relu

Nos Znscripti, I, p

une ville comme Bucarest, où les argentiers, z/ä/ari, formaient une corporation d’ancienne

formation, on voit des Roumains continuant le métier de leur père, comme Georges, fils de

Räducanu (1).

V. La Moldavie offre un contraste frappant avec cette floraison artistique indigène de la principauté voisine, bien que les mêmes princes phanariotes eussent gouverné tour à tour les deux pays. Cependant ici les maîtres maçons sont des indigènes, comme ce Mandachi, qui ne porte que le titre de charpentier (/eslar) et auquel le préfet de la mission franciscaine, à Jassy, Clément Leydet, confiait, en 1755, la construction de «cinq magasins dans la grande rue », sur le terrain de l'église. L'édifice, dont le travail devait coûter cinq cents piastres, allait être exécuté d’après les indications du propriétaire, en bois, en brique et en

pierre (2).

Ici, les églises ne portent jamais, à l'exception de celle de Cäusani, en pays tatar

dans la Bessarabie méridionale (3), des peintures extérieures ; très souvent, comme nous

Fleurs ornementales dans les églises roumaines du XVIH* siècle

l’avons déjà dit, l’intérieur lui-même offre de banals murs enduits de chaux. Mais on bâtit des bains, comme celui de Jean Maurocordato, à Jassy (4), on construit des fontaines à la façon des Turcs, des « tschechmés », en roumain cesmea, même des églises. La grande fondation de Constantin Racovitä, Saint-Spiridion, de proportions imposantes, au milieu d’un grand hôpital (5) ou l’église de Samuel-le-Prophète à Focsani, dûe au même prince (6), n’ont rien de la grâce qui distinguait dans leur forme primitive les bâtisses bucarestoises contemporaines : église Olari, « des potiers », puis cette Saint-Spiridion-Nouveau, fondée par Scarlate Ghica pour servir de nécropole à sa famille (une immense église a surgi, au XIX® siècle, à sa place), et surtout le chef-d'œuvre d'élégance dans des proportions menues qui fut le skite fondé par le général russe et Ban valaque Michel Cantacuzène.

La peinture dut être insignifiante — si elle a jamais existé, — et, dans la grande église de Saint-Spiridion, de Jassy, on a eu recours, pour le clocher tout au moins, aux voütes ornées de pierres en saillie, aux plaques sculptées de Golia, qui fut le modèle; ce qui est ajouté vient de l’art musulman, sur la façade de ce même clocher.

Cependant c’est un Roumain, Étienne le peintre, ayant rang de « postelnicel », qui

TA ÉTA MD 200:

2. Iorga, dans la revue Ziteratur& $i artä romänä, IV, pp. 689, 190.

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