‹ Histoire de l'art roumain ancienChapitre 177 sur 207 · CI. Gion sons-forteresses, des cle (koulé en turc · texte numérisé non relu

CI. Gion sons-forteresses, des cle (koulé en turc

Église « aux Saints » de Bucarest tour), avec la rangée de colonnes en pierre

tout en haut, au-dessus d’une solide bâtisse,

capable d’être défendue contre les ennemis. Malgré les fréquentes invasions des bandits qui

infestaient, ingouvernables, la Turquie déchue, il paraît que les « cule » existantes datent tout au plus de la seconde moitié du XVII‘ siècle : plus tard on n’en bâtissait plus.

En ville, on a des habitations plus étendues et plus compliquées, comme la maison Cantacuzène dans la Calea Victoriei de Bucarest. Du côté de la rue, la rangée de fenêtres inférieures montre les chambres des serviteurs; l'étage supérieur seul est habité par le boïar. La façade dans la cour offre une porte pour le maître et une autre, à gauche, pour les gens de service. Si on ne compte pas la prolongation des murs à droite, l’édifice, avec les deux anciens péristyles fermés pour gagner encore deux chambres, est en forme de croix (1).

. 1. CF. Jänecke, Das rumänische Bauern und Bojaren-Haus, Bucarest, 1918, pp. 51 et 57. Cf. le Bulletin, VIIT, p. 96 et la revue Architectura, Bucarest, 1016, p. 60 et suiv.

Jassy conserve encore, le long de la rue qui mène à la promenade de Copou, où le kiosque des princes Callimachi a disparu — un autre est en train de s’effriter dans les jardins du ci-devant palais princier — toute une rangée de belles maisons qui appartiennent déjà, avec leur double étage et surtout avec leur large porche, sous lequel venaient se ranger les voitures de maîtres, à un autre art.

À Ploiesti, à Välenii-de-Munte, beaucoup plus qu'en Moldavie (sauf cependant certaines maisons de Focsani) on trouve encore des maisons de ville dans ce style. Parfois, malgré leur forme modeste, elles présentent de très beaux ornements de détail, en stuc ou en bois. Il y en a où la cave et tout l'étage inférieur manquent : le péristyle présente des colonnes très simples sur lesquels s'appuient des arcs en maçonnerie légère. Ces habitations des faubourgs reviennent donc à la maison du paysan dont ce type était parti pour arriver aux splendeurs de Doicesti, de Potlogi et de Mogosoaia.

Mais cette maison paysanne elle-même paraît avoir imité l’église et le palais lorsqu'elle borde ses portes et ses fenêtres de cadres en mortier sur lequel on a posé des modèles en bois. Ce travail en bois est, dans la montagne, très délicat; il orne les colonnes et souligne la corniche, il sculpte les aiguilles du toit, réunies souvent par toute une rangée de bardeaux taillés, comme on en observe aussi au-dessus de la porte d’entrée dans la cour. Les maîtres menuisiers des villages leur ont donné des portes finement ajourées; l’enclos en bois est ouvragé d’une manière qui varie souvent d’une maison à l’autre. Rien que sur les maisons d’une seule vallée, comme celle du Teleajen, il y aurait à écrire tout un ouvrage comme celui que l’Autriche a donné avant la guerre sur la maison paysanne de Salzbourg et du Salzkammergut. L'ancien art de ces régions des Carpathes et des Balcans s’est réuni

dans ce but à l’imitation de l’autre art, créé par les constructeurs en pierre.

I. On a déjà vu que, dès le XVIH° siècle, les influences occidentales qui, jusqu'alors avaient contribué seulement à fixer le caractère définitif de l’art roumain, tendent à lui substituer un autre, qui aurait absolument négligé la tradition précieuse, fixée par de longs efforts, grâce à un sens particulier de la proportion dans l’ensemble et de la beauté discrète dans l’ornement.

Nous avons observé que la Moldavie accepte, dès les premières années du XIX° siècle, un autre type de la maison de boïar, sensiblement différent de l’ancien, tel qu’on le voit, par exemple, à Deleni, avec le beau salon orné de glaces de Venise juxtaposées à deux rangées. A Bucarest, on observe cette transformation moins qu’à Jassy. Mais bientôt les architectes saxons, suivant les traces de Rathner, mais pour imposer cette fois le type de la maison allemande de Transylvanie, avec la façade tournée vers la cour, ayant seulement deux fenêtres sur la rue, s’y installèrent. C’est dans ce style que DE le Théâtre de Bucarest; le prince Bibescu l’adopta pour son palais à Bäneasa, dont les travaux furent arrêtés par la révolution de 1848 (1).

Ils gâtèrent malheureusement le caractère de toute une série de belles églises, qui doivent leur aspect banal d’aujourd’hui au travail d’un Freywald, d’un Tabay, d’un Français, même, Villacrose (2). Telle Bistrita d’Olténie surtout, en partie Hurezi, Saint-Georges-le- Nouveau de Bucarest, Dealu, etc.

Après les « réparations » faites sous le prince Bibescu (1840-1848), son frère, Barbu Stirbey, continua le système, à Mislea, à Stelea de Bucarest, à l'église de l’Ancienne Cour, à Saint-Spiridion-le-Nouveau, à Antim, à Târsor, à Vieros. C’est en vain que le prêtre de Saint-Georges priait qu'une partie au moins des murs fût conservée; on maintint seulement un pan des «cintres de la nef » ; le prince demandait tout au plus que « l’harmonie des proportions architectoniques soit conservée selon toutes les règles ». On a cependant aussi une belle résolution intelligente de la main d'Alexandre Ghica, l’ancien prince de Valachie, qui avait été chargé, après le départ de Stirbey, d’administrer le pays. Comme l’évêque d'Arges, Clément, signalait l’état misérable de la peinture dans l’église épiscopale et les dégâts causés par le temps aux fleurs de marbre des tours, le prince écrivait : « On accepte, de toutes les réparations, celles-là seules qui ne toucheront pas aux sculptures et ornements artistiques et aux tours, car elles doivent être traitées toutes avec respect et par des artistes

supérieurs (3) ».

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