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Église de Miräuti (section longitudinale).
style qui ne correspond pas précisément à celui de ses commencements et, de plus, ornée de tuiles multicolores et de savantes fresques viennoises, présentait, même dans la forme refaite par Étienne-le-Grand, des traits tout à fait particuliers. Le grand clocher à la manière occidentale, composé de deux étages, aux larges fenêtres, et de façades latérales, paraît avoir
été ajouté à l'église initiale. Celle-ci avait une seule tour polygonale, comme celle d'Arges,
LA MOLDAVIE AVANT LA CRÉATION DE L'ART ROUMAIN SOUS ÉTIENNE-LE-GRAND 47
s'appuyant, par un tambour en forme d'étoile, sur un narthex à deux absides latérales, dont celle de gauche a été remplacée par la tour susdite. Une pièce de monnaie comprise dans la construction montre que la bâtisse a été refaite au XVIH° siècle. Le nom du Métropolite de la fin du Xv° siècle, sur une table de pierre, témoigne que les architectes d'Étienne-le-Grand avaient aussi passé par là.
Il paraît que la forme donnée par l'architecte d’Alexandre-le-Bon était en trèfle. Les matériaux sont assez ordinaires, sauf dans les voûtes. Comme ornements, on a au milieu, le long des murs, un linteau entre deux lignes en dents de scie et dans le registre inférieur seulement des arcatures autour des fenêtres. Des ornements de l’église, depuis longtemps en
ruines avant la réparation, on n’a rien conservé (1).
De l’ancienne bâtisse de Moldovita on a conservé des pans de murs faits d'un matériel grossier de pierres de toutes les dimensions et de toutes les couleurs. Il y avait dans le plan un vestibule à deux petites fenêtres rondes de chaque côté, un narthex dont les deux fenêtres sont plus larges et qui contient aussi deux voûtes faisant fonction de recouvrir des tombeaux, puis une nef à deux autres fenêtres et un sanctuaire. Les traces de la tour s'observent encore, et, ce qui est tout aussi important que ce schéma de la plus ancienne église moldave, on distingue encore l’image de l’Annonciation au-dessus d’une porte, et l’autel montre aussi des portraits de saints.
On n’a donc pas du tout le type primitif des églises d'Alexandre dans la forme actuelle de cette fondation, datant de 1402 environ, de Moldovita, vers la montagne bucovinienne, près du ruisseau de ce nom, dans une région aux beaux noms pittoresques et archaïques, Frumosul, Dragosa. Ainsi qu’on le verra mieux par la suite, l’église actuelle, en forme de croix, recouverte d’admirables peintures extérieures, est due à Pierre Rares, un des fils d’Étienne-le- Grand, dans la première moitié du XVI° siècle; l'enceinte de murs, avec des tours, dont l’une date visiblement du XVII‘ siècle, a été mieux conservée dans sa forme ancienne. L’emplacement même de la nouvelle bâtisse est, du reste, différent de l’autre (2). Ici, à Moldovita, on copiait avec zèle des vies de saints et autres ouvrages d’édification ; les manuscrits se trouvent actuel-
lement dans la bibliothèque de l’archevêché de Cernäuti (3). Ils n’ont pas encore été décrits.
III. Bistrita est une troisième fondation du premier Voévode moldave qui ait agi comme indépendant au milieu de ses voisins, Polonais, Hongrois et Turcs. Elle se trouve dans le voisinage de la ville de Piatra ou Piatra-lui-Cräciun (Rocher de Cräciun-Noël), district de Neamt. L'église se présente aujourd’hui sous un vêtement qui est celui de la seconde moitié du xXvI° siècle, ayant été complètement refaite par le prince Alexandre Läpusneanu. Le tombeau d'Anne, femme d’Alexandre-le-Bon, est dû aux artistes d’Étienne-le-Grand, mais les belles lignes de celui qui, à droite, contient aussi les restes d'Alexandre, fils du grand Étienne, et de la princesse Chiajna, femme d’Étienne Läcustä (un des prédécesseurs de Läpusneanu), et qui doit être le tombeau du fondateur, paraissent être d’un travail plus ancien. Le clo-
cher, surmontant une chapelle, est l’œuvre d’Étienne-le-Grand, en 1498.
1. Voy. Romstorfer, Cetatea Sucevei, p. 17 et suiv. Cf. /ahrbuch des Bukovinaer Landesmuseurms, année 1805.