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Plan de l’église de Saint-Jean à Piatra
parement et son ornementation en terres cuites vernissées se continuent sous le raccordement
de la maçonnerie du clocher, dans laquelle nous trouvons du reste des briques d’une autre
dimension que celles du mur de l’église.
Il est vrai, toutefois, que cette nouvelle construction n’a pas dû beaucoup tarder, car
le tableau votif qui paraît bien être de l’époque des premières fresques (étant exécuté sur la première couche d’enduit) nous montre déjà l’église avec son clocher. Quant à l’église de Miräuti, la date de sa construction est trop incertaine pour en pouvoir faire état.
ru On voit que la clasncation que nous faisons n’est qu’une classification d’après le mode de construction et ne correspond à aucune division dans le temps, impliquant une évolution. Certains auteurs ont supposé que chaque type a été cons- « truit par un même architecte NN BA NT (ou par son école) expliquant, de cette façon, la construction des deux types pendant tout.
le règne d’Étienne-le-Grand, l'un à côté de l’autre" Cétte
hypothèse serait encore à dé-
Fig 12,
montrer à l'aide de docu-
ments. Il est évident qu’on.
pourrait, en examinant de plus près, essayer d’autres classements. Il y a plusieurs égli-
ses qui présentent entre elles
des traits de ressemblance qui
permettraient certains groupe-
ments. Mais ce serait entrer
Église du monastère de Neamt (section longitudinale)
dans trop de détails et ces essais relèveraient plutôt d’une
étude spéciale des églises d’Étienne-le-Grand — ce qui n’est pas le but de ce travail. ss
Sans pouvoir classer les églises suivant une évolution régulière, on peut cependant marquer la tendance à l’allongement de la bâtisse, tendance qui va en s’accentuant — ainsi que nous le verrons — sous le règne des successeurs d’Étienne-le-Grand.
Avant de terminer ce chapitre, nous citerons encore l’église catholique de Cotnari, actuellement en ruines et de construction absolument gothique; elle possède encore quelques
intéressants détails.
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Les matériaux employés dans les maçonneries de cette époque sont presque entièrement de ceux que l’on pouvait se procurer sur place ou dans le voisinage immédiat de la bâtisse
La pierre brute est de petites dimensions; les briques, bien cuites, ont une épaisseur
qui varie entre 5 et 7 centimètres et demi. Elles sont donc sensiblement plus épaisses que
Église du monastère de Pobrata
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celles employées dans les constructions valaques et byzantines en général et se rapprochent à ce point de vue de la brique de Transylvanie et de celle de l'Occident. Les joints sont aussi
d'épaisseur relativement faible.
Le mortier est de chaux blanche, quelquefois mélangé de petits cailloux et de fragments menus de briques.
Les voûtes sont construites en briques de dimensions plus réduites et quelquefois en tuf.
Des poutres de bois sont fréquemment noyées dans la maçonnerie pour égaliser, suivant le mode byzantin, les tassements et pour former chainage.
Les enduits de chaux blanche contiennent souvent de la paille hachée ou de l’étoupe.
Nous avons parlé des matériaux apparents. Il faut relever l’excellente qualité de l'émail des terres cuites et leur parfaite adhérence, ainsi que leur résistance remarquable aux intempéries, Les briques étaient-elles émaillées sur place, ou les apportait-on de certains centres de fabrication? La question n’est pas élucidée. En ce qui concerne les disques, il est
très probable que c’est la. seconde hypothèse qui est la vraie.
LS Xk x En résumé, il résulte de ce que nous avons dit jusqu’à présent, que le plan type de l'époque d’Étienne-le-Grand comporte un naos avec ou sans absides latérales — l’abside principale — et un pronaos.
Les voûtes du pronaos sont, dans la majorité des cas, une simple calotte hémisphérique; mais on en trouve quelquefois deux. Le pronaos est quelquefois surélargi par rapport
au naos,
Les églises à absides latérales ont généralement aussi une tour.
Les façades ornées d’arcades et de niches n’ont primitivement pas été crépies : elles sont décorées de briques et de terres cuites émaullées; les fenêtres sont petites; celles du pronaos sont presque toujours plus grandes. À mesure qu’on avance dans le temps, elles aug-
mentent de dimensions. Portes et fenêtres participent de l’ornementation gothique.
Sous les successeurs d’Étienne-le-Grand, nous trouvons des églises de plus en plus développées. On en rencontre naturellement encore de petites dimensions, qui se distinguent peu de celles de l’époque précédente, mais, dès qu'il s’agit d’une construction plus importante, d’une fondation princière, ce sont des édifices plus évolués et qui n’ont, dans la période précédente, d’équivalent qu’à Neamt ou Dobrovät, cette dernière église terminée du reste, sinon même modihée et agrandie, sous le règne de Bogdan-le-Borgne (1504-1517 (fils d’Étienne-le-Grand). Ses tours en tout cas ont été ajoutées postérieurement et
la peinture en a été exécutée une trentaine d’années plus tard sous le règne de Pierre Rares.
Le même Bogdan a commencé la belle église de Saint-Georges, à Suceava, alors capitale de la Moldavie. Elle présente une grande ressemblance avec l’église du monastère de Neamt.
Son exonarthex a été ajouté dans la seconde moitié du XVI° siècle. Sa longueur primitive était donc de 37 mètres. Elle a aujourd’hui 42 m. 50 de long sur 12 m. de large. Ce monument n’a été cependant terminé et peint que sous le règne d’Étienne, fils de Bogdan (1517-1527). Ces peintures ont été nettoyées et réparées ces dernières années.
Cet intéressant édifice constitue, avec Neamt, les chaïînons qui relient les églises de l'époque d’Étienne-le-Grand à celles du temps de Pierre Rares.
À part Saint-Georges, nous ne connaissons, de cette époque, qu’une petite église de village, très modeste, élevée par le gouverneur (portar) de Suceava, Luca Arbore, sur sa terre de Sipote, en 1507. C’est le même qui, sous le règne précédent, avait construit, en 1503, l’église d’Arbora.
Nous arrivons enfin à l’époque que l’on peut considérer comme celle de l’épanouissement de l’architecture religieuse moldave, à l’époque de Pierre Rares (1527-1546) et de ses successeurs immédiats (1546-1568).
Les éléments qui caractérisent l’époque d’Étienne-le-Grand existent toujours, mais quelques innovations commencent à poindre.
L’église continue à s’allonger et à augmenter de hauteur.
Le plan a, comme nouvel élément, un compartiment qui s’intercale entre le naos et le pronaos et qui contient les tombeaux.
Cette pièce est souvent plus basse de voûte et on trouve au-dessus une autre pièce généralement voûtée en berceau et qui servait de trésor. On y accède par un escalier à vis.
Le naos a toujours les absides latérales, sauf dans quelques églises toutes modestes.
Le pronaos est plus spacieux; sa voûte est souvent séparée en deux par un arc transversal à nervures. Ces nervures, très rares du temps d’Étienne-le-Grand, deviennent la règle. Elles sont souvent formées de cylindres accolés et se prolongent jusqu’au bas des murs, ce qui augmente l'impression de gothique et rappelle les faisceaux de colonnettes bien connus.
Les arrangements des arcs et des voûtes deviennent aussi plus variés et plus intéressants; les coupoles du pronaos surtout, sont soutenues par des combinaisons d’arcs croisés qui réunissent dans un même plan les deux systèmes d’arcs du naos; l’effet décoratif est des plus réussis.
Enfin, on trouve un exonarthex (pridvor), à grandes fenêtres, tenant presque toute la hauteur du mur, souvent entièrement libres, quelquefois fermées par des verrières à. meneaux et à décor gothique. Leur voûte est un berceau à pénétration (Probata) ou bien une voûte d’arêtes (Moldovita) d’un caractère moins byzantin. Quelquefois, on y trouve la coupole caractéristique moldave (Roman).
Le besoin de l’allongement de l’église, dans l’esprit de ce temps, est indiqué avec plus de netteté encore par la construction d’exonarthex à d’anciennes églises (Voronet, Tazläu, Saint-Georges de Suceava, etc.).
Les arcs doubleaux sont habituellement sous-tendus de poutres en bois faisant office de
chaïînage, quelquefois sculptées, et toujours peintes.
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Les fenêtres du pronaos sont sensiblement plus grandes qu’à l’époque précédente et ressemblent souvent à celles de l’exonarthex.
Les absides continuent à être décorées par les longues niches aveugles que nous connaissons et toutes les façades portent à leur partie supérieure des rangées de petites niches.