GI MEHR
Maison roumaine du type de la coula (tour, du turc : koulé).
habitent aujourd’hui la région des Balcans, du Danube moyen, pannonien, et les Carpathes. C'est pour tous un héritage des ancêtres, d’ancêtres communs très reculés.
On a attribué, avec raison, à ces mêmes Thraces les objets de l’art néoltique et énéolitique : céramique spiralo-méandrique et peinte, qui se trouvent en Moldavie, surtout
dans la grande station préhistorique de Cucuteni, près de Jassy, à Petreni en Bessarabie,
ainsi que dans la Dobrogea même, à Candidiana, de même que d’autres (1), découverts en Valachie, comme la poterie ornée en relief qui se rencontre dans la plaine valaque, surtout à Sälcuta, près de Craiova. Dans la montagne moldave, près de Piatra, on a trouvé tout un trésor de céramique ayant appartenu à une habitation préhistorique. Dans la région de collines de la Valachie, à Sinaïa, à Predeal, à Drajna, à Baia-de-Aramä, on a recueilli presque à fleur de terre des armes en cuivre et en bronze, qui, d’après l'opinion des spécialistes, appartiendraient aux mêmes Thraces (2).
On a signalé avec raison, d’un côté, la richesse et -l’excellence des produits céramiques de l’époque citée, et, de l’autre, le caractère indigène des matériaux employés dans les haches à douille convexe, les couteaux, les épées (3) et les colliers de métal (datant de 1750 à 1200 a. Chr.), et on en a tiré la conclusion que la population carpatho-danubienne de cette époque à poursuivi sans interruption un développement artistique, qu’elle a été capable ensuite de transmettre, à la fin de la seconde époque du bronze, dans les régions, d’aptitudes artistiques inférieures, de l'Allemagne orientale (4). Parler de types « hongrois », d'une époque de bronze « hongroise », est donc un abus qui a duré trop longtemps; le terme lui-même était impropre puisqu'il ne s'agissait pas des produits de la race hongroise, magyare, mais de régions, comme la Transylvanie, qui appartenaient à l’ancienne couronne de Saint-Étienne.
Il s’agit, en réalité, des Thraces — appelés sur la rive septentrionale du Danube des Gètes dans la plaine, des Daces dans la montagne (Daces paraît signiñer: habitants des Zavae, villages, donc des ruraux; Gètes, peut-être des agriculteurs ou des riverains). Leur grande civilisation, originale en grande partie, s’étendait de la steppe eurasiatique, où elle a été adoptée par le ramassis de nations qu’on appelle les Scythes et par leurs voisins, les Sarmates, Jusqu'au fond de la Macédoine, de l’Adriatique, peut-être même, par l’établissement des Illyres apparentés sur le versant italien de la mer, des vallées de la Vénétie et du Tyrol jusqu'aux rivages du Pont-Euxin et, au delà des détroits, jusque sur les plateaux de l'Asie Mineure, chez les Bithyniens et les Paphlagoniens. Les tapis turcs de Caramame ressemblent aux « écorces » des Carpathes (5), de même que les coutumes pastorales des Anatoliens correspondent à celles des bergers du Balcan, du Pinde et de ces Carpathes roumaines et ruthènes. Dans les lignes architecturales, de même que dans les caractères de l’ornementation sur les tissus ou sur le bois, sur la poterie on rencontre des traits qui appar-
tiennent manifestement à ces très anciens habitants des contrées roumaines (6).
1. La bibliographie dans le Bulletin de la Commission des monuments historiques (en roumain), III, p. 124 En français dans le « Compte-rendu du congrès international d’anthropologie et archéologie préhistorique », Paris 1869, p. 301 et suiv. M. Moisil donne dans le Pulletin cité, III, p. 115 et suiv., 172 et suiv. la liste des stations explorées. Des bornes miliaires 2024., pp. 141-143.
2. Voy. Andriesescu, dans le Bulletin cité, VIII, p. 154 et suiv.
3. En voici la description d’après M. Andriesescu : « la poignée fondée séparément, avec ses trois cordons saillants en relief, et adaptée à la lame qu’elle saisit au moyen de ses lobes; au-dessus un. pommeau à bouton terminal, mais non perforé; la lame a un trait moyen ».