Voy. Kozak, loc. cit., p. 84 et suiv
2. Melchisédek, dans la « Revista pentru istorie, archeologie si filologie » de Tocilescu, III, planche 11, fig. 3. On y trouve aussi dautres reproductions de ces sculptures tombales. Celle dont il est parlé un peu plus haut, planche 13, fig. 3. Les tombeaux des deux Marie, n°5 1, 2. Je ne découvre pas dans l’estampe de Melchisédek les deux oiseaux piquant des fleurs dont parle Kozak, ouvr. cité, p. 80.
3- Friedrich Keinz, Zwei altungarische Texte aus einer Handschrift der k. bayer. Hof- und Staatsbibliothek, Munich 1870.
Il faut admettre donc un artiste qu'Étienne fit venir du royaume de Georges Podiébrad spécialement dans ce but (1). C’est sans doute le même qui sculpta pour le couvent de Neamt, avec de très riches fleurons, la pierre tombale du bourgrave Micotä (2).
Dans l’église de Saint-Nicolas à Poiana, devenue ensuite la grande église conventuelle de Pobrata, on a retrouvé le tombeau en marbre d’Oltea, mère d’Étienne-le-Grand, morte en 1465, lorsque son fils était déjà prince de Moldavie. Elle présente, dans un travail moins assuré qu’à Putna et à Rädäuti, une autre forme d’ornements que ceux dus à « muistr [an ».
Ces ornements sont imités des étoffes contemporaines. On peut s’en convaincre en comparant les fleurs des tombeaux des deux Marie à Putna avec celles qui sont semées sur la robe de brocart de la princesse Eudocie de Kiev, première femme d’Étienne
Dans cette pierre d'Oltea, la partie centrale, contenant des fleurons, est très étroite, presque dans les mêmes proportions que la bande qui contient l'inscription, la marge étant très étendue et très riche. Elle offre des fragments de lignes en serpentins entrelacés. C’est une œuvre qui rappelle celle des Valaques, influencés à cette époque par la Dalmatie et Venise (3). Dans la même église, on voit les pierres qui recouvrent les tombeaux de Pierre, fils d'Étienne (de celui qui fut exécuté et enseveli à Neamt), et d’un fils de Sora, la sœur d’Étienne (4).
À Dolhesti, près du haut Séreth moldave, Marie, femme de Sendrea et autre sœur d’Étienne, est ensevelie sous une splendide pierre à triple cadre autour d’un brocart à fleurons. Dans les tombeaux de Bälinesti, la bande marginale est richement décorée en fleurons, et l’ornementation du champ central même est d’une complication particulière,
sauf dans les tombeaux des deux filles de Täutu, où elle
est dans le style roman d’une noble simplicité.
CI. M. H.R. É É Ù La seule fois où on rencontre des ornements pure- Pierre tombale de la Precista
(Bacäu) (1495). ment gothiques, en forme de trèfle, dont deux portent une rosette et une croix, c'est à la Precista de Bacäu (5). Enfin, à Voronet, le tombeau du légendaire abbé Daniel, qui aurait encouragé Étienne-
le-Grand au combat contre les Turcs, est ornementé de larges feuilles, jusqu’à la marge, où
1 Cf. Kozak, ouvr. cité, p. 102; nos Studii si documente, VI, p. 624 et suiv. 2eCr ep ulleun, MIE D ET03:
. Dans nos F’emeile in trecutul romänesc, Bucarest 1912, à la p. 94, ou dans Xenopol, /storia Romänilor, 2° édition, IV, p. 161.
4. Cf. Läpédatu, dans le Bulletin, I, pp. 166-167 et, sur l’église, nos Zuscriptii, I, p: 60 et suiv.
5. On pourrait comparer aussi la pierre d’Anjinko, douanier d’Étienne, à Päträuti, en Bucovine, Kozak, ouvr. cité, p. 54; elle date cependant peut-être de l’époque où on a apporté ses ossements dans une église du commencement du XVI° siècle.
se faufle un simple ornement linéaire. L'inscription est rejetée sur les deux faces plus étroites. Dans le monastère de Putna, les tombeaux sont recouverts d’une niche creusée dans la profondeur du mur latéral. Les ornements en boudin qui la décorent appartiennent sans doute — malgré leur ressemblance avec le cadre dans l’inscription d'Oltea — aux réparateurs du XVII° siècle. À Arburea, bâtie par le burgrave Luc Arbure, boiïar d’Étienne et conseiller malheureux — car 1l finit décapité avec ses fils —— du petit-fils, homonyme, de ce dernier, on a une niche contemporaine en pierre, au-dessus de laquelle se développe l'inscription du « tabernacle », du « kivotos » (en roumain comme en slavon « chivot ») de 1503 entre des ornements en forme d'étoile (1).
La sculpture en pierre est représentée aussi par des chapiteaux et par les inscriptions qui ornent la porte d’entrée dans les églises de cette époque d'Étienne. Les lettres cyrillien-
nes, de dessin gothique, ont une
forme impeccable ; elles ne con-