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Monnaies

2. Monnaies moldaves (XvV® et XVI siècles). valaques (KIV® et XV° siècles).

d'un amour de jeunesse avec une certaine Marouchca, à Saint-Elie, près de Suceava: ses cheveux retombent en boucles; de longs habits d’empereur byzantin en brocat d’or, aux larges manches, au col renversé, le recouvrent.

Eudocie de Kiev, maigre figure triste sous la couronne d’or, est représentée, à Saint- Nicolas de Jassy, dans une robe unique, ornée de fleurs à l’orientale et de galons d’or sur le col, sur les manches, les devants et le bas (1). À Rädäuti, Marie est rendue avec une figure ronde et des yeux noirs, qui n’ont rien de la sévérité byzantine. À Päträuti, la même, en vêtement de brocart d’or, protège de sa main étendue deux petites princesses dont les cheveux sont retenus par des cercles d’or ornés de perles. À Saint-Élie, trois voiles se déroulent sous la couronne; de lourdes boucles d'oreille en chaïînettes descendent vers les épaules; du manteau de brocart rouge à fleurs d’or se détachent des manches rouges serrées sur les poignets par une gaine lilas ; auprès de la princesse, son fils, tout petit encore, Bogdan, le futur continuateur de son père. Les fils Bogdan et Pierre, enterrés à Putna, sont représentés en vêtements de brocart à Dobrovät, dont la splendide peinture, de l’époque de Rares, s’est conservée sous une épaisse couche de fumée.

Nous devinons une partie des peintures murales de l’église de Bälinesti. On remarque surtout l’ampleur des figures représentant les Saints Empereurs Constantin et Hélène. Les por-

traits de Täutu, un peu effacé, et celui de sa femme, en chapeau rond de mode occidentale,

1. Cf. Bulletin, V, pp. 130-132 (avec les portraits d'Étienne et de Bogdan).

aux riches vêtements, à côté de la fillette qui les accompagne, agenouillée, dans leur prière, montre qu'à cette époque on était capable de traiter, en Moldavie, le portrait.

Quels sont les auteurs de ces peintures?Dans aucune église il n’en est fait mention. Il est bien possible que ce fussent des étrangers, des Grecs surtout, bien que la civilisation artis-

tique des régions helléniques n’eût pas survécu longtemps à la disparition de la vie politique.

CECTPACEMENAU

Portraits de princes : CI. M. H.R. Portraits de princes Eudocie de Kiev, femme d’Étienne-le-Grand. Bogdan, fils d'Étienne-le-Grand. Il ne faut pas penser — comme pour l'architecture et la sculpture en pierre et en métal —

aux Occidentaux, de Transylvanie ou de Pologne. Nous avons trouvé un document qui montre que parmi les indigènes même il y avait, dès le commencement du xv° siècle, des peintres d'église. De fait, en 1443, le secrétaire Michel, qui devint ensuite un gros marchand en Pologne, et son collègue, le « grämätic » (rédacteur des actes princiers) Tudor, reçoivent de la part de leur maître, sur la rivière de Miletin, dans la haute Moldavie, une terre et un moulin, dont le premier propriétaire avait été Étienne le «€ zographe », le peintre (1).

1. Hurmuzaki, Documente, 112, p. 880, n° DCLXXxIX. Cf. le Bulletin, VII, p. 1093.

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II. Tout un travail commença, dès la fondation de Putna, cette fois dans le monastère lui-même, pour doter le cloître où Étienne voulait être enseveli de vases, de croix, de vêtements des livres nécessaires. Comme le trésor a été conservé en partie, on peut avoir la connaissance presque complète de cet art qui se détachait de ses maîtres premiers pour vivre par lui-même.

La reliure des livres sacrés continuait d’après l’ancien système. À Putna même, il n’en a pas été conservé qui aient encore l’ancien vêtement. Mais un boiïar de l'entourage du prince moldave, le Vistiar Isac, fit don d’un Évangile admirablement relié en argent à la petite église gothique de Feleac, près de Cluj, où se trouvait la résidence d’un évêque roumain (1). À Neamt, on conserve un Évangile ornementé de la même manière qui vient du Métropolite d'Étienne, le grand Théoctiste.

A Humor, on a imité d’une manière plus rude la scène de la Résurrection, en y ajoutant une Assomption aussi inférieure; les éléments du champ sont les mêmes. Du reste, la reliure de cet évangéliaire de Humor a été faite en 1487, ainsi que le dit l'inscription elle-même, dans ce couvent. Comme, en outre, sur un manuscrit de Neamt, décrit par l’évêque Melchisédek, 11 y a la mention formelle en cryptographie qu'il a été relié par le moine Sylvain, il faut admettre que déjà on travaillait de cette façon dans les couvent moldaves (2).

Les beaux ostensoirs (7:p1de) en argent doré, donnés par Étienne à Putna, forment une des plus belles pièces de la collection entière. Ils furent terminés en 1497, au moment où il repoussait l'invasion du roi de Pologne Jean Albert, qui avait assiégé par surprise sa capitale. Ils n’ont jamais été reproduits.

Le « panagiaire » de Neamt (1502) est une pièce d’orfèvrerie d’un intérêt peu commun. Ce doit être une œuvre vénitienne, car Étienne envoyait assez souvent ses boïars à Venise, son alliée contre les Turcs, et il se faisait faire à Gênes une épée à la « manière de Valachie » (3). Le cadre, à l'extérieur, est en filigrane de Venise, très finement ouvragée: au milieu, 1l y a d'un côté l’Ascension, travail qui, comparé à celui de l'Évangile donné par Cândea, lui est infiniment supérieur, et, de l’autre côté, une Résurrection, représentée d’une manière simple et rude. À l'intérieur, dans un portique aux colonnes et aux rosaces de style roman, Jésus figure, entre la Vierge et Saint Jean, puis on a en creux une belle image de la Madone portant des deux mains Jésus sur le sein. Il faudrait le comparer au « panagiaire » donné par le jeune prince Alexandre à son monastère de Bacäu (4). Telle croix triple contenant de nombreuses images en relief et entourée d’une garniture d’argent, lui est attribuée aussi (5). À Neamt encore, on conserve, enfin, pieusement l'icône donnée à Alexandre-le-Bon par Jean Paléologue, empereur associé de Constantinople, à son passage par la Moldavie. Une cuirasse d'argent la pro-

tège, mais de fréquentes réparations en ont totalement fait disparaître le caractère original.

Mais ce qui est plus précieux même que cette orfèvrerie ce sont les travaux d’aiguille, d'une splendeur peu commune.

Nous commencerons par la brillante couverture dont était couvert le tombeau de

1. Annales de l’Académie Roumaine, Débats, III, p. 41. Isac le fit-il exécuter en Transsylvanie même? C’est un point à élucider.

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