‹ Histoire de l'art roumain ancienChapitre 56 sur 207 · CI. Romstorfer · texte numérisé non relu

CI. Romstorfer

Pierre, la couronne sur la tête, en longs vêtements de bro- Hole de Vorones cart d’or sur un fond jaune, sa femme, au visage allongé,

aux grands yeux, dont la couronne n’a pas moins de quinze branches et qui est richement ornée de perles et de pierres précieuses ; une garniture de la même façon sur les bords dorés de sa robe; le col rouge, pointu, a une forme particulière; un ample voile descend le long du corps ; on voit entre les époux les deux fils aînés, Élie et Étienne.

N'oublions pas les travaux de sculpture, en bois, très remarquables. On a encore un siège princier orné de lignes géométriques qui s’entrecroisent et de rosettes délicates ; mais on y distingue aussi, à deux places, l'emblème du taureau au long cou. Les petites tables polygonales étaient recouvertes d’un stuc doré. Mais on a à Moldovita

aussi des stalles contempo-

CI. Romstorler laines; l'artisan avait écrit son nom, aujourd'hui indé-

chiffrable, sur une feuille de

Détails de l'église de Moldovita.

parchemin collée sur le vieux bois lisse et dur. Si l’iconostase est plus récent, au-dessus des portes qui mènent d’un compartiment à l’autre — la première ayant un cadre en ogive comme à Pobrata, les autres des cadres en lignes droites qui s’entrecroisent, — on y voit encore, comme à Pobrata, des

barres transversales en bois sculpté et doré.

1. Voy. la description qu’en donne Romstorfer, dans les Aitteilungen der kk. Commission, XXI, année 18095, p. 25.

2 Voy Kozak loc. cit, etenos /715c7101u, IT pr:

L'enceinte des murs n’est pas conservée, mais 1c1 encore la tour est plus nouvelle, paraissant, à cause des ornements en boudin, dater seulement des premières années du XVII° siècle. De l’habitation des princes enfin, 1l est resté une bonne partie: élle est à deux étages.

et présente des fenêtres et une porte ornée de cadres en pierre travaillée.

II. De la même année, date l’église de Pierre Rares, à Baïa, non loin de celle qui, sous Étienne-le-Grand, paraît avoir commémoré la victoire sur le roi de Hongrie, Mathias, en 1467, ou avoir tout simplement remplacé l’ancienne, détruite à cette occasion par l'incendie. Elle fut terminée en septembre 1532, ainsi que le montre une belle inscription dans les lettres caractéristiques pour l’époque (1). La petite église en forme de croix, aux absides latérales à peine indiquées, dont on a donné une description précise, porte encore les traces de ses peintures extérieures avec des inscriptions slavones. Celles de l’intérieur ont été refaites, mais on conservait encore d’assez bons portraits des fondateurs. La tour au-dessus du vestibule est moderne; il paraît qu'il n’y en avait pas une au-dessus de la nef; on y a pratiqué une vulgaire entrée dedace (ee) |

En 1536, après un travail d’une année, Rares terminait l’église de Saint-Démètre de Suceava, près du palais des princes. L’ordonnement intérieur est le même qu'à Baia, mais les proportions, comme pour l’église d’une capitale, sont de beaucoup plus larges. Les ornements sont aussi différents : la porte d’entrée, du côté sud, est surmontée de l’emblème du pays, soutenue par deux anges en relief. Le premier cas où on rencontre une représentation humaine se détachant de cette façon. Pierre lui-même fit enterrer dans l’église son fils Bogdan, mort en exil (1540); cet exemple fut suivi par des boïars, la femme du burgrave de Hotin, le Logothète Drägan, la femme du Trésorier Thomas, etc. : les pierres sépulcrales sont ornées de dessins en style roman, avec de belles rosettes. Le clocher a été ajouté plus tard par le prince Alexandre Läpusneanu. L’église de Cosula, bâtie par le Trésorier Mathias, est de la même date. Il faut y relever le beau mur d’enceinte, qui gravit en zigzag la colline (3).

La série des bâtisses du premier règne de Pierre Rares, réduit, en 1538, à quitter le pays par l'invasion du Sultan Soliman lui-même, qui laissa à Suceava une plaque de marbre avec wne prière en arabe et bâtit à Tighinea son château de Bender, où on a trouvé une autre plaque semblable, contenant la mention emphatique du triomphe sur ce Moldave « infidèle »,: finit par la petite église de Horodniceni, dans le district de Suceava, due au même boiar Mathias, son trésorier, en 1538. Comme le fondateur n’accompagna pas son maître dans sa retraite en Transylvanie, le travail put être poursuivi, et l'inscription ornée, sur les deux côtés, supérieur et inférieur, de deux croix, porte, sur les deux autres côtés, avec le monogramme du nom de Mathias, la date de 1540, en chiffres arabes, qui n'étaient cependant guère usités à cette époque.

La bâtisse en forme de croix à aussi un très long narthex et une belle tour surplombant la nef. Sur les côtés, les fenêtres sont rares, petites, irrégulières. Les arcatures ont le caractère devenu désormais typique. L’entrée cependant est de face, et l'inscription a été fixée au-dessus d’une fenêtre qui, elle-même, surmonte cette porte d’entrée au cadre gothique

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