‹ Histoire de l'art roumain ancienChapitre 57 sur 207 · Voy. Läpédatu, dans le Bulletin, II, p. 50 et suiv · texte numérisé non relu

Voy. Läpédatu, dans le Bulletin, II, p. 50 et suiv

3. Cf. sur S. Démètre de Suceava Kozak, ouvr. cité, p. 137 et suiv. et sur Cosula, nos Séudii si documente, XVI, p. 279 et suiv. L'illustration, dans le travail de M. Bals.

carré (1). On peut se demander si ces bâtisses, dues à des boïars, avaient le même revêtement

de peintures extérieures que les fondations du Voévode lui-même.

Revenu sur le trône, après une absence de deux ans, Rares aurait désiré accroître le nombre des églises qui devaient commémorer son règne. Mais on n’a aucune fondation princière du second règne jusqu’à la mort de ce prince fastueux, en 1546. Dans l’église de Zaharest, en Bucovine, un simple carré de murs, peut-être d’origine plus ancienne, on voit le tombeau de Marina, mère de Nicoarä, fils de Hära, qui fut un des boïars qui étaient restés fidèles à son maître Pierre (2).

Il faut ajouter à la liste de ces églises deux qui ne portent aucune date: la petite église de Târgu-Frumos et la grande église claustrale de Râsca, dans les montagnes de la Moldavie occidentale. L'église de Saint-Démètre à Hârläu reproduit strictement le type déjà établi.

À Târgu-Frumos, on lit encore dans la niche de la prothèse les noms, peints en rouge sur une surface de stuc, de Pierre, de sa femme, de deux fils, Étienne et Constantin, et de sa fille Ruxanda, — celui du premier, Élie, ayant été raturé par horreur pour sa conversion à l’islamisme (3).

Chiajna, la seconde fille, ne se trouve pas non plus dans les fresques de Râsca, ce qui paraîtrait indiquer la même époque; la chronique d’Ureche témoigne, du reste, que ce monastère date du second règne de Pierre. L'église, qui a été tout dernièrement la proie d’un incendie, avait été transformée en y ajoutant, à une époque assez récente, un péristyle appuyé sur huit colonnes et deux tours supplémentaires. Les portraits de Rares et de sa famulle sont tout ce qu'on a conservé de l’ancienne peinture. Comme l’évêque de Roman, Macarius, le chroniqueur en langage byzantin fleuri d’épithètes et de périphrases de son maître, est enseveli dans la même église, 1l faut admettre probablement que la bâtisse est due à son initiative (4).

Enfin c’est sous le prince Pierre que fut commencé le nouvel édifice de l’évêché de Roman, et le château de Soroca, sur le Dniester, est de la même époque (5).

Au Mont-Athos, ce même prince avait fait, jusqu’en 1534, ainsi qu'on le verra, réparer le monastère de Protaton; on lui doit la réparation totale et les peintures du monastère de Saint-Denis, en 1547, le peintre étant Zorzi de Crète. On y montre encore une épitaphe à inscription slavone, daté de 1545, dans laquelle Chiajna est mentionnée avec Roxande, et :1l y avait aussi un épitrachile offert par lui et par Hélène. À côté de son gendre, Alexandre Läpusneanu, Pierre est figuré comme nouveau fondateur à Karakallou. Il est mentionné aussi

dans une inscription de la chapelle de l’Arsenal (6).

On peut avoir aujourd’hui des renseignements sur les auxihaires artistiques du prince moldave.

En fait d'architectes, si on a relevé des sigles latins, comme on en voit fréquemment en

1. N. Beldiceanu, dans l’Arhiva Societätii stiintifice si literare din Zasi, II, p. 522. Cf. nos Inscriptii, I, p. 74.

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