‹ Histoire de l'art roumain ancienChapitre 63 sur 207 · CI. M. H.R · texte numérisé non relu

CI. M. H.R

Aspect général de l'église de Saint-Georges à Botosani.

LS a

nant rénégat, son frère, Étienne, succombant sous lés coups des assassins, la princesse veuve elle-même étant bientôt tuée par ordre de son propre gendre, Alexandre Läpusneanu (1). C’est encore à Hélène que l’on doit, dans cette ville qui était sa propriété, l’église de la Dormition de la Vierge, en slavon: Ouspénia, qui est enfermée encore dans sa gaîne de mortier. Terminée en 1552, peu avant la mort d'Étienne susdit, elle porte encore une inscription au nom de « la fille du Despote Jean le Tzar ». L'église est du même type que Saint-Georges et, comme cette dernière église, ne conserve rien des vases et des tissus qui ont dû leur être donnés par la fondatrice. Car, suivant la tradition d’Étienne-le-Grand (2), Hélène initiait et

surveiilait des travaux de broderies dont on a encore des restes (3).

À Suceava même, cette princesse fit bâtir la petite église de la Résurrection. L’inscription, de 1551, consigne son caractère: elle a été construite spécialement pour commémorer l'époux défunt d'Hélène (4). L'édifice, après avoir été cédé aux Ruthènes unis, a été odieusement restauré à l’époque moderne.

C’est encore à cette époque intermédiaire que deux des prélats qui avaient été les conseillers de Pierre et d'Hélène, sous le rapport des arts et des lettres, le Métropolite Grégoire Rosca, puis son successeur Théophane, prirent l'initiative d'agrandir et d’orner l’église conventuelle de Voronet — le travail de peinture, commencé en 1547, devant durer jusqu’en 1550 (5). Les deux donateurs y séjournèrent jusqu’à la fin de leurs jours, en 1570 pour le premier, en 1574 pour l’autre (6). Cette peinture contient les beaux portraits d'Étienne et de sa famille (7). Continuée à trois reprises, elle recouvre tout l’intérieur et l'extérieur entier des murs; elle est d’une incomparable finesse et d’une richesse éblouissante. Il faut ajouter que dans le couvent, devenu Sous la surveillance des deux prélats une seconde Putna, les moines étaient en état de sculpter, de peindre et de dorer les belles travées transversales et qu’on doit à un d’entre eux

les stalles, datées de l’année 1577.

C’est sans doute sous l'influence de la fille de cette généreuse donatrice, Roxandre, qui, après avoir été l'épouse du prétendant Joldea, proclamé après le meurtre de son frère, dut se marier à Alexandre de Läpusna, que le travail artistique en relation avec l’Église orthodoxe fut continué en Moldavie. Läpusneanu commença par transformer l’église de Bistrita, non sans en agrandir le premier plan (1554) (8). C'est donc une bâtisse à quatre compartiments, dont la chambre des sépulcres; la porte qui mène du vestibule au narthex est ornée de profils gothiques s'appuyant sur une base artistiquement sculptée; l'inscription porte aussi la représentation des armes du pays. De l’ancienne peinture, qui a dû recouvrir aussi l'extérieur, il n’y

a des traces que dans la coupole; le reste a été transformé plus tard.

En 1558, lé nouveau Voévode ne pensait pas encore à une bâtisse propre, car 1l faisait

1. Cf. Al. Läpédatu et Ghica-Budesti dans le Bulletin, V, p. 49'et suiv. Cf. 1014, pp. 43-44.

2. Cf. nos /nscriptii, I, p. 219 et nos Séudi si documente, V, p. 651.

3- Voy., pour l’épitaphe donnée par Gabriel Trotuseanu, en 1516, Melchisédek, dans la Revista de Tocilescu, I, pp. 262-263; Dan, Putna.

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