SEYID EMIR HAYDER, FILS DE EMIR CHAH MURAD BI
Inscription de son cachet : « Le descendant de Djenghiz, le rejeton du Prophète, celui dont le rang égale le rang de Joseph, rhéritier de Maçoum Ghazy, Emir Hayder Padichâh. »
J'avais moi-même composé l'inscription suivante pour le sceau de ce prince, lorsque Aboul Feïz Khan fut tué sans laisser d'héritier. « Après que Aboul Feïz fut mis au nombre des martyrs, le trône brillant de la royauté devint le partage de Hayder. »
Behadir Khan Tourèh Nasr oullah est le lieutenant de son père à Boukhara. Son père lui témoigne une grande affection au détriment de Mehemmed Housseïn Tourèh. Il est d'un extérieur agi'éable et plein d'intelligence. Sa mère est esclave.
(1) La « Madras Government Gazette » de 1826 contient un long et intéressant arlicle sur Boukhara et Emir Hayder : ce travail dû à un musulman a été inséré dans les« Seleclions from the Asiatic journal and monthly reffister for British India and its dependendes, » Madras» Higginbotham et C^, 1875, pages 735 et suivantes.
Mirza Chems de Boukhara donne des détails curieux sur Tavénemenl de Emir Hayder. Histoire de Boukhara, Khoqand et Kachgar publiée, traduite et anno* tée par M. W. Grigoriew. Emir Hayder prit le titre de Padichâh. Son père s'était contenté de celui de Véiy oun ni'am, « celui qui dispense les j^ràces et les bienfaits. »
Abdallah Khan Tourèh ; sa mère est esclave.
Omer Khan Tourèh ; sa mère est esclave.
ZoubeÏT Tourèh.
Djihanguir Tourèh Sultan ; la mère de ce dernier est la fille d'un des khodjas du Djouïbar. Elle le porta quatre ans dans son sein ; il demeure avec sa mère dans la maison de son grand-père ; son père, Emir Hayder, ne Ta jamais vu et n'a aucune affection pour lui.
Mehemmed Housseïn Khan Tourèh est l'aîné des fils d'Emir Hayder ; il appartient par sa mère à la noblesse des Seyids ; c'est un prince plein de bonnes qualités et de bravoure ; sa générosité rappelle celle de Hatem ; il fait ses largesses sans ostentation; il donne à la fois cinq cents ou mille tillas à des gens de condition obscure. 11 témoigne peu de déférence à son père qui, de son côté, l'a éloigné de ses yeux. Emir Hayder lui a donné le gouvernement de Kerminèh, dont les revenus, s'élevant à dix mille tillas, ne suffisent pas à ses dépenses. Il est aimé par les paysans, par les ulémas et par tous les habitants de Boukhara. D'après l'opinion générale, il deviendra souverain, si Dieu lui accorde la vie : l'intelligence et le bonheur éclatent dans tous ses traits; il parcourt continuellement incognito le royaume à l'insu de son père ; il traite également bien les étrangers et les indigènes ; il est plein d'esprit et de moyens. Il témoigne la plus vive amitié aux personnes qui dans leurs voyages ont parcouru le monde •
Lorsque Chah Murad Bi, père d'Emir Hayder, fut atteint de la maladie à laquelle il succomba, le Qouch Begui Outkour, qui était à la tête de l'administration de Boukhara en quaUté de premier ministre et qui avait de l'amitié pour
Hayder, lui représenta que son fils était doué de toutes leî^ qualités viriles et d'un jugement sain ; qu'il était par sa mère le petit-fils d'Aboul Feïz Khan et que le trône devait lui appartenir. Chah Murad Bi le désigna donc pQur son successeur. Outl^our Soufy et Khodja Sadiq, chef des eunuques, expédièrent un courrier à Qarchy pour faire venir le prince.
Chah Murad était mort la nuit du vendredi : la nouvelle s'en répandit en ville le lendemain matin. Ses frères, Omer Bi, Mahmoud Bi (1) et Fazil Bi, instruits de cet événement, se firent suivre par une troupe de gens armés et se rendirent sur la place du Righistan, en face la grande porte du château de Boukhara. Ils s'y établirent, attendant une occasion favorable pour pénétrer dans l'intérieur. Le Qouch Begui et Khodja Sadiq, de leur côté, s'étaient assurés de la personne de quelques émirs qu'ils avaient fait enchamer, et, bien armés et ayant pourvu à tout, ils gardaient le château avec leurs gens.
Avant la prière du vendredi, Omer Bi attaqua la grande porte du château. Le toptchi bachi Mehemmed Emin, le qazhi oui qouzhat Mirza Fézil, donnèrent au peuple Tordre suivant : a Massacrez les rebelles qui viennent de s'insurger et pillez leurs maisons. » Les gens sans aveu qui s'étaient amassés pour assister au spectacle de ce qui allait se passer, entendant la bonne nouvelle du pillage, fondirent aussitôt sur la troupe d'Omer Bi; ils l'attaquèrent à coups de pierres et à coups de bâton. La supériorité du nombre leur assura l'avantage. Ils tuèrent sur la place quelques-uns des
(1) Le texte persan porte Mehçmmed ; il faut lire Mabmoi)d,
partisans d'Omer Bi qui prit la fuite. II n'eut pas le temps de retourner à sa demeure : suivi de quelques hommjes, il sortit par la porte de Samarqand et se dirigea du côté du Miankal.
La populace se rua sur les maisons des frères de Chah Murad Bi et, en une heure, elle les pilla et les mit à sac. On abattit, pour les voler, les colonnes en bois qui soutenaient les chambres, et quelques individus qui se trouvaient à rintérieur, perdirent la vie et remirent leurs âmes entre les mains du maître de l'enfer. On alla jusqu'à dépouiller de leurs vêtements et à laisser nus la femme et les enfants d'Omer Bi.
Le corps de Chah Murad Bi resta trois jours dans le palais.
Dans la nuit du mardi, Emir Hayder fît son entrée à Boukhara, accompagné d'une suite nombreuse et brillante ; le trouble et l'effervescence se calmèrent aussitôt. La musique joua au palais et le lendemain on enleva le cercueil de Chah Murad. Emir Hayder fît sur lui la prière des morts et il revint au palais, où il reçut le serment de fidélité.
Il confirma dans le poste de premier vézir OutkourQouch Begui et confia le gouvernement de Qarchy au fils de Outkour Qouch Begui, Mehemmed Hekim Bi qui avait été son lieutenant dans cette ville. Din Nacir Bi eut le gouvernement de Merv. Celui de Samarqand fut donné à Mehemmed Housseïn Bi, son frère aîné. Le qazhi Mirza Fézil fut comblé de cadeaux et de présents.
Omer Bi, Fazil Bi et Mahmoud Bi qui avaient pris la route de la plaine de Miankal, se rendirent maîtres des villes fortifiées de Pendjchenbèh et de Kettèh Qourghan. Keya Khodja, gouverneur de Kerminèh et Niaz Aly BekUzbek, se joigni-
rent à Orner Bi . Ils firent résonner le tambour de la rébellion.
Emir Seyid Hayder Chah, après avoir mis ordre aux affaires de la ville et de ses alentours, marcha contre eux à la tête d'une puissante armée. Les chefs pebelles, incapables de résister à un pareil déploiement de forces, se retirèrent chacun dans une place forte. Celle où s'étaient . réfugiés les oncles du roi fut bombardée et canonnée pendant plusieurs jours et à peu près ruinée. Pendant la nuit, Omer Bi et Fazil Bi, avec leurs enfants, s'échappèrent de la citadelle. Le malin, les soldats de Boukhara, informés de leur fuite se mirent à leur poursuite ; ils tuèrent ou firent prisonnier environ mille hommes de Cheheri Sebz. L'ordre fut donné de massacrer les prisonniers.
OmerBi et FaziIBi furent pris avec leurs enfants dans un village. Emir Hayder en reçut la nouvelle en route et ordonna de les mettre à mort. Khodja Keya parvint à s'échapper et à gagner Cheheri Sebz. Cette sédition fut ^nsi étouff'ée.
Mahmoud Bi, fils de Danial Bi, se réfugia à Khoqand et sa femme alla l'y rejoindre. Il y est encore aujourd'hui.
L'Emir Hayder, comblé des faveurs de la fortune, revint en triomphateur à Boukhara. Il se mit à répandre des largesses, à faire des générosités, et il pratiqua la justice et l'équité.
Vers. « L'Emir, conquérant du monde, se dirigea vers Boukhara, victorieux, favorisé par l'aide de Dieu et ayant vu tous ses désirs accomplis. Cette capitale fut choisie par lui pour y goûter le repos après les fatigues de celte expédition. L'arrivée de ce souverain rendit Boukhara semblable aux jardins et aux bosquets du paradis. Il se répandit en
BOUEHARA 157
dons, en largesses et en générosités, et les pauvres et les malheureux reçurent des sommes d'argent. »
Au bout de quelque temps Mehemmed Housseïn Bi, gouverneur de Samarqand (I), conçut la mauvaise pensée de faire cause commune avec les chefs de Cheheri Sebz et de Khoqand. Des personnesdévouées en avertirent Emir Hayder. La révolte n'avait pas eu le temps d'éclater, que Mehemmed Housseïn Bi fut arrêté à Samarqand et conduit à Boukhara. Il affirma sous serment que l'accusation portée contre lui était mensongère. Quoi qu'il en fût, l'Emir se montra clément ; il lui ordonna de vivre à l'écart et lui flxa une somme pour ses dépenses journalières afin qu'il n'eût aucune préoccupation matérielle : il devait aussi accompagner l'Emir dans toutes ses expéditions. Deux ou trois personnes attachées au service de Housseïn Bi furent mises à mort. Le gouvernement de Samarqand fut donné à Daoulet Qouch Begni, né à Ispahan et qui avait été un des serviteurs intimes d' Aboul Feïz Khan dont il avait toute confiance.
A cette époque, les soupçons de l'Emir se portQrent sur les enfants de Hadji Mehemmed Housseïn Khan et sur ceux de Kerim Khan et de Beïram Aly Khan de Merv. Cédant aux insinuations de gens pervers, l'Emir Hayder donna l'ordre de les arrêter et de les emprisonner ; cela ne lui suffît pas ; il se décida à les faire exécuter. Plus de treize personnes, parmi lesquelles les trois fils de Hadji Mehemmed Housseïn Khan, les trois fils de Mehemmed Kerim
(1) Le texte persan porte Boukhara, mais il faut Lire Samarqand.
Khan, le frère de Beïram Aly Khan, l'Emir Arslan Bek, nommé aussi Medhy Khan, fils de Beïram Aly Khan, et d'autres membres de leur famille furent conduites la nuit en dehors de la porte de Tlmam et là, égorgées comme des moutons (1). On donna en cadeau comme esclaves les femmes et les enfants en bas âge. On ne sut jamais quel avait été leur crime.
L'Emir appela auprès de lui Din Nacir Bek qui était à Merv. Celui-ci se rendit sans retard à Boukhara ; il y fut reçu avec toutes sortes de marques d'honneur et renvoyé dans son gouvernement. Mais quelque invitation qu'on lui adressât dans la suite, il ne voulut plus aller à Boukhara.
La frayeur que lui inspirait son frère le détermina à faire partir sa famille et il se rendit avec elle à Mechhed, accompagné d'un certain nombre d'habitants de Merv. Vély Mehemmed Mirza se porta à sa rencontre pour lui faire honneur; il lui assigna une belle résidence et des rations abondantes. Il fit parvenir à Téhéran, au Chah son père, la nouvelle de l'arrivée de Din Nacir Bek et il reçut Tordre de le faire partir pour la cour. Le roi de Perse lui accorda un rang parmi ses propres enfants et lui donna le nom de Emir Din Nacir Mirza. 11 lui accorda une pension digne d'un hôte de pareil rang et le renvoya à Mechhed, qui lui fut assigné pour résidence. Tous les ans, Din Nacir se rendait à Téhéran pour voir le Chah : il vivait tranquille
(1) La porte de l'Imam s'ouvre au nord de Boukhara. Elle doil son nom au tombeau de l'Imam Abou Abdallah Ahmed el Boukhary connu sous le nom de Ibn Abou Ilafs el Kebir. Il fut mufti de Boukhara et fut enterré en dehors de la ville, non loin de la porte à laquelle il a donné son nom.
H est Tatiteur d'un recueil de fetvas ou décisions juridiques et d'un (raité de jurisprudence appelé Fewatd,
et libre de tout souci. En 1233 (1818) il était à Mechhed; en 12i6 (i 829), il se rendit à Constantinople ; au bout d'un an, c'est-à-dire en 1246 (1830), il passa en Russie; il y est aujourd'hui.
Din Nacir est un homme d'une grande bravoure; il manie admirablement le sabre et il est archer consommé ; on dit qu'une flèche en bois de hêtre, décochée par lui, traverse une plaque de fer. •
Emir Hayder conduisit une armée contre Ouratèpèh. Le gouverneur de cette ville se porta à sa rencontre avec de riches présents. Après quelques discussions, il fut livré à un individu qui avait à réclamer de lui le prix du sang et qui le mit à mort. Cette action fut généralement désapprouvée.
Qabil Bek, fils d'Outkour Qouch Begui, fut nommé gouverneurd'Ouratèpèh. Les payss'étendantjusque près de Khodjend et Tachkend furent placés sous l'autorité deBoukhara.
Emir Hayder épousa la fille du prince de Cheheri Sebz dans cette même année 1219 (1804).
Mir Ala oud Din fut désigné pour être ambassadeur auprès de l'empereur de Russie. L'ambassadeur me choisit pour intendant, moi, Mir Abdoul Kérim, auteur de cet ouvrage. Nous partîmes pour la Russie ; nous restâmes neuf mois à Pétersbourg où nous vîmes des merveilles, et où nous eûmes tous les sujets de satisfaction et de plaisir. De Pétersbourg nous allâmes à Moscou, puis à Astrakan, où nous nous arrêtâmes pendant huit mois. Nous nous rendîmes ensuite au Kharezm, à Khiva et à Ourguendj.
C'était au commencement du règne de lltouzer, fils de Yvaz Inâq, de la tribu uzbek de Qounghourat. Ce prince fai-
sait acte de souverain indépendant, levait des troupes, rassemblait des armes et des approvisionnements pour entreprendre une expédition contre Boukhara. Nous parvînmes à nous échapper de ses mains et nous nous dirigeâmes vers Boukhara.
Nous racontâmes ce que nous avions vu et nous fîmes part des projets d'iltouzer à Mehemmed Hekim Bi, fils de Outkour Qouch Begui qui avait été gouverneur de Qarchy. C/était un homme expérimenté, intelligent, digne de toute confiance et animé des meilleures intentions. L'Émir l'avait fait revenir de Qarchy et l'avait nommé son ministre après avoir destitué son père. « Préoccupez-vous, lui dîmes-nous, de la conduite d'Iltouzer, il est enivré d'orgueil et il rassemble des troupes; il a l'intention de venir ravager les environs de Boukhara. 11 nourrit la pensée de poser la couronne sur sa tête et de s'asseoir sur le trône; il veut battre monnaie et faire prononcer la khoutbèh à son nom. Il est semblable à la chauve-souris qui voyant, la nuit, l'espace déserté par les oiseaux, s'imagine que ceux-ci lui sont inférieurs, voltige librement de tous côtés, et se livre à ses rapines sans être inquiétée. Lorsque la lueur du matin vient à paraître, elle se retire tranquillement dans une retraite obscure où elle cache son corps hideux et tremblant.
Vers. c< Lorsque la forêt est abandonnée par le lion, on y voit errer le chien et cent renards abjects. Un proverbe dit que lorsque la destinée a marqué l'heure de la mort du gibier, celui- ci court du côté du chasseur endormi dans un coin. En vérité, un moucheron peut-il avoir la puissance de se présenter devant un gigantesque éléphant pour le combattre? Il (Iltouzer Khan) ne peut aspirer à la royauté, ni
rang des Khosroés, il ne peut dépasser du pied le bord de son grossier tapis. Une faut pas que ceKharezmien brutal elturbulentpuisse devenirun roi, unKhosroësbrillantdemajesté.»
Je donnai à Mehemmed Hekim Bi tous les détails sur la conduite, les actes et les projets de lltouzer. Le ministre en fit part à l'Emir, qui se borna à répondre : « 11 n'aura pas l'audace de se lancer dans une si grave entreprise, » et il ne prêta point attention à ce qui lui avait été exposé.
Un mois s'était écoulé depuis notre retour de Khiva, quand lltouzer Khan fit une incursion et ravagea les environs de Boukhara; il enleva plus de cinquante mille moulons et quelques milliers de chameaux. L'Emir se réveilla alors du sommeil de lièvre dans lequel il était plongé. On reconnut la vérité des renseignements que j'avais donnés. On s'occupa de rassembler des troupes, mais, dans un court espace de temps, lltouzer ravagea plusieurs fois les environs de Boukhara. La ville était en proie au trouble et au désordre. A la fin, l'Emir se fâcha et dit à ses ministres : a C'est notre longanimité qui a enhardi ce Khivien éhonté. »
Vers, f Mon rival a le caractère du chien, et je veux ftiir son approche ; j'ignorais que plus on s'éloigne du chien, plus son audace augmente. »
« Il faut , ajouta-t-il, qu'à la tête de soldats éprouvés vous marchiez sur Ourguendj et que vous infligiez un châtiment exemplaire à ce fauteur de rébellion. »
Mehemmed Niaz Bi fut chargé de rassembler mie armée formée de soldats d'élite, semblables à Hustem, d'une valeur éprouvée et exercés au maniement des armes. Il se mit en marche à la tête de trente mille Uzbek pour envahir le pays de Khiva.
Une distance de sîx journées de marche sépare Khiva de la frontière de Boukhara; cet espace est un désert stérile. Une roule longe le Djihoun qui est éloigné d'une journée de marche de Boukhara. La route côtoie le fleuve ; la partie cultivée du Kharezm est en amont et Boukhara est en aval. A une demi-journée d'Ourguendj, le Djihoun fait un coude et se dirige vers le nord, dans la partie du khanat de Khiva qui avoisine la Russie et que Ton désigne sous le nom de Dechti Qiptchaq. C'est là que vivent les Qaraqalpaq et les Qazaq (1). Au bout de deux jours de marche le fleuve se convertît en mer. Du côté de rOrient, le Sihoun coule au milieu du Dechti Qiptchaq et tombe dans cette mer dont la longueur est de quatre ou cinq journées de marche et la largeur delà même étendue. Il y a, au milieu de cette mer, une terre que Ton appelle rile d'Aral (2), habitée par dix mille familles uzbek qui se nourrissent de poisson. La circonférence de la mer d'Aral est de dix journées de marche; on y trouve des tribus qui vivent sous la tente, les unes sont des Qaraqalpaq et les autres des Qazaq . L'eau de cette mer est salée, et on ne sait où elle s'écoule. Quelques personnes prétendent qu'il existe
(1) Les Qaraqalpaq ont été établis par les khans de Khiva sur les bords du lac d'Aral et près des villes de Qounghourat et de Qiptchaq. Ils habitent un territoire couvert de bois, lisse livrent à la poche et à l'élevage du bétail : ils sont gouvernés par leurs chefs de tribus et ils parlent un dialecte turc qui leur est particulier.
M. de Levchine a publié sur les Qazaq un ouvrage dans lequel le lecteur trouvera les détails les plus complets sur ce peuple.
Description des hordes et des steppes des Kirghiz Kazaks, par Alexis de Levchine, traduite du russe par Ferry de Pigny. Paris, Imprimerie royale, 1840.
(2) Aral en turc oriental signifie, île, presqu'île. Cf. la notice que Bûmes à donnée sur la mer d'Aral dans son Voyage en Boukharie, tome III, p. 145 et suivantes.
un canal souterrain nommé Qaldirim (1), par lequel la mer d'Aral se déverse dans la mer d'Aslrakan. Dieu est celui qui sait le mieux la vérité des choses.
La distance qui sépare la mer d'Aral de la mer Caspienne est de dix journées de marche. Catherine, qui était une femme et impératrice de Russie, voulut joindre ces deux mers pour permettre aux navires de se rendre de la mer Caspienne dans la mer d'Aral; elle voulait de là faire passer de petits bâtiments à Ourguendj, à Boukhara et les faire remonter jusqu'à Balkh ; la mort ne lui permit point de réaliser ce projet. En vérité, on pouvait le mener à bonne fin, car on ne rencontre point de montagnes et la route est unie. Un souverain puissant pourrait achever cette entreprise en une année.
Revenons à l'expédition de l'armée de Boukhara contre Iltouzer Khan.
Quand Iltouzer apprit que l'armée de Boukhara marchait contre lui, il manifesta une grande joie. Il arma douze mille cavaliers des tribus de Tekèh, Yomout, Salor, Tchoudour, Emir Aly, Bouzedjy, Uzbek, Qounghourat, Qanghaly, Manguit et autres (2). Il côtoya le Djihoun. Des troupes de Bou-
M. L. Hagues a» dans une thèse présentée à la Faculté des lettres de l'Université royale de Turin, réuni tous les documents historiques et géographiques relatifs au lac d*Âral. Il lagodiAraL DUsertazione delV ingegnere LuigiHu^ gués. Torino, 1874.
(1) Qaldirim en turc désigne une chaussée pavée ou empierrée.
(2) La tribu turkomane des Tekèh compte environ 30,000 obas ou tentes ; elle est établie autour d'Arkach.
Une fraction de cette tribu est fixée dans le canton de Merv, sur les bords du Mourgh^.
Les Yomout comptent 40,000 familles. Ils habitent principalement les bords de l'Etrek et du Gourgan. ^ *
khara avaient passé le fleuve et s'en étaient éloignées dune journée de marche; elles pillèrent quelques villages et les corps restés en arrière rejoignaient le gros de Tarmée. Iltouzer envoya deux mille cavaliers pour leur barrer le chemin. Le fils du Dàd khàh de Boukhara, à la tête de cinq cents cavaliers, rencontra les Turkomans (1). Hors d'état de leur résister, il fut fait prisonnier avec toute sa troupe et conduit à Iltouzer Khan. A ce moment-là, Iltouzer Khan avec quatre mille fantassins et cavaliers, avait passé le Djihoun et établi, sur la route de Boukhara, son camp protégé par quelques travaux de défense. Lorsque les prisonniers lui furent amenés, on les attacha, les mains liées et la corde au cou, à la porte des tentes du khan.
L'armée de Boukhara ne tarda pas à apprendre qu'on lui avait coupé la retraite et que le fils du Dâd khâh de Boukhara avait été fait prisonnier avec sa troupe. Cette nouvelle la troubla, car elle se vit des deux côtés près de Tabîme de la destruction. En effet, il n'y avait point d'autre route
Les Salor résident dans le Saras, pays situé à Test des plaines où se trouvent les Tekèh. Le nombre des Salor s'élève à 4,000 familles.
Les Tchoudour, 8,000 familles, campentMans les environs de Manghichlaq et de Khiva.
La tribu d'Emir Aly est une fraction de celle des Tchouigouin, qui habitent les bords du Gourgan.
Les Bouzedjy sont établis dans le pays de Oouban, au nord-ouest des Abdal qui habitent Qaragan.
Les QouDghourat, les Qanghaly et les Manguit sont des tribus uzbek de la Khivie.
(1) Selon M. de Meyendorff, le mot dad khâh désigne une chaîne militaire qu'il assimile à celle de général de division. Le dad khâh est le supérieur du qourghan begui ou général de brigade, et il a au-dessus de lui le pervanôhdji ou général en chef.
Voyage à B(mkhara, p. 271.
pour retourner à Boukhara ; si Tarmée s'éloignait du fleuve elle s'enfonçait dans un désert dépourvu d'eau jusqu'à Boukhara et pas un homme ne pouvait échapper vivant ; si elle voulait retourner par le chemin qu'elle avait pris, elle rencontrait Iltouzer Khan, maître de la route.
Le général et tous les officiers tinrent conseil. « Fuir, dirent-ils, est une honte; comment pourrons-nous nous présenter déshonorés devant l'Emir Hayder? Il est préférable de mettre notre confiance en Dieu et d'attaquer tous à la fois les ouvrages, les tentes et les bagages de l'ennemi. Si nous sommes tués, nous succomberons courageusement; si le Dieu très-haut nous accorde son aide et la victoire, ce sera pour la gloire et pour le bonheur de l'Emir. » Bref, ils s'en tinrent à cette résolution. Ils fondirent en masse sur l'armée d'iltouzer et dispersèrent les avant-postes (|ui ne purent soutenir leur choc.
Les éclaireurs d'Iltouzer vinrent lui annoncer que l'armée de Boukhara était arrivée et que ses troupes n'avaient pu résister à son attaque. Ils lui conseillèrent de repasser le fleuve. La fatalité s'était attachée à lui, il ne voulut donc point écouter l'avis sensé qu'on lui donnait. Ses soldats se replièrent en désordre ; les uns étaient blessés, les autres démontés. La poussière des combattants s'éieva jusqu'au ciel, le bruit de la fusillade et les cris des guerriers a^ sourdirent les oreilles du firmament. Tous ceux qui arrivaient se précipitaient dans le fleuve sans écouter les exhortations d'Iltouzer.
Vers. c< Dans ce vaste désert, les sabots des chevaux ont réduit à six les zones de la terre et porté à huit celles du firmament : de tous côtés s'élevaient les éclats de la
trompette et les clameurs s'échappaient de la large poitrine des héros. »
Ilfouzer vit que ses affaires prenaient une mauvaise tournure, que la fortune se détournait de lui, et que Tennemi arrivait sur lui. Il se dirigea vers le fleuve et se jeta dans un bateau. Dans leur effroi, tous ceux qui le suivaient s'y précipitèrent. Iltouzer en repoussa, mais inutilement, quelquesuns à coups de sabre. A la fin, le bateau sombra et Iltouzer se noya avec quelques-uns de ses officiers, et parmi eux Qilidj Kemer Dikidjy et autres. La plupart de ses soldats périrent, dans les flots (i ) .
Son frère Mehemmed Rehim Khan, qui gouverne aujourd'hui Khiva, s'élança dans le fleuve avec son cheval et parvint à s'échapper sain et sauf. Deux autres de ses frères, Hassan Murad Bek et Djan Murad Bek furent tués ; son frère aîné Qoutly Murad Bek fut fait prisonnier.
Mille personnages de distinction tombèrent aux mains des Boukhariotes, qui pillèrent le trésor et les tentes et s'emparèrent d'un tough (queue de cheval) qui servait de drapeau; la hampe était couverte d'or et avait coûté mille misqals d'or. L'armée de Boukhara campa sur le champ de bataille et. le lendemain matin elle reçut des approvisionnements de Ourguendj et des cantons voisins.
La nouvelle de la victoire fut portée à Boukhara; celui qui en était porteur reçut une gratification de mille tillas. L'Emir Hayder donna l'ordre aux troupes de rentrer en amenant les prisonniers. « Maintenant, dit-il, le royaume de Khiva nous appartient. » Les troupes revinrent donc
(1} Pioizer perdit la vio en l'année 1221 de rilégire (1806).
avec les captifs ; on leur enleva des mams et du cou les chaînes dont ils étaient chargés et on les fit paraître en présence de TEmir. Celui-ci leur accorda leur pardon ; il fit revêtir d'un habit d'honneur Qoully Murad Bek et il lui témoigna des égards particuliers. Les personnages notables reçurent, chacun selon son rang, un vêtement, et un officier fut chargé de pourvoir à leur subsistance. Qoutly Murad Bek affirma par serment sa fidélité : « Je suis, dit-il à TEmir, votre chien, votre esclave ; je suis entièrement soumis à vos ordres. » Au bout d'une semaine, la liberté fut rendue à tous les prisonniers.
Qoutly Murad Bek reçut la dignité d'inâq et fut nommé gouverneur de Khiva. Tous les Khiviens partirent de Boukhara. Avant l'arrivée de Qoutly Murad à Khiva la population avait élevé à la dignité de khan Mehemmed Rehim, qui avait pris la place de Iltouzer.
Qoutly Murad donna soïi assentiment à l'élévation de son frère puîné. « Je me suis lié, dit-il, vis-à-vis du souverain de Boukhara par un pacte et par un serment ; mais je ne prétends pas exercer le pouvoir. Soyez khan, je serai inâq. » Les deux frères firent leur accommodement en secret. Ensuite Qoutly Murad Bek écrivit à l'Emir Hayder une lettre ainsi conçue : « Avant mon arrivée, les sujets, les religieux et les grands avaient élevé à la dignité de khan mon frère Mehemmed Rehim ; ils n'ont fait aucun cas de ma personne ; j'ai dû forcément accepter ce fait. Mes engagements vis-à-vis de vous subsistent; que puis-je faire? Il n'y a aucun moyen de se conduire autrement. Vous agréerez sans doute mon excuse, et vous tiendrez pour véridique ce que je vous mande. »
168 ^ BOLKHAKA
L'Emir Hayder Chah ne s'ingéra par la suite en aucune façon dans les affaires de Khiva. Il y eut entre les deux États une paix hypocrite, Mehemmed Rehim Khan fît frapper la monnaie et réciter la koutbèh en son nom. La monnaie d'or portait pour légende : « Frappée à Khiva, résidence de la royauté : Mehemmed Rehim Behadir. »
Voici quelques vers qui ont été composés à la louange de l'Emir Hayder, à l'occasion de la défaite de l'armée du Kharezm :
Vers. « Hayder, dont l'origine remonte à Hayder (Aly), est un sage souverain, un Khosroés qui voit réussir tous ses desseins et dont la bonne renommée remplit la terre. Que les astres propices favorisent ses désirs! »
« Cet Emir est le conquérant du monde : il a la majesté (le Darius ; il descend de Djenghiz qui a dominé l'univers. I^es siècles conserveront son souvenir comme celui d'un héros qui a eu les vertus de Rustem. Il est généreux, libéral, plein d'honneur et de dignité, il réunit tous les mérites et se fait distinguer par son éloquence. Ses actes conquièrent l'approbation des peuples, car ils sont dictés par un jugement semblable à celui d'un vieillard plein d'expérience et sa fortune est vigoureuse comme un jeune homme. Son équité, son humanité ont tellement fait fleurir la justice qu'une fourmi n'a à se plaindre des mauvais traitements de personne. 11 est plein de compassion, savant, prudent et ses hautes qualités lui font supporter le fardeau de Joseph. Le monde jusqu'à ses dernières limites a été subjugué par lui et sa renommée parvient jusqu'à l'empereur de la Chine. »
« Lorsqu'il s'est décidé à combattre ses ennemis il a
dirigé ses troupes du côté du Kharezm. Quand les guerriers eurent aligné leurs rangs, les plus braves lancèrent leurs flèches et déchargèrent leurs fusils. Un seul choc suffît pour rompre les rangs de l'ennemi. La plus grande partie de ses soldats fut engloutie dans le fleuve de l'anéantissement. Les Kharezmiens, en nombre incalculable, furent mis à mort. Les tètes des rebelles reçurent les embrassements du gibet. C'est ainsi que les tyrans reçoivent la récompense de leurs actions et de leur conduite détestables. Le prince au cœur de lion, maître du trône et de la couronne, leva dans le Kharezm les taxes et les impôts. »
En résumé, il n'y a aucune sympathie entre Ourghendj et Boukhara. Quelquefois Mehemmed Rehim Khan donne Tordre aux Turkomans de piller les caravanes de Boukhara. Telle est la situation en l'année i233 (1818).
Emir Hayder poursuit toujours ses études de science, il s'occupe de pratiques pieuses et il a le caractère d'un moUa. Il n'a point les goûts belliqueux; il aime beaucoup les femmes, il en a certainement épousé cent. 11 a toujours quatre femmes légitimes; lorsqu'il veut en épouser une nouvelle, il fait prononcer le divorce irrévocable avec l'une d'elles, et il lui accorde une maison et une pension en rapport avec sa condition. Cette conduite est désapprouvée par la population. Tous les mois, il voit une jeune vierge, soit comme esclave, soit comme épouse légitime. Il marie les esclaves dont il n'a point eu d'enfants, soit à des moUas, soit à des militaires. Tous les jours il donne des leçons sur chacmie des branches des sciences, et le nombre de ses disciples s'élève à cinq cents.
Son vézir est actuellement Mehemmed Hekim Qouch
Begui. C'est un homme intelligent, plein de bonnes qualités, généreux comme Hatem, austère et doué d'une grande droiture. Le pouvoir de l'Emir Hayder est purement nominal. L'expédition des affaires est tout entière dans les mains du vézir. Dans l'administration, personne ne se permet la moindre violence ni la moindre injustice. Le nombre des soldats touchant une solde régulière est de douze mille ; mais, en cas de nécessité, on peut lever cinquante ou soixante mille hommes. La guerre a éclaté une fois entre Boukhara et la principauté de Khoqand. Les Khoqandy ont été battus. La paix règne aujourd'hui entre les deux pays. L'Emir Hayder est aussi en paix et en bonnes relations avec le souverain de Kaboul.
Il a épousé les filles des princes qui avoisinent ses Etats. Il a eu pour femme la fille de Zéman Chah, fils de Timour Chah, lorsque ce prince est venu à Boukhara. Il a épousé également la fille du gouverneur de Hissar, SeyidBi Uzbek, de la tribu de Yuz, la fille du gouverneur de Cheheri Sebz, Mehemmed Sadiq Bi, et d'autres encore.
Il est sur le trône depuis dix-sept ans, et il a réussi à ruiner et à anéantir peu à peu ses ennemis. Son règne est celui des ulémas et des religieux (1).
Il a, sous sa domination, les villes de Boukhara, Tchardjou, Kerki, Aqfchèh, Khazar, Tirmiz (2), Hissar, Qarchy, Tchiraghtchi, Kerminèh, Pendjchenbèh, Ketlèh-Qourghan,
(1) Emir Hayder est mort en 1242 '^182bj et a eu pour 8Ucce^8ou^ son second fils Nasr Oullah Behndir Khan qui n^gna jusqu'en 1860.
(2) La ville de Tirmiz est situi^ au sud de B lïs^un au bord du Djihoun. Elle est la patrie du poète Edib Sabir qui fut précipité dans le Djihoun pir El9iz. en Tannée 546 (1 151). On visite à Tirmiz le tombeau de Khodja Abdoul Hekim Tirmizy.
Mervi Chahidjan, Zeman Abâd, Islam Abâd, Emir Abâd, le Miankal, Samarqand, Djizaq, Ouratèpèh (1), Turkestan, le canton de Merv, Cheheri Sebz, Douâbèh et sept départements qui renferment des bourgs et des villages : Qarakoul, Laklaka, Khaïrabâd, Abkend, Ghoudjevân, Khargouch, Zendeny.
Il y a aux environs de Boukhara beaucoup de tribus nomades : Arabes, Turkomans, Uzbek, Qaraqalpaq, Qounghourat, vivant sous la tente. Elles habitent la rive du Djihoun sur laquelle se trouve Tchardjou.
Les Turkomans sont établis tout le long du fleuve sur un parcours de quatre ou cinq journées de marche. Voici les noms des tribus turkomanes : les Ersary, la tribu des Sariq, celle des Baqah,Salour,Tekèh, EmirAly, Tchoudour, Khidiry, Manguit.
Les tribus arabes sont celles des Khouzeîmèh, des Beni- Temim, des Beni-Zeïd, et d'autres que Ton ne peut dénombrer.
Dans le Miankal et du côté de Samarqand, on peut dire
(1) La ville de Ouratèpèh est située à neuf étapes de Boukhard, el son territoire confine à celui de Djizaq : elle s'élève entre deux collines et est entourée de fortifications en terre. En l'année 1222 de l'Hégire (1807), Khodja Mahmoud Khan descendant de Khodja Ahrar et par sa mère d'Aboul FeTz, kh§n de Boukhara, gouvernait Ouratèpèh et son territoire. Son oncle maternel, Khouda Yar Bi, Uzbek de la tribu de Yuz avait été le mettre indépendant de Ouratèpèh. A sa mort, la ville et son torriloire furent annexés à Boukhara.
Alim Khan, khan de Khoqand» s'en empara et y laissa une faible garnison. Mahmoud Khan attaqua la ville, s'en rendit maître et se reconnut vassal de Boukhara. Sa qualité de neveu de Khouda Yar Bi et de membre de la famille de Ahrar lui valut Tappui d<s Uzbek. Alim Khan ne put reprendre Ouratèpèh. Mahmoud Kban était en réalité, un chef indépendant, bien que la monnaie fût frappée et la khoutbèh recitée au nom du souverain de Boukhara. Meer Yzzut Qollah, Travels, pages 54-55,
que le nombre des nomades égale celui des habitants des villes.
Depuis Boukhara jusqu'à Samarqand et jusqu'à Djizaq et Ouratèpèh, il y a une succession de villages, de bourgs et de campements de tribus.
Tableau des distances qui séparent les différentes villes.
Entre Boukhara et Ourguendj, il y a 50 fersakhs; entre Ourguendj et la Russie, il y a 40 étapes; entre Ourguendj et la Perse, 20 étapes; de Ourguendj à Merv, 60 fersakhs.
De Boukhara à Cheheri Sebz, 40 fersakhs; de Boukhara à Samarqand, 40 fersakhs; de Boukhara à Balkh, 40 fersakhs; entre Cheheri Sebz et Samarqand, 30 fersakhs.
Entre Khoqand et Kachgar, il y a 20 jours de marche ; entre Kachgar et Yarkend, 10 étapes; entre Yarkend et le Tibet, 20 étapes; du Tibet à Kachmir, 15 étapes.
De Samarqand à Tachkend, 30 fersakhs.
De Boukhara à Orenbourg, sur la frontière de Russie, oO étapes; d'Orenbourg à Qazan des Tatars, 80 fersakhs; de Qazan à Moscou, 90 fersakhs; de Moscou à Pétersbourg, 90 fersakhs. La distance qui sépare Moscou d'Astrakan est de 70 fersakhs. De Moscou à la frontière de Bessarabie, \ 70 fersakhs; de la Bessarabie jusqu'au Pruth, qui coule en Moldavie, 20 fersakhs: de Moscou jusqu'à la Crimée, 1 80 fersakhs. De la Bessarabie jusqu'à Orenbourg, d'où l'on va à Boukhara, 320 fersakhs; d'Orenbourg jusqu'à Boukhara, 220 fersakhs ; de Boukhara à Kachgar, 220 fersakhs.
De Boukhara à Endkhou, 40 fersakhs, de Endkhou à Hérâl, 60; de Endkhou à Balkh, 30; de Endkhou à Merv, 40; de Constantinople à Erzeroum, 35 étapes; d'Erzeroum à Téhéran, 25 étapes; de Téhéran à Mechhed, 25 étapes, et de Mechhed à Boukhara, 25 étapes.
^i^^iPi^^ii^9È&