LE PRINCE QAISSER, FILS DE ZEMAN CHAH, FILS DE TIMOUR CHAH
Lorsque Hérât fut enlevé au prince Mahmoud, Qaïsser s'y établit; Zéman Khan FoulfoulZey fut sonvézir. Il resta quelques années dans cette ville ; lorsque le prince Mahmoud, dans sa révolte, s'empara de Qandahâr et fit prisonnier le père de Qaïsser, celui-ci s'enfuit de Hérât et gagna Mechhed avec sa famille et ses éléphants : Qilidj Khan l'accompagna. Il se réfugia auprès de Feth Aly Chah Qadjar. Qilidj Khan et ses gens s'établirent à Tourbet et à Khaf, et jusqu'auprès de Mechhed ; le prince Qaïsser alla trouver le Chah. Au bout de quelque temps, on apprit que Mahmoud avait élé fait prisonnier à Kaboul et que Chah Choudja oncle paternel de Qaïsser était devenu roi. Qaïsser demanda au chah de Perse la permission de partir et il se dirigea vers Kaboul par la route de Qaïn. Chah Choudja le reçut affectueusement.
Quelque temps après, il se révolta contre son oncle et fut fait prisonnier; Chah Choudja en eut compassion et rejeta cette faute sur sa grande jeunesse. Mahmoud s'échappa ensuite du qafès de Kaboul où il était renfermé, et il leva des troupes avec l'aide de Fethy Khan fils de Payendèh Khan. Chah Choudja, n'ayant pu lui résister s'enfuit à Pichâver. L'empire de Kaboul retomba entre les mains de Mahmoud ; Qaïsser fut fait prisonnier et mis à mort par le
fils de Mahmoud, le prince Kamran. Jamais le temps n'avait donné naissance à un prince aussi accompli.
Le prince Hayder, fils de Zéman Chah, était gouverneur de Qandahâr sous le règne de son père. Il se mit en état de rébellion contre le prince Houmayoun, son oncle; mais il reçut un coup de sabre en plein visage et il fut fait prisonnier. Lorsque son père, venant de Kaboul, arriva à (jandahâr, Iloumayoun s'enfuit et se dirigea du côté de Moultan; le prince Hayder redevint gouverneur de la ville; mais lorsque le prince Mahmoud, accompagné de Felhy Khan, vint l'attaquer, il ne put la défendre et il s'enfuit auprès de son père, avec Mir Aly Khan grand écuyer. Zéman Chah le laissa dans Pichâver auprès de Chah Choudja, lorsqu'il tomba dans les fers. Hayder se rendit à Atek avec Chah Choudja ; durant le règne de celui-ci, il resta à Kaboul. Lorsque Mahmoud expulsa Chah Choudja de Kaboul, Hayder l'accompagna; ils errèrent quelque temps dans divers pays, et enfin ils se rendirent tous les deux dans l'Hindoustan auprès des Anglais; ils s'y trouvent actuellement.
Le prince Mançour, fils de Zéman Chah, mourut de mort naturelle.
Le prince Nacir, fils de Zéman Chah, fit le pèlerinage de la Mecque avec son père, en 1233 (1818).
Légende rhythmée du sceau de Chekour Khan y frère de Zéman Khan : « Chekour se distingue du milieu de ses amis par la faveur de Mahmoud dont il est l'Ayaz (1). ^
(1; Ayaz étail le favori du célèbre Mahmoud le Ghaznévide.
Ce personnage était le kiaya (intendant)' du prince Mahmoud.
Voici les événements qu'il nous reste à raconter. Lorsque le gouvernement d'Hérât eut été remis aux mains de Zéman Khan et de Qilidj Khan, Zéman Chah partit pour Kaboul avec son ministre.
Quelque temps après, Feth Aly Chah envoya une armée dans le Khorassan pour soutenir le prince Mahmoud, et il se rendit de sa personne à Mechhedi Thous. Zéman Chah partit alors de Kaboul pour Héràt avec une armée composée de soldats aguerris et il demanda en outre des secours à Chah Mourad Beg vâly de Boukhara. Celui-ci se dirigea de Boukhara sur Mervi Chahidjan avec vingt mille Uzbeks avides de combats. Feth Aly Chah voyant s'avancer contre lui un ennemi formidable, demeura irrésolu; on dit que, dans cette circonstance, Bahmet ouUah Khan vézir de Zéman Chah envoya secrètement des présents à Hadji Mirza Ibrahim Khan Chirâzy, vézir du prince de la dynastie desQadjars; mais, en tout cas, que le fait soit vrai ou faux, Feth Aly Chah demanda la paix ; elle fut conclue et Chah Murad s'en retourna de Merv à Boukhara; quant à Zéman Chah, il reprit la route de Qandahâr.
Le vézir Bahmet ouUah nourrissait du ressentiment contre Zéman Khan Ueutenant du prince Qaïsser à Héràt : il le fît destituer et rappeler à la cour et il nomma lieutenant et directeur des affaires de Qaïsser, Mir Efzhel Khan, fils de Meded Khan Ishaq Zey ; puis il partit avec le roi pour Qandahâr; arrivés dans cette ville, ils y resfèrent quelque temps.
Rahmel oullah avait conçu le désir de devenir lui-même souverain; il préparait et disposait peu à peu tous les moyens nécessaires pour atteindre ce but; seulement, la crainte que lui inspiraient quelques émirs dévoués à Zéman Chah l'empêchait de dévoiler ses projets; il songea à faire naître dans Tesprit du roi des préventions contre ces émirs, afin de pouvoir les faire mettre à mort. 11 aurait ainsi affaibli le pouvoir de Zéman Chah et avancé ses propres affaires. Plein de cette pensée, il ne cessait, nuit et jour, de faire au roi des insinuations diaboliques : a Ces émirs lui disait-il, sont les ennemis de votre empire; les lettres adressées au prince Mahmoud, ce sont eux qui les ont écrites; ce sont eux encore qui ont encouragé Feth Aly Chah et provoqué la guerre ; il est nécessaire que nous les fassions disparaître du milieu de nous. » La fortune de Zéman Chah inclinant vers la ruine, les discours de ce ministre firent impression sur son esprit; il s'imagina que ces personnages, ses partisans dévoués, étaient ses ennemis; il consentit à leur exécution. Le vézir prit alors ses dispositions pour arrêter en un seul jour quatorze émirs ; Payendèh KhanBàrikZey, général illustre, chef d'une tribu qui comptait soixante mille familles, et qui, de plus, avait contribué par ses efforts à placer Zéman Chah sur le trône, fut saisi par son ordre. 11 avait vingt-deux fils, dont l'aîné se nommait Fethy Khan; ce jour-là, Fethy Khan et ses frères s'enfuirent de Qandahàr et se rendirent d'une seule traite en Perse, auprès du prince Mahmoud.
Lorsque tous les émirs furent dans les fers, il y eut quelques jours d'attente et de répit; Zéman Chah était
soucieux et préoccupé ; mais le vézir, ne lui laissa pas le loisir de revenir sur sa décision : tous les émirs lui furent livrés, et il leur fit à tous trancher la tête.
Voici les noms de ces quatorze émirs : Payendèh Khan Barik Zey, Hukoumet Khan, gouverneur de Balkh, son fils; Rehim Dad Khan, Qamar oud Din Khan, Émir Arslân Khan, Djafer Khan, Cheker Khan Djendâvoul, le fils de Mir Hézar Khan Alikou Zey, Mehemmed Azhim Khan; Zéman Khan, Zebed Bey Alikou Zey, Rehim Khan Nour Zey, Ahmed Khan Pany.
Ces exécutions causèrent de l'agitation dans Tarmée de Zéman Chah; le vézir, rempli de crainte, quitta Qandahâr et se rendit à Kaboul avec le roi ; le prince Hayder et le directeur des affaires intérieures Mir Aly Khan, grand écuyer, furent laissés à Qandahâr.
A rapproche de l'hiver, Zéman Chah, accompagné par Chah Choudjâ et suivi de Tarmée, se transporta à Pichâver, parce que le froid est très-rude à Kaboul ; Chir Mehemmed Khan fils de Chah Vély Khan, l'ancien vézir d'Ahmed Chah, resta dans cette dernière ville comme gouverneur. Mais le respect de l'autorité de Zéman Chah s'affaiblissait dans . le cœur du peuple ; sa puissance perdait son éclat et déclinait ; chaque .jour elle s'amoindrissait davantage. On resta tout l'hiver à Pichàver, jusqu'à ce qu'on apprit l'arrivée, près de Qandahâr, du prince Mahmoud qui s'était rendu aux suggestions de Fethy Khan, fils de Payendèh Khan. Mir Aly Khan grand écuyer fut battu. Assiégé dans Qandahâr, il écrivit au vézir et à Zéman Chah pour leur annoncer l'arrivée du prince Mahmoud et celle de Fethy Khan. Le vézir différa pendant trois mois d'informer le roi
de la situation des affaires ; il en résulta que, pendant deux mois encore, Mir Aly Khan écrivit des lettres au roi ; mais aucun secours ne lui parvenant, les forces du prince Mahmoud augmentèrent de jour en jour . L'assaut fut donné à la ville, qui succomba. Mir Aly Khan et le prince Hayder s'enfuirent à Pichâver auprès de Zéman Chah. Ils lui exposèrent la situation. Le roi en fut profondément attristé ; il reconnut que le meurtre des émirs était la cause de sa détresse et que c'était une perfidie de son ministre. La situation étant sans remède, les regrets furent inutiles. Zéman Chah partit alors pour Kaboul avec l'armée qu'il avait auprès de lui ; if laissa dans Pichâver le prince * Choudja avec ses femmes et ses éléphants : il s'arrêta à Kaboul, puis il envoya du côté de Qandahâr le général Ahmed Khan Nour Zey avec deux mille cavaliers afghans et deux mille Persans de Kaboul pour combattre à l'avant-garde ; quelques jours après, il sortit de Kaboul avec ses troupes et campa à quatre étapes de distance, dans la bourgade de Seri Meïdan (1), attendant les nouvelles qui lui viendraient d'Ahmed Khan.
Le prince Kâmràn et Fethy Khan, de leur côté, à la tête de dix mille cavaliers, arrivèrent d'Ahmed Châhy et prirent position en face d'Ahmed Khan ; celui-ci avait, ainsi que les Persans, du ressentiment contre le vézir Rahmetoullah Khan, à cause du meurtre des émirs martyrs ; il passa du côté du prince Kâmrân et se joignit à lui.
Zéman Chah se trouvait à Seri Méïdan lorsqu'arriva, le
(1) Séri Méïdan est une belle et fertile vallée que traverse la route de Qandahâr à Kaboul. Le village de Méïdan est situé sur la rive gauche de la rivière de Kaboul et à quatre fersakhs de la ville de ce nom.
soir, la fâcheuse nouvelle de la défection d'Ahmed Khan ; Zéman Chah et son vézir furent consternés. Ils donnèrent Tordre cependant de battre le tambour en signe de réjouissance, et de proclamer, pour que Tarmée ne se débandât point, qu'Ahmed Khan avait défait le prince Kâmrân. Au moment de la prière de la nuit, le roi, son ministre, les émirs et quatre cents hommes quittèrent l'armée et s'enfuirent dans la direction de Kaboul . En apprenant ce départ, les soldats se mutinèrent et se mirent à piller les bagages, le trésor et tout le camp. Au matin, tous embrassèrent le parti du prince Kâmrân et allèrent se joindre à lui. Zéman Chah, en arrivant à Kaboul, fît part de la nouvelle de ce désastre à Chir Mehemmed Khan gouverneur delà ville. Celui-ci lui recommanda de n'y point entrer et de se rendre sans retard à Pichâver, parce que les habitants de Kaboul lui étaient hostiles. « Ils n'auront pour vous, dit-il, ni égards ni respect. Que Dieu garde que le mal dont ils sont capables n'arrive au roi. Le trésor, des troupes, vos femmes et vos serviteurs ainsi que le prince Choudja sont à Pichâver. Il faut espérer qu'une fois arrivé dans cette ville, vous pourrez rétablir vos affaires.» Après avoir reçu cette affligeante communication, Zéman Chah se dirigea des portes de Kaboul vers Pichâver. Des quatre cents cavaliers qui l'accompagnaient, trois cents l'abandonnèrent et retournèrent à Kaboul ; lui-même, accompagné par son vézir, par Zéman Khan gouverneur d'Hérât, par Semender Khan, frère du vézir, par quelquesuns des grands officiers de l'Étal, tels que Mir Aly Khan, grand écuyer. Khan Oloum, par quelques autres en petit nombre, et par quelques soldats d'escorte, il marcha avec la
plus grande cétérité, nuit et jour, sans prendre de repos, et il parvint à Bendi Kheyber. Bendi Kheyber est une vallée dans laquelle passe une route resserrée de tous côtés entre des montagnes et aussi étroite que les yeux des avares; ce lieu est à la distance de quatre étapes de Pichâver. Au pied de la montagne, près de la route, se trouve un- château, qui était un apanage du vézir : le commandant était un de ses parents et un de ses hommes de confiance (1).
Le vézir et le roi n'étaient pas descendus de cheval depuis sept jours entiers ; ils étaient épuisés, mourant de faim et de soif ; le vézir, s'adressant au roi, lui dit : « Grâce à Dieu ! nous voici loin de l'ennemi ; mais nous sommes sur le point d'expirer de fatigue et de froid ; ce château m'appartient ; demeurons-y une nuit pour nous reposer ; demain nous nous remettrons en route pour Pichâver ; il nous reste encore deux journées de marche à faire. » Zéman Chah était exténué et à bout de forces ; il y consentit. Mais Khan Oloum, Mir Aly Khan, grand écuyer, et quelques soldats de l'escorte refusèrent de s'arrêter ; ils dirent au roi : « Dans les circonstances actuelles, on ne doit avoir confiance en personne ; il n'est pas nécessaire de faire halte ; il vaut mieux supporter la peine et la fatigue deux nuits encore et parvenir au rivage du salut.
Le bonheur et la vie de ce vézir funeste étaient arrivés à leur terme, le malheur le saisit ; sourd à ces bons conseils, il tourna les rênes de son cheval vers le château. Zéman Chah, Semender Khan, Zéman Khan et quelques
(1) Le nom de ce château est Qaléi Aebour.
autres émirs, suivis d'un petit nombre de personnes, le suivirent. Khan Oloum, le grand écuyer et d'autres personnes ne se fièrent pas aux paroles du vézir et se dirigèrent sur Pichâver. Le roi et le vézir arrivèrent à la porte du château ; les gens qui s'y trouvaient vinrent à leur rencontre et se mirent à leur service; ils prirent leurs chevaux pour les abreuver et leur donner du fourrage ; ils s'empressèrent de servir leurs hôtes et préparèrent de l'eau et des aliments. A la nuit tombée, le commandant du château conçut des pensées perverses ; il s'entendit avec les gens placés sous ses ordres et leur dit : « Emparons-nous du roi et du vézir et conduisons-les à Mahmoud; nous acquerrons ainsi de grandes dignités, des présents et de l'honneur. » Tous acceptèrent cette proposition.
Tout à coup, on ce même moment, arrivèrent mille cavaliers persans qui s'étaient enfuis du camp établi à Pichâver par le prince Choudja. Entre cette ville et Bendi- Kheyber, ils avaient rencontré Khan Oloum et le grand écuyer ol leur avaient demandé des nouvelles. Khan Oloum leur avait répondu : « Mahmoud Chah est défait; quant à nous, nous allons porter cette bonne nouvelle à la mère du roi et au prince Choudja. » Ces Persans comprirent juste ce qu'il y avait de vrai danscette réponse. Arrivés au château, ils apprirent que Zéman Chah s'y trouvait avec le traître vézir ; ils dirent alors au commandant : c( Saisis le roi et le vézir : sinon, Mahmoud brûlera la maison; c'est le moment pour toi d'acquérir de l'honneur. »
Le commandant et ses gens se mirent ensuite tous en devoir de s'emparer de la personne du roi. Le matin, le
roi et le vézir se levèrent et demandèrent des chevaux ; mais les gens du château leur répondirent : « Tenezvous tranquilles : vous n'avez pas la permission de vous éloigner . » Malgré les promesses et les prières du roi et celles de son ministre, malgré les cadeaux considérables qui leur furent faits, ces gens se refusèrent à les laisser partir; ils saisirent les chevaux et les armes, et placèrent auprès d'eux des sentinelles et des gardiens. Le roi, le vézir et leurs compagnons gémirent, sanglotèrent, supplièrent : ces hommes ingrats et sans foi les repoussèrent et envoyèrent immédiatement un courrier à Kaboul, auprès de Fethy Khan et de Mahmoud, pour leur annoncer l'arrestation du roi . La nouvelle en parvint à Kaboul le jour même ou Mahmoud y avait fait son entrée ; il en manifesta sa joie, et il envoya son écuyer Redjeb Mehemmed en compagnie de Mehemmed Azhim Khan, frère de Fethy Khan, à Pichâver pour qu'ils lui ramenassent prisonniers Zéman Chah et les émirs.
Les envoyés, à leur arrivée, vinrent saluer le roi dans le château où il était détenu et partirent ensuite pour Kaboul. A moitié route, ils furent rejoints par un courrier et un chirurgien nommé Rustem, qui avait reçu ordre de priver Zéman Chah de la vue. Lorsqu'ils furent descendus à une station, quelques hommes tinrent solidement Zéman Chah dans l'intérieur d'une tente et le chirurgien Rustem donna un coup de lancette ; le roi se répandit inutilement en gémissements et en plaintes. On le plaça dans une litière et on continua la marche vers Kaboul. Le vézir et quelques-uns des émirs et des grands personnages de la cour furent dépouillés de leurs vêtements; on leur mit des
chaînes aux mains et au cou, et, lorsque Ton fut près de Kaboul, on fît monter le vézir sur un âne et, après Tavoir couvert d'un vêlement fait de nattes de roseau, on le conduisit, à travers le bazar, à la maison de Fethy Khan fils de Payendèh Khan devenu ministre de Mahmoud Chah. Fethy Khan couvrit de malédictions et de reproches le vézir Rahmet oullah Khan ; il ordonna ensuite qu'on le mît à la torture. Pendant quelques jours , on lui fit subir la question en lui disant : « Il nous est revenu de tous côtés que tu as des richesses considérables en espèces et en objets précieux arrachées à notre faiblesse. » On découvrit la couronne royale qu'il avait fait faire et sa trahison fut dévoilée ; on recommença alors à le torturer dans le palais du roi pour lui faire livrer Targerit qu'il possédait ; se tournant vers Fethy Khan, il lui cria : « lâche ! ô nature de femme ! je suis maintenant prisonnier entre tes mains, pourquoi me tortures-tu ainsi? Lorsque c'était mon tour d'être puissant, j'ai agi comme un homme ; maintenant, c'est ton tour, fais tout ce que tu veux ; mais délivre-moi vite; j'ai fait le mal et j'en vois la rétribution ; ne me torture pas davantage. » Mahmoud donna ordre de mettre à mort le vézir, ses deux frères, Zéman Khan, gouverneur de Hérât et quelques autres émirs avec leurs familles; tous eurent la tête tranchée. Zéman Chah fut enfermé dans le qafès du Bàla- Hiçar de Kaboul, ainsi que ses fils, les princes Hayder, Mançour et Faghfour ; le prince Qaïsser s'enfuit de Hérât et se réfugia auprès de Feth Aly Chah ; j'ai déjà exposé ce qui lui arriva. Mahmoud Chah s'assit sur le trône de Kaboul. Le reste des aventures de Zéman Chah sera raconté plus loin, s'il plaît au Dieu très-haut.
Sceau de Elhâ Mehemraed, gouverneur de Kachmîr: ce Je désire un don (Etha) de toi, ô Toul-Puissanl 1 »
Sceau du qadi Feiz oullah ; « La poussière de tes pieds, ô envoyé de Dieu, est le collyre des deux yeux de Feiz oullah. »
Sceau de Cheker Khan, fils de Chir Meheramed, fils de Aziz, fils de Mozhaffer Khan : « Depuis que Aziz, notre aïeul, a été victorieux (Mozhaffer), le vrai successeur de Chir (le lait) est Cheker (le sucre). »
Sceau de Mourlezha Khan, fils de Cheker Khan. « Ma bouche est pleine du nom de Cheker (sucre), je suis satisfait (Mourtezha) du nom de Aziz (puissant, chéri). »