L'ORIENT HELLÉNISTIQUE
L'Œuvre d'Alexandre le Grand.
Le vieil Orient tout entier, celui qui avait vu s'élever les royaumes de Chaldée et d'Elam, d'Assyrie et d'Ourartou, des Hétéens et de Damas, de Tyr et de Juda, d'Egypte et de Lydie, ne formait plus maintenant qu'un immense empire unitaire et centralisé, sous la domination des Perses Achéménides. En 499, la révolte de l'Ionie mit cet empire de l'Asie Antérieure en lutte avec l'Hellénisme, c'est-à-dire avec le génie européen naissant, — rencontre qui posa la Question d'Orient pour la première fois.
On connaît les péripéties de la lutte entre les Grecs et les Perses. Attaquée chez elle, la Grèce repoussa l'invasion à Marathon (490), à Salamine (480) et à Platées (479). Un -ièele et demi plus tard, l'Hellénisme, conduit par le roi de Macédoine Alexandre le Grand, envahissait à son tour l'Empire Perse et le subjuguait.
L'œuvre d'Alexandre est singulièrement complexe. C'est qu'en réalité il y eut plusieurs personnages en lui, ou qu'il joua plusieurs personnages suivant les lieux historiques où le passé des races dictait la forme de son activité.
Quand Alexandre, héritier des projets de conquête de son père Philippe, partit en guerre contre l'Empire Perse, son expédition avait le» même caractère que celle d'Agésilas, soixante ans auparavant. Comme autrefois Agésilas, il allait, protagoniste de l'Hellénisme, chercher en Asie la revanche des invasions de Darius et de Xerxès. Nommé au Congrès de Corinthe généralissime de la Grèce enfin unie, il passa en Troade avec les contingents de la Ligue hellénique et y remporta, en forçant le passage du Granique, une première victoire due en grande partie à sa bravoure personnelle (334). Cette bataille lui ayant livré l'Asie Mineure, il s'y conduisit exactement comme son précurseur Agésilas. Il