‹ Histoire de l'Asie (volume 2)Chapitre 9 sur 45 · L'ORIENT UtCIÉÏI · texte numérisé non relu

L'ORIENT UtCIÉÏI

à faire connaître à l'Egypte l'art égéen, comme aux Egéens l'art de l'Egypte. Ce furenl avanl tout des intermédiaires el des vulgarisateurs. A ce titre, ils répandireni dans tout le bassin de La Méditerranée 1rs caractères d'écriture égyptiens, non sans les avoir simplifiés pour leur usage, créant ainsi et propageant le principe de tons nos alphabets classiques.

Les Egéens de Grèce et les Minœns de Crète appartenaient à une race méditerranéenne, peut-être apparentée aux Berbères. A l'époque de la WIIL dynastie égyptienne (1587i365), ils furent soumis par des conquérants aux cheveux Mouds, aux yeux bleus qui venaient du nord et qui étaient les ancêtres des Grecs historiques. Ces nouveaux venus appartenaient à la grande race aryenne ou indo-européenne dont une hypothèse aujourd'hui en faveur situe le berceau sur les bords de la Mer Baltique, du côté de la Lithuanie. Ils étaient divisés en plusieurs tribus — Thraces-Phi ygiens, Tyrrhéniens, Achéens, Philistins, etc., — que, faute d'une meilleure terminologie, nous désignerons sous ic nom de tribus mycéniennes. Les Thraees-Phrygiens s'établirent dans la vallée de l'ÏIèbre, d'où ils allèrent enlever aux Hittites l'empire de l'Asie Mineure (Phrygic et Cappadoce). Une tribu phrygienne fonda la Troie homérique qui dura de 1 5oo à ti8o. Les Tyrrhéniens ou Lydiens et les Sardanes colonisèrent, les côtes de l'Asie Mineure. Les Achéens et Danaens s'établirent dans la Grèce propre et les Philistins en Crète. Tous ces peuples occupèrent donc des régions qui étaient depuis longtemps le siège de la très ancienne et brillante civilisation égéenne. Leur arrivée eût pu produire une régression historique. Mais il n'était pas de race mieux douée (pie cette race gecqùe. Loin de détruire la civilisation de leurs devanciers, les peuples mycéniens l'adoptèrent très vite el lui donnèrent un éclat nouveau. Bien mieux, ce fut sous leur action, en Laconie, en Argolide, en Troade, que l'ancienne culture égéenne, devenue dès lors la culture mycénienne, atteignit son apogée.

La révolution qui venait de se produire en Grèce et en Asie Mineure, eut son contre-coup en Egypte. L'empire égyptien avec ses campagnes opulentes, son luxe et ses tré-

- >rs, ne pouvait manquer d'exercer sa fascination sur les nouveaux maîtres de Troie, de Mycèncs et de la Crète. Sous le règne du roi d'Egypte Minéphtah (i234-i2i4), fils de Ramsès 11, les tribus mycéniennes — Achéens, Tyrrhéniens, Sardanes, etc., — ayant équipé une flotte puissante, m" jetèrent sur le Delta et marchèrent sur Mcmphis. Elles ne furent repoussées qu'après une lutte terrible où la forlune de l'Egypte fut sur le point de sombrer. Trente ans après, mie nouvelle expédition de peuples mycéniens — Achéens, Troyens, Tyrrhéniens, Philistins, — s'organisa. Les envahisseurs suivirent les côtes de l'Asie Mineure, descendirent dans la Syrie du Nord, écrasèrent les Hittites ou les forcèrent à les suivre, et traversèrent la Palestine pour attaquer le Delta. Le roi d'Egypte, Ramsès III (1202-1171), -i' porta à leur rencontre et réussit enfin à les battre près de Gésarée sur la côte de Palestine (1196).

Les débris de l'armée d'invasion refluèrent vers la Mer Egée. Parmi les peuples qui avaient pris part à l'attaque, les Philistins de Crète seuls atteignirent leur but. Ramsès III les cantonna, à titre de vassaux, sur les côtes de la Palestine où ils se rendirent bientôt si puissants, que quelques années après, ils attaquèrent la Phénicie et détruisirent Sidon (n5o). Puis ils se retournèrent contre les Hébreux, peuple sémitique qui avait profité de l'affaiblissement de la puissance égyptienne pour s'emparer de la Palestine, et les subjuguèrent pour un demi-siècle.

Les deux anciennes grandes puissances de l'Orient, l'Egypte et les Hittites, sortaient également épuisés de cette épreuve. L'Egypte, privée de ses possessions asiatiques, se renferma dans la vallée du Nil, à l'écart de la grande histoire. Les Hittites ne conservèrent que la région d'Alcp. Ils furent dépossédés de l'Asie Mineure par les Phrygiens et progressivement remplacés en Syrie par les Araméens, peuple sémitique venu du Nord-Est de l'Arabie et établi à Damas. Enfin en Mésopotamie, un peuple nouveau, le peuple assyrien mit à profit l'effacement des acteurs historiques pour saisir le premier rôle.

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L'Empire Assyrien.

Les Assyriens était une colonie des Accad de Babylonie, par conséquent un peuple de race sémitique et de culture chaldéenne qui, antérieurement au xxive siècle vint s'établir au confluent du Tigre et du Zab, au pied du massif d'Arménie. Les premiers rois d'Assyrie furent les grands prêtres des deux divinités nationales, Ishtar, la planète Vénus, et Assour, le dieu éponyme de la race. Malgré ses origines sacerdotales, la royauté assyrienne n'eut jamais un caractère religieux comme la royauté pharaonique. Ce fut avant tout une monarchie militaire, à laquelle tout mysticisme resta étranger. La race assyrienne aussi était une forte race militaire, plus virile et plus rude que ses cousins de Babylonc. Les Assyriens étaient d'âpres Sémites, petits de taille, trapus et musclés, au nez aquilin, aux grands yeux vifs, au masque énergique. Cruels aux vaincus, durs pour eux-mêmes, ils composaient une sorte de régiment discipliné, dont la guerre resta toujours l'industrie nationale.

De leur territoire, relativement pauvre et. infertile, les rois d'Assyrie guettaient les bonnes terres de la Babylonie et de l'Elam, les rivages bénis de la Méditerranée, les récoltes de l'Egypte. Petitement d'abord, ils commencèrent à arrondir leur champ autour d'eux. Pendant deux siècles (1380-1190), ils guerroyèrent contre les rois de Babylonc pour leur arracher la suprématie. A force d'énergie ils y réussirent, et le jeune peuple d'Assour remplaça le vieux peuple de Bel comme nation dominante en Mésopotamie.

Le premier conquérant assyrien fut Téglatphalasar Ier (1180-1090), qui imposa sa suzeraineté aux peuples de la Mésopotamie septentrionale. Mais trente ans après sa mort, ses successeurs furent vaincus à Karkémisch par les Hittites et l'empire assyrien subit une éclipse de plus d'un siècle.

Pendant cete période d'attente où aucune grande puissance ne se révéla, plusieurs Etats secondaires purent se développer librement. En Syrie, les Hébreux atteignirent leur apogée sous les règnes de .David (1000-960) et de Salomon

(960-931). Après le morcellement du royaume hébreu (partagé entre les royaumes d'Israël et de Juda), l'hégémonie passa en Syrie aux Araméens de Damas, tandis que, sur la cote, la ville phénicienne de Tyr parvenue à une prospérité commerciale inouïe, colonisait Chypre, la Sicile, la Sardaigne, Malte et les côtes d'Afrique (fondation de Cartilage en 81 4).

Le prince qui rendit à l'Assyrie sa place en Orient, fut Assournazirabal III (885-86o). Ce fut un des plus formidables guerriers de sa race. A travers les textes des vieilles inscriptions, sa brutale figure semble ressusciter avec son orgueil colossal, sa férocité sauvage, son goût du sang. Par le fer et le feu, il soumit les districts de l'Arménie méridionale et de la Mésopotamie Occidentale, écorchant vifs ou empalant les vaincus, crevant les yeux des rois captifs et jalonnant sa route de pyramides de têtes humaines. Son fils, Salmanasar II (860-825), envahit la Syrie, soumit les derniers Hittites d'Alep, et réduisit en vassalité les Araméens de Damas. Puis l'Assyrie épuisée par ses victoires mêmes, traversa une nouvelle période d'effacement. Un Etat voisin, rOurartou, essaya de profiter de cette accalmie pour s'élever au rang de grande puissance.

Les Ourartiens ou Alarodiens, dont la capitale était Van, sur les bords du lac de ce nom, occupaient plusieurs provinces de l'Arménie actuelle, mais ils n'étaient pas de race arménienne. C'était un peuple indigène, ni indo-européen, ni sémite, et dont les Géorgiens modernes paraissent les descendants. Ils empruntèrent à l'Assyrie voisine les éléments de leur civilisation — notamment l'écriture cunéiforme — et à l'exemple des Assyriens, ils formèrent une puissante monarchie militaire qui unifia les cantons arméniens et déborda sur la Mésopotamie et la Syrie septentrionales. Mais le réveil de l'Assyrie arrêta bientôt leur expansion.

Le réveil de l'Assyrie date du roi Téglatphalasar III 7^5- 727), prince énergique qui vainquit au nord les Ourartiens, au sud les Babvloniens, à l'ouest les Araméens de Damas et, à la suite de ces succès, annexa Damas (732) et Babylone.

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Son œuvre fui continuée par un de ses généraux nommé Sargon, qui lui succéda sur le troue et qui fonda la dynastie appelée de son nom Dynastie Sargonide, sous laquelle (722-606) la fortune de l'Assyrie parvint à son apogée.

A l'avènement de Sargon, cinq Etats ou confédérations d'Etats étaient encore capables de disputer ITiégémonîe aux Assyriens. C'étaient de Test à l'ouest, l'Elam, Babylone, qui venait de recouvrer son indépendance sous la direction de princes araméens (1), l'Ourartou, les royaumes syriens dont le principal, depuis la chute de Damas, était celui d'Israël, et l'Egypte. Sargon (722-705) écrasa l'Ourartou et détruisit en 720 le royaume d'Israël. Sennachérib, son fils (70.5-681), s'empara, malgré l'intervention des Elamitcs, de Babylone qu'il saccagea, et annexa définitivement la Chaldéc. Assarhaddon (681-667) fils de Sennachérib, envahit l'Egypte et imposa momentanément sa suzeraineté aux princes de ce pays. Enfin Assourbanipal, fils d'Assarhaddon (667-625), châtia Babylone, de nouveau révoltée, et détruisit en 6'|5 le dernier Etat indépendant de l'Asie Antérieure, l'antique royaume d'Elam (2). La capitale des Sargonides, l'orgueilleuse cité de Ninive, joua alors pendant quelques années le rôle qui devait plus tard appartenir à Rome, celui de capitale du monde civilisé. L'Assyrie, en effet, n'avait plus de rivaux en Orient. Son empire s'étendait sur l'Asie Antérieure presque entière. De la Cappadoce à l'Iran, de l'Ararat et de la Caspienne à l'Egypte et au golfe Persique, la domination des Sargonides, fondée sur la terreur de leurs armes, était incontestée. L'Iran et l'Asie Mineure qui ne faisaient point partie de l'Empire Assyrien, subissaient eux-mêmes l'iniluence de sa civilisation.

(1) Le chef araraéen qui arracha Babylone aux A-syriens se nommait MérodachlKiladan. I >e 721 à 702 cet indomplahle personnage l'ut lame de toutes le.- coalitioa-s contre l'Assyrie. Il finit par être chassé par Seimechérib. Babylone s'étant ensuite révoltée contre Sennachérib, eelui-ci la détruisit (G90). Elle fut rebâtie par Assarhaddon qui en fit une viceroyauté pour son fils cadet. Ce dernier ayant cherché à se rendre bdépendanf avec l'aide des Élamites, Assourbanipal ruina de nouveau Babylone (048).

(2) Pour le détail de ces guerres, voir Appendice : Chronologie de la conquête assyrieiKte, page 30i.

La Civilisation assyrienne.

\iinm peuple n'a été plus sévèrement jugé que les Assyriens. Et certes, il est difficile de rien trouver dans leur caractère, qui inspire la sympathie. Guerriers sans merci et politiques implacables, c'était une dure, une despotique nation, — si despotique et si dure qu'à côté d'eux les autres peuples de l'antique Orient, sans en excepter les Phéniciens et les Juifs, nous semblent presque miséricordieux. Mais ils avaient aussi les qualités de leurs défauts. Tenaces, énergiques, tout en muscles, ils représentaient le bel animal humain dans toute sa fougue, dans toute son astuce : le guerrier d'Assour a la beauté terrible d'un grand fauve. Et d'ailleurs la brutalité même des Assyriens ne fut pas sans jouer un rôle, historique. Leur politique inhumaine servit inconsciemment la cause de la civilisation. Dans le sang et la haine, — par la terreur érigée en système de gouvernement — , ces Romains de l'Asie Antique finirent par réunir tous les Orientaux sous le môme joug. Race impériale de l'Orient, ils englobèrent dans le même empire tous les anciens Etats civilisés. Par la dévastation et la mort, ils tirent régner la paix du Nil à l'Ararat. Cet empire, il est vrai, s'effondra au moment précis où les Sargonides venaient dren achever la construction, cette paix de mort ht place à la révolte de tous les peuples martyrisés. Mais l'œuvre des Assyriens, à cet égard, leur survécut, la courte <it d'ailleurs effroyable Paix Sargonide annonça la longue et bienfaisante Paix Achéménide. La vaste unité politique que les Sargonides avaient réalisée, ne devait plus disparaître. Sous des noms et des maîtres divers, cet empire sargonide dont les Achéménides, les Macédoniens, les Sassanides et les Arabes allaient hériter tour à tour, cet Empire, de l'Asie Antérieure allait rester comme une des données les plus constantes de l'histoire, et conserver jusqu'à la fin l'empreinte de la civilisation matérielle de Ninive et de Babylone. La civilisation chaldéo-assyrienne contenait déjà en germe presque toute la civilisation arabo-persane. Et la Cour

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des Sargonides, par la brutalité et le faste du despotisme royal, par le luxe du décor, par le mélange de mollesse et de farouche énergie de tous les personnages, était déjà tout l'Orient.

D'abord le roi. Ce n'est pas un dieu, comme en Egypte. C'est un chef d'armée. Car tout le peuple assyrien n'est qu'une armée presque toujours en campagne. Lui h le roi des légions, le roi grand, le roi puissant, le roi du pays d'Assour », passe la moitié de sa vie à cheval ou sur son char, pour la chasse ou la guerre, le massacre des fauves ou le massacre des peuples. Quand ils ne guerroient pas, les rois d'Assyrie chassent en combats corps à corps l'aurochs ou le lion. La guerre qui n'était pour eux qu'une chasse plus passionnante, leur procurait les mêmes joies brutales : ils faisaient le coup de lance et le coup de flèche comme le dernier de leurs fantassins, puis, à l'heure de l'hallali, de leurs mains royales, ils écorchaient vifs les prisonniers, les empalaient, leur crevaient les yeux.

Ces instincts féroces dans l'action faisaient place aux heures de repos, à une vie d'indolence et de voluptés sans frein. Tout le tempérament asiatique est dans ces contrastes. Le même roi qui affrontait corps à corps le lion et l'aurochs, l'Hétéen et l'Elamite, s'endormait ensuite pendant des mois et des années dans les délices de la vie de harem, repu de plaisirs et de gloire, hébété, efféminé, pareil au Sardanapale de la légende. Aux jours de cérémonie, sous le flamboiement des dais, des parasols et des chasse-mouches, il apparaissait vêtu comme une idole et paré comme une favorite. Représentons-nous à ces heures de parade le Sargonide aux lèvres sensuelles, au puissant profil, aux yeux d'épervier, dans le prodigieux costume que les bas-reliefs nous ont transmis. Il était fardé avec soin ; ses cheveux et sa barbe, parfumés et minutieusement frisés, retombaient en boucles étagées sur ses épaules et sur sa poitrine ; il était coiffé d'une tiare de laine blanche rayée de bleu, en forme de tronc de cône, maintenue au front par un large ruban semé de rosaces d'or ; sa robe, d'un bleu profond brodé de rosaces rouges, se terminait en bas par une frange ornée de quatre

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rangs de pierres précieuses ; cette robe, qui laissait les bras nus était retenue à la taille par une large ceinture brodée où était fixée une panoplie de poignards ; — sur sa robe, le roi passait une chasuble ouverte sur les côtés et toute chargée de broderies de fleurs et fleurettes de passementerie d'or et d'argent, de pierreries de toutes sortes. Ajoutez à ce somptueux costume une profusion de bijoux : colliers d'or, boucles d'oreilles d'or, épée courte au fourreau lamé d'or avec un lion d'or en relief. Cette chamarrure de pierres précieuses, ce resplendissement d'or sur la blancheur et le bleu crus des laines, devaient produire au soleil d'Orient un éblouissant effet.

Autour du Sargonide, imaginons la foule des dignitaires et des courtisans, depuis le Tartan ou grand-vizir jusqu'au dernier des eunuques royaux, tous parés avec la même recherche et le même luxe massif. Imaginez ensuite, formant le fond du décor, les guerriers assyriens, les vétérans des vieilles campagnes d'Egypte, d'Ourartou et d'Elam, hier vainqueurs de vingt batailles, destructeurs de vingt nations, maintenant repus d'or et de sang comme le maître, et célébrant avec lui leur triomphe en colossales orgies. Superbes et menaçants, pareils aux Khéroubim, aux taureaux ailés de Khorsabad, ils faisaient au Sargonide un cortège d'épopée : C'étaient les cavaliers, — les terribles cavaliers d'Assour habitués à guider leur cheval par la seule pression du genou et dont le galop lointain troublait les veilles des Prophètes d'Israël — ; les hommes des chars, à trois sur leurs lourds chariots ; les fantassins, piquiers ou archers, avec leur casque conique, que surmontait parfois un court cimier, leur chemise de cuir recouverte d'écaillés de métal imbriquées, qui protégeaient le buste et les épaules, leur pagne court tombant jusqu'au genou et sous lequel apparaissaient le pantalon collant et les hautes bottes de cuir lacées sur le devant. Armés d'un grand bouclier d'osier à revêtement de métal, d'un arc, d'une épée courte et d'une lance de six pieds, ils s'avançaient en rangs serrés, dans la belle ordonnance que reproduisent les bas-reliefs. Au-dessus de leurs bataillons, dans la forêt des piques et des glaives,

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se dressait l'étendard royal, le disque &aeré d'Assour, l'Archer Divin, porté sur deux têtee de taureaux.

Aux jours de triomphe, le spectacle de ce peuple en armes, gravissant, à la suite du Sargonide, K\s escaliers géants des palais et des temples devait rire prodigieux. Palais et temples étaient construits sur des plates-formes en briques crues qui formaient comme une colline artificielle, de sorte que le regard les embrassait sur une immense étendue. L'aspect monumental des palais sargonides apparaissait dès les portes de l'édifice, portes colossales, flanquées de tours carrées massives et que gardaient les taureaux ailés à face humaine, les Khéroubim farouches en qui semblait s'incarner le sombre génie d'Assour. Après avoir franchi ce seuil redoutable, on entrait dans une vaste cour carrée, sur laquelle s'ouvraient les appartements royaux. C'était la Cité Interdite, aussi jalousement fermée aux bruits du dehors que le sérail des sultans modernes. Là, dans l'ombre fraîche du harem, le Sargonide évoquait à loisir le souvenir de ses rudes campagnes sous le terrible soleil de l'Egypte ou du Golfe, dans les sables du désert de Syrie, dans les marécages de l'Elam. Tous les bas-reliefs du palais, toutes les briques de la bibliothèque royale célébraient l'orgueil du monarque, — ses guerres, ses chasses, ses plaisirs, ses vengeances. Le palais tout entier, — palais-forteresse dont le luxe ne dissimulait pas le caractère guerrier — , était comme un hymne puissant à la gloire d'Assour, de son roi et de ses dieux.

L'apothéose des dieux ninivites, étroitement associée au triomphe du Sargonide, était l'apothéose même de la race. Leur victoire sur les dieux de l'Egypte, de la Judée et de l'Elam, était le symbole de l'hégémonie assyrienne dans le monde : Le temple dominait le palais. Ce temple, selon ie modèle des temples chaldéens, avait la forme d'une tour carrée dont chaque étage était posé en retrait sur l'étage inférieur. 11 y avait ainsi jusqu'à sept étages, chacun consacré à \m astre et peint d'une couleur particulière — blanc, noir, jaune, pourpre, vermillon, argenté et doré — (i). Au

fi) La grande tour de Khorsabad, formée de sept étages, avait 42 mètres de haut.

sommet du dernier étage, l'étage d'or, sur la suprême plateforme se trouvait la chapelle de la divinité, Assour, le dieu éponyme de la race, ou Ishtar, la dame d'Arbèles. C'est là qu'au départ pour leurs chasses ou leurs guerres, les rois Sargonides, entourés de leurs devins et de leurs astrologues, venaient prendre conseil des grands dieux leurs seigneurs, les astres flamboyants du ciel de Chaldée.

L'Art assyrien.

Ce peuple brutal était un peuple artiste, plus artiste même que les vieux Chaldéens auxquels il devait les éléments de son esthétique. Ce qui domine chez les sculpteurs des bas-reliefs assyriens, c'est le sens de l'effet décoratif et un véritable génie d'animaliers. Nul n'a su, comme les sculpteurs de Kouyoundjik et de Khorsabad, donner la vie aux scènes de chasse. Les scènes de guerre de Sennachérib et d'Assourbanipal sont des visions d'épopée. Mais c'est parmi les chasses royales des bas-reliefs assyriens que se rencontrent les plus admirables chefs-d'œuvre. Le Musée Britannique possède le célèbre bas-relief représentant les chiens <(e chasse d'Assourbanipal : Ce sont de superbes dogues, d'une espèce féroce, dressés à traquer le lion ; tenus en laisse par des piqueurs, ils tirent sur la corde et s'élancent en grondant. — Au Musée Britannique, également, l'onagre ruant, dans la Chasse aux onagres d'Assourbanipal. Les onagres, surpris par le roi, s'enfuient en désordre ; les uns, atteints par les flèches, roulent à terre ; d'autres sont mordus au jarret par les chiens ; les plus agiles détalent au galop ; un poulain s'arrête pour lancer une ruade ; une jument se retourne pour appeler son petit. Plus loin, une chasse aux chèvres sauvages, en deux tableaux : les chèvres au pâturage ; l'une d'elles se retourne pour prendre le vent ; des faons broutent avec leur mère ; puis l'alarme : fuite éperdue du troupeau. Toutes ces scènes sont prises sur le vif et aussi élégantes de lignes que rapides de mouvement.

Dans la représentation du lion, les Assyriens ont apporté une fidélité d'observation qu'expliquent leurs fréquentes

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battues dans les plaines du Zab : Voici un lion et une lionne en liberté dans un parc royal ; la lionne couchée et indolente, le maie debout et noblement campé. — Plus loin, un lion captif sortant de sa cage, en rampant, à pas souples, le mufle menaçant. Citons enfin la pathétique Lionne blessée du British Muséum : l'arrièrc-train paralysé par une flèche, l'animal se raidit devant la mort et, face à l'ennemi, tend le mufle en un suprême rauquement de fureur.

Le cheval de guerre a naturellement été l'objet de l'étude passionnée des sculpteurs ninivites. Dans les bas-reliefs de Khorsabad représentant des scènes de la cour de Sargon, de Sennachérib ou d'Assourbanipal, nous pouvons admirer de superbes chevaux de race, arrêtés dans leur course, frémissant d'impatience et prêts à s'élancer. Ailleurs, à Kouyoundjik, dans une grande scène figurant la charge d'Assourbanipal, les coursiers, bêtes superbement musclées et pleines de sang, luxueusement caparaçonnées et traitées avec un soin amoureux du détail, sont lancés au galop, tandis que, sur son char, le roi, l'arc bandé et la flèche prête à partir, se tient debout, dans l'animation joyeuse de la poursuite. A côté de cette scène, toute de mouvement, nous pouvons admirer les chevaux au repos de l'écurie royale ; les coursiers mangent dans des auges tenues par les palefreniers du palais ; un de ceux-ci étrille avec soin son cheval qui, sous le jeu des brosses, s'étire longuement.

La sculpture assyrienne présente cependant de graves défauts. Le plus sensible est le rendu exagéré des détails. A cet égard, la méticulosité des artistes ninivites ne fait grâce d'aucun épisode. C'est surtout dans la représentation de la figure humaine que l'on peut s'en rendre compte. Le détail des broderies, des cheveux, des muscles, est impitoyablement accusé ; rien n'est omis, et ce luxe de développements épisodiques arriverait vite à étouffer l'action principale, si la netteté de la conception et la vigueur de l'exécution ne gardaient à l'ensemble sa rigoureuse unité. Somme toute, malgré ses défauts, cet art assyrien est vraiment du très grand art, et on comprend que les bas-reliefs sar-

gonides aient exercé une influence profonde sur les écoles de sculpture achéménide, sassanide et indo-perse.

Grâce à la conquête achéménide, la Perse et l'Inde allaient en effet devenir comme des provinces du monde assyrien.

Les Iraniens.

Les Indo-Iraniens dont sont issus d'une part les Mèdes et les Perses, d'autre part les Indiens, sont un rameau de la grande famille indo-européenne ou aryenne, dont les origines — à en croire une des hypothèses les plus en faveur aujourd'hui (i) — devraient être recherchées dans l'Europe septentrionale, du côté de la Mer Baltique, en Prusse, en Lituanie, en Pologne, et en Russie. D'après l'hypothèse en question, une fraction de cette grande race — Lituaniens, Slaves, Germains et Celtes — resta au pays natal, dans l'Europe septentrionale. D'autres tribus descendirent vers les pays méditerranéens : les Italiotes franchirent les Alpes et atteignirent la vallée du Pô. Le groupe des Achéens et des Thraces-Phrygiens descendit la vallée du Danube et occupa, au xvie siècle avant notre ère, la péninsule des Balkans où les Achéens peuplèrent l'Hellade et les Thraces-Phrygiens la vaste région qui prit d'eux le nom de Thrace. Plus tard, les Thraces-Phrygiens passèrent le Bosphore et occupèrent le centre de l' Asie-Mineure. Une tribu phrygienne, celle des Arméniens, poussa plus loin encore vers l'Orient, et, vers l'an 626 avant notre ère, alla renverser, dans le pays de Van, le royaume indigène d'Ourartou.

Tandis que ces tribus nordiques descendaient de l'Europe septentrionale vers les péninsules méditerranéennes, d'autres peuples de même race, venus des mêmes régions baltiques, les Indo-Iraniens, entreprirent une migration plus considérable. Ils descendirent d'abord dans les plaines de la Russie Méridionale où ils laissèrent plusieurs de leurs clans, connus depuis sous le nom de Scythes d'Europe ; puis ils

(1) Cf. Salomon Reinach. L'origine des Aryens, P., 1892, et : Orpheus, 6e mille, p. 08. Voir les réserves de Meillct, Introd. à iétude comparative des langues indo-européennes, p. 57-58.

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franchirent le Caucase et firent halte quelque temps au sud des montagnes, dans la vallée de l'Àraxe et de la Koura, VAryanem Vaêdjo des légendes perses. De là, ils se dirigèrent vers L'Orient et Longèrent le rivage méridional de la Mer Caspienne, en évitanl la vallée du Tigre et de l'Euphrate dont l'empire assyro-babylonien, alors en plein développement, leur eût barré la route. Poussant toujours vers l'est, ils occupèrent le plateau de l'Iran, où une partie d'entre eux — Mèdes, Perses, Bactriens et Sogdiens — fixa son habitat (xivc siècle avant J.-G. ?). — Le reste du peuple indo-iranien, les Indiens védiques, dépassa la Bactriane, descendit la vallée du Caboul et pénétra dans la plaine indogangétique où se termina sa migration (fin du xu° siècle avant notre ère ?).

En Iran, les Mèdes, les Perses, les Bactriens et les Sogdiens menèrent pendant plusieurs siècles la vie pastorale, Leur religion était celle des pâtres indo-européens primitifs, — l'adoration des forces naturelles et le culte du foyer domestique — qu'on retrouve aussi dans l'Inde à l'origine des Védas. De là viennent d'une part le culte d'Ahoura Mazda ou Ormuzd, dieu de la lumière, le grand dieu iranien, et d'autre part le culte du feu, entretenu sur les pyrées sacrés. En faee d'Ahoura Mazda, les pâtres iraniens plaçaient une autre divinité atmosphérique, ison rival éternel, Angryamanous ou Ahriman, dieu des ténèbres. Peu à peu, à mesure que les concepts moraux sortirent des premières notions naturalistes, Ormuzd devint le dieu du Bien, le principe de l'Etre, en lutte contre Ahriman, génie du Néant et du Mal. Ces deux principes se livraient à travers le temps et l'espace une lutte gigantesque, à l'issue de laquelle, à la consommation des millénaires, le Mal devait être vaincu par le Bien. L'antique naturalisme iranien s'éleva ainsi jusqu'à un spiritualisme dualiste, très puissant et très noble. Au début, il n'était pas de religion plus simple. Elle ne comportait ni pompes, ni ornements, ni temples, pas même de clergé. Les Iraniens se réunissaient au sommet des monlag-nes et v allumaient des feux sacrés dont la flamme svmbolïsaît la lumière d'Ormuzd.

HISTOIRE DE LASIE 3l

Cette religion ae transforma plus tard sous l'action d'un prophète nommé Zarathoustra ou Zoroastre et sous l'influence' (1rs cultes assyro-baby Ioniens. Sur le personnage

de Zoroastre, nous ne savons que peu de chose. Né vers 660, soit à lUiagès en Médie, soit dans l'Atropatène (Azerbaïdjan), i! serait allé prêcher sa doctrine à la cour d'un roi de Bactrianc et aurait péri en 583, pendant une invasion touranienne. Sa doctrine — Je Mazdéisme historique — est celle qu'enseignent les Livres sacrés de YAvesta. Mais comme l'Avepta ne semble avoir été rédigé qu'après l'ère chrétienne (0, il es! à peu près impossible de savoir ce que fut le Zoroastrisme primitif. Ce qui est certain, c'est que, si les rois de Perse de l'époque achéménide adoraient Ormuzd, ils négligeaient Zoroastre ou ne le considéraient que comme un simple fondateur de secte (2). Le clergé des Mages qui se forma peu avant l'époque achéménide sous l'action, semblet-ilj des doctrines de Zoroastre, n'eut aussi pendant longtemps aucun caractère officiel. L'institution des Mages semble, d'ailleurs, avoir été propre à la Médie, patrie de Zoroastre. Il est possible que les Mèdes, qui avaient longtemps subi la pénétration assyrienne, aient été amenés à créer ce clorgé ou plutôt cette confrérie à l'imitation des corporations sacerdotales de Ninive et de Babylone. Au contraire, les Perses, restés plus à l'abri des influences assyrobabyloniennes comme de la prédication de Zoroastre, semblent avoir longtemps ignoré l'institution des Mages. Et bien loin que la royauté perse achéménide ait jamais fondé son pouvoir politique sur le clergé mazdéen (comme devaient If faire plus tard les Sassanides), elle paraît n'avoir vu en lui qu'un ennemi dangereux. La première fois que la royauté perse et les Mages se rencontrèrent, ce fut dans l'affaire du « Faux Smerdis », pour se disputer le pouvoir ; cette

(1) D'après Darmesleter. le Gothas, la partie la plus ancienne de YAvesta, auraient été rédigés à l'époque du roi parthe Vologèse 1er, vers l';in 50 de noire ère. La plus grande partie de YAvesta n'aurait été composer, tout au moins sous sa forme actuelle, qu'à l'époque du roi sassanide Ardasckir, par le grand prèlre Tansar (250 de notre ère). Encore certains fragments ne dateraient-ils que de Sapor.

(2) Cf. Meillet. Journal Asiatique, 1916, I, 128.

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lutte aboutit au massacre des Mages par les Perses, massacre qui fut depuis commémoré par ces derniers comme une fête nationale.

Il résulte de ces considérations qu'à l'époque qui nous occupe, vers le vne siècle avant J.-C, les croyances iraniennes n'étaient pas encore fixées dans le moule rigide d'un dogme. Les Iraniens avaient sans doute une religion nationale, la grande religion naturaliste des Indo-Européens primitifs, particulièrement orientée chez eux vers le culte d'Ormuzd. Mais cette religion restait encore vague et flottante. La réforme de Zoroastre, alors à ses débuts, n'avait pas fixé son credo. Le clergé mazdéen naissait à peine. Le Parsisme n'était pas encore replié sur lui-même. Aussi les Mèdes et les Perses étaient-ils tout disposés à recevoir l'in-' fluenec de toutes les civilisations voisines — la civilisation assyro-babylonienne d'abord, l'Hellénisme ensuite.

Tels qu'ils nous apparaissent à l'aube de leur histoire, et avant d'avoir subi l'influence trop profonde des diverses civilisations étrangères, les Mèdes et les Perses étaient une des plus nobles races du vieux monde. Leur loyauté, leur humanité, leur caractère chevaleresque nous reposent heureusement des vices odieux et de la férocité des sociétés assyro-babylonienne et punique. Dès leur apparition dans l'histoire, on sent en eux des hommes de notre sang. La Grèce ne s'y est pas trompée. Rivale des Perses, elle les a toujours considérés comme des adversaires dignes d'elle et s'est gardée de les confondre avec la tourbe des nations sujettes. (( On apprend trois choses aux jeunes Perses, note Hérodote : monter à cheval, tirer de l'arc, dire toujours la vérité. »

Les Mèdes et les Perses, mais plus particulièrement les premiers, subirent vite l'influence de l'Assyrie voisine. Si les Assyriens n'annexèrent pas la Médie, ils lui imposèrent d'autant plus facilement leur civilisation matérielle qu'ils avaient affaire à un peuple neuf et presque barbare. Les Médo-Perses s'assimilèrent ainsi la culture chaldéo-assyrienne, et c'est cette culture que plus tard, après avoir détruit Ninive et conquis Babylone, ils devaient répandre dans l'Orient tout entier.

Quand les Mèdes, au contact de l'Assyrie, eurent appris

à s'organiser, ils se retournèrent contre Assour. La dynastie sargonide gouvernait toujours l'empire assyrien, mais repue de victoires, ne se connaissant plus de rivaux dans le monde, elle était tombée dans une décadence rapide. Les Babyloniens, ces frères ennemis de l'Assyrie, sans cesse révoltés contre elle, rejetèrent une fois de plus son joug. Le roi des Mèdes Cyaxare (635-584) forma avec eux une puissante coalition pour attaquer Ninive. Après un long siège, il s'empara de la grande cité assyrienne et la détruisit de fond en comble (606). Le peuple assyrien fut exterminé et son empire partagé entre les Mèdes qui reçurent en partage l'Assyrie propre, et les Babyloniens qui annexèrent le reste de la Mésopotamie et la Syrie. Le roi de Babylone Nabuchodonosor (6o4-56i) chassa de Syrie les Egyptiens qui avaient profité des événements pour réoccuper ce pays. En Palestine, il détruisit Jérusalem et annexa le Royaume de Juda 586). De leur côté, les Mèdes imposèrent leur suzeraineté aux peuples congénères de l'Iran, Perses et Bactriens, puis tournèrent leurs armes dans la direction du nord-ouest, vers l'Arménie et l'Asie-Mineure.

L'Arménie n'appartenait plus aux anciens Ourartiens dont nous avons vu les luttes contre Assour. Elle venait, précisément à l'époque qui nous occupe, vers l'an 600, d'être conquise par les Arméniens historiques, peuple de race thrace-phrygienne, originaire de l'Asie Mineure et qui avait refoulé les Ourartiens vers la Géorgie actuelle. Les Mèdes imposèrent leur domination aux Arméniens, après quoi, ils entreprirent la conquête de l'Asie Mineure. Cette vaste contrée était le siège d'un Etat puissant et riche, le Royaume de Lydie qui parvint à son apogée sous la dynastie Mermnade (687-545) (1). Les Lydiens étaient un peuple de race indoeuropéenne, frère des Grecs, des Phrygiens et des Thraces. Ils possédaient une civilisation mixte, empruntée en partie à l'Assyrie, en partie à la Grèce. Après une campagne sans résultats, Lydiens et Mèdes se partagèrent l'Asie Mineure, l'Halys (Kyzil-Irmak) servant de frontière entre eux.

(1) Cf. Ractet. La Lydie et le monde grec au temps des Mermnades, Paris, 1892.

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