‹ Histoire de l'AsieChapitre 10 sur 16 · L^INDE MUSULMANE ' LES GRANDS MOGOLS · texte numérisé non relu

L^INDE MUSULMANE ' LES GRANDS MOGOLS

lourdeur et la surcharge hindoues y sévissent ©ans contrepoide.

Judque-lâ on a lïmpre^sion que la puissante somptuosité de lart indien comme la splendeur de la nature tropicale s'est imposée presque impérativement aux conquérants du Nord. Devant raccablement de tant de richesse, ceux-ci ont d*abord cédé. Ils n'ont réagi que plus tard, à partir du xiv' siècle, en reprenant conscience de leur idéal propre, qui comme celui de tous les hommes de le«r rac*, était l'idéal arabo-persan. La Porte d\Alaeddin à Delhi est déjà plus pure, plus iranienne. Avec la Dynastie des Taghlak, la surcharge hindoue s'ordonne. Sans renier ses origines djaïnas, l'art devient plus sobre et plus sévère. Cette simplification progressive aboutit sous le^ Timourides à la fusion harmonieuse de l'art djaïna et de l'art persan et à la naissance d'un art nouveau, véritablement original et classique.

La conquête de Baber amena dans l'Inde une nouvelle vague d'influences persanes. « Avec les Grands Mogols, dit M, Saladin, l'influence persane se dessine nettement. Le style des monuments qu'ils ont laissés se rattache si étroitement à l'architecture musulmane de la Perse, qu'on pourrait le considérer comme une variété de l'Ecole Persane. Au XVI* siècle, la Perse a joué, relativement à TArt hindou le même rôle que l'Italie de la Renaissance vis-à-vis de la France. L'art persan a été pour l'Inde une sorte de thème sur lequel ont bi-odé les artistes du pays avec leurs idées particulières et en se sci-v ant de procédés différents de ceux des Pensans, — ce qui se comprend si Ton se rappelle qu a la Cour de Tiniour-lenk la culture ailistique et littéraire était presque exclusivement persane. D'un autre oôlé, la vallée de l'Indus était à moitié persane de religion el de nationalité. »

Mais le sol de l'Inde n'offrait pas aux architectes les mêmes matériaux que le sol iraiûen. Ce qui distingue dès Tabord dis monuments analogues de l'Iran les oeuvres de rarchitccliirc indo-persane, c'est le remplacement des revêtements de faïence par le marbre et la pierre dure. Les

26o LA CHINE AUX TEMPS MODERNES

kiang, du Fo-kien et du Kouang-toung vivaient d'une vie provinciale intense que n'avait pu affaiblir la centralisation mongole. C'est dans ces ruches humaines du Fleuve Bleu et de la région cantonaise, que, plus d'un siècle après sa mort, le "Conquérant du Monde connut sa première défaite : C'est de là que partit le mouvement révolutionnaire qui bouta les Mongols hors du Royaume Fleuri,

La révolte contre les Mongols éclata en i352 dans toutes les provinces du Yang-tsé et de la région cantonaisc. Elle a/fecta d'abord un caractère eporadique. Réprimée sur un point, elle reparaissait sur un autre. Ce qui prouve bien qu'elle répondait à un mouvement profond des masses populaires, c'est que pendant longtemps elle ne fut pas organisée. Les chefs révoltés, — tels l'aventurier Tching Yéouléang au Hou-pé, et le corsaire Fang Koué-tchin au Tchékiang, — ne cherchaient nullement à coordonner leurs efforts. Quand ils avaient réussi à chasser les Mongols d'une province, ils se la disputaient les armes à la main. A la vérité tous ces libérateurs du sol national se conduisaient en pillards féroces. C'étaient autant de capitaines d'écorcheurs à la tête de « Grandes Compagnies » analogues à celles qui, vers la même époque, désolaient la France. Vers i36o toute la Chine au Sud du Yang-tsé était délivrée des Mongols, mais restait en proie à une affreuse anarchie. La situation changea lorsque, parmi tant d'aventuriers sans lendemain, il s'en trouva un qui, à ses talents militaires, joignit une politique suivie et le souci du bien public.

L'homme qui devait disciplinjCr et faire triompher le mouvement révolutionnaire, s'appelait TchouYouen-tchang, mais comme il devait être connu par la suite sous le nom de règne de Hong Wou, c'est sous ce nom que nous le désignerons désormais (i). C'était le fils d'un pauvre laboureur du Ngan-hoeï. Son père, pour assurer sa carrière et ménager ses forces, — car l'enfant était d'une intelligence remarquable, et d une constitution délicate, — l'avait fait entrer comme novice dans un couvent de bonzes. Mais le jeune

(1) Cf. Abel Rémusat, Nouveaux Mélanges Asiatiques, II, 4-20.

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moine ne manifestait qu'un goût médiocre pour la vie religieuse. S'il garda de son passage chez les bouddhistes une grande douceur de mœurs, des sentiments d'humanité et de modération rares, il n'avait rien d'un contemplatif. Ingénieux, adroit, à la fois remuant et sage, sa qualité maîtresse était l'esprit politique. L'exemple des grands aventuriers de cette époque lui enseignait comment, de manant, 00 devient grand seigneur. Un jour, n'y tenant plus, il jeta son froc aux orties et alla rejoindre les insurgés. Sa réputation de capitaine fut bientôt établie. Il eut son armée à lui, formée comme celles de ses rivaux de Jacques et de spadassins, mais que les paysans considéraient d'un meilleur œil parce qu'il interdisait le pillage. Cette politique, humaine et adroite, porta ses fruits. En i356, Hong Wou enleva aux Mongols Nankin et les autres villes du Yang-tsé inférieur. Il fît de Nankin sa capitale et y constitua un gouvernement régulier que les populations, fatiguées de la guerre civile, accueillirent avec joie. Toutefois, avant de mener à bien la reconquête chinoise, Hong Wou eut à triompher des différents chefs de bandes qui, étaient comme lui candidats à l'Empire. En i363, il vainquit le plus redoutable d'entre eux, Tching Yéou-Iéang et s'empara de ses possessions (Houpé, Hou-nan et Kiang-si). En 1367, il enleva à d'autres aventuriers le Kiang-sou et le Tché-kiang, puis le Fo-kien et la région cantonaise. Maître de presque toute la Chine Méridionale, il put alors entreprendre la conquête de la Chine du Nord sur les Mongols.

L'Empereur Hong Won.

Expulsion des Mongols.

On s'est demandé pourquoi la dynastie Mongole était restée inactive devant la perte de ses provinces. C'est qu'à ce moment même son attention était détournée des affaires chinoises par un grave péril qui la menaçait du côté du Nord : Les tribus de la Mongolie, avaient profité des embarras dé leurs cousins de Pékin pour essayer de conquérir le

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