LES EMPIRES MONGOLS
Les Timourides ne conservaient plus que le Khorassan et la Transoxîane. Ils s'y perpétuèrent pendant près d'un demisiècle encore. L'un d'entre eux, Husseïn-i-Baïkhara qui régna sur le Khorassan, avec Hérat pour capitale, de ii68 à i5o5, fut un des Mécènes les plus éclairés de l'Orient. Sous son gouvernement humain et libéral, le Khorassan redevint, " comme sous Chah Rokh, le centre le plus brillant de la civilisation musulmane (i).
HuiSseïn-i-Baïkhara eut pour ministre le grand Ali Chîr qui fut en même temps son confident et son ami (2). Ali Chîr (i4/|0-i5oo) est le type du gentilhomme transoxianais de l'époque timouridc, affiné par trois siècles de culture iranienne et devenu lettré comme un compatriote de Sâdi, sans cesser d'être magnifique comme un grand seigneur turc. Historien, moraliste et poète, il fut par ses poésies turques, un des créateurs de cette belle littérature turque-djagataï que devait illustrer après lui son admirateur, le Grand-Mogol Baber. Et en même temps par ses poésies persanes, il ne fut pas indigne de rivaliser avec Djami. Méconnu par Abou- Saïd, il s'était retiré à Samarkande, lorsque Husseïn-i-Baikhara, dont il avait été le condisciple, devint roi du Khorassan. Le nouveau monarque pria aussitôt son cousin Ahmed Mirza, roi de Transoxîane, de lui envoyer Ali Chîr. Ali Chîr profita de sa faveur pour attirer k Hérat le^ plus grands hommes de son siècle. Il protégea les {Montres Béhzadé et Chah Mouzzaffer et les* écrivains persans Mirkhond (i/|33-i/i98) et Khondémir (-i-iOv^o). 11 donna à Mirkhond un logement près de son palais, dans un des collèges qu'il avait fait construire. C'est là que le célèbœ chroniqueur composa son histoire universelle, si précieuse pour l'étude des diverses dynasties de la Perse musulmane. Ali Chîr avait réuni à Hérat une importante bibliothèque. H en confia la direction au fils de Mirkhond, Khondémir, auteur lui aussi
(1) Cf. Khondémir, Vie du Sultan ÏIusseîn-i-Baîkhara, traduct. Ferlé, P: 1898.
(2) Cf. Belin, Notice sur Mir Ali Chtr Xevaii, Journal Asiatique, 1861, I, p. 173 — et : Caractères^ maximes et pensées de Mir Ali Chtr Nevaii^ Journal Asiatique, 1866, I, 523, et II, 126. — L. Bouvat, L& débat des deux langues de Mir Ali Chir Névaii, Journal Asiatique, 1902, I, 367.
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Kn i&o3, le deiiiier de ces princes, Babcr, fut chassé de la TranaoKiane par un aeîgoeur mongol nommé Mohammed Sheibani qui était, lui aussi, de noble lignée, car il descendait directement d'un des fils de Djoudi, liU de Tchinkkîz vi-o" Baber emportant avec lui ses rôves d'épopée, ses \ l'Empire du monde et son génie militaire, se réfugia loul, d'où il partit à la conquête de l'Inde, tandis que ni fondait en Traneoxianc une nouvelle maison 0).
- UEMPIRE MONGOL ET LE RAPPROCHEUENT