XXVI AVERTISSEMENT
appuyer la réflexion que j'ai faite plus haut , et pour démontrer 5 en même tems, l'inexactitude des faits racontés par madame Campan. Ainsi^ elle dit: a Pendant que des courriers portaient des « lettres conSdentielles du roi aux princes ses « frères et aux princes étrangers, l'assemblée fit « inviter le roi à écrire aux princes , pour les enga- <c ger à rentrer en France ; et le roi chargea Tabbé « deMontesquiou de lui faire la lettre quMl vou- « lait envoyer. » On ne peut se dissimuler que ce passage renferme une accusation bien grave contre la loyauté de Louis XVI; et, dans le cas où cette accusation serait fondée , il aura dû en ^ coûter beaucoup à madame Campan pour se décider, d'après sa position antérieure, à lui donner» par un aveu public, autant de consistance.
Madame Campan, qui parle quelquefois de ce qui se passait dans les assemblées, n'était nullement à portée d'en avoir connaissance. Aussi , le prouve-t-elle par les erreurs fréquentes qu'elle commet. C'est ainsi, qu'en parlant de la délibération de l'assemblée législative sur le cérémonial à observer pour la réc/eption du roi, elle dit que Malouet prit la parole , et que, sur ses observations, le décret précédemment rendu fut rapporté. Comment madame Campan pouvait-elle ignorer que Malouet ne fesait point partie de l'assemblée législative^ et qu'il ne pouvait même