‹ Histoire de l'Assemblée constituanteChapitre 21 sur 54 · AVERTISSEMENT. XXXVII · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. XXXVII

cherche avec soin à s'assurer de la néalité de plusieurs assertions fort importantes, et qui présentent assez d'apparence de probabilité.

Si l'on voulait passer en revue tous les ouvrages et mémoires qui ont paru jusqu'à ce jour, sqr la révolution, signaler les inexactitudes sans nombre et le plus souvent injurieuses qu'ils contiennent, il faudrait consacrer k cet ingrat travail de nombreux volumes; car, pour prouver la fausseté de telle accusation, renfermée en deux lignes, un grand nomb;*e de pages seraient le pluç souvent indispensables. Mais qui voudrait entreprendre un pareil ouvrage, relever les erreurs des écrivains qui n'ont eu d'autre but que de faife des livres assez piquans pour obtenir de la vogue et du débit? Tout ce que la raison commande, c'est d'inviter les hommes qui, après la tourmente dans laquelle nous sfommes encore, voudront recueillir les matériaux de l'bistoire, aii milieu d'un fatras de publications, à procéder, dans leur exa-^ men,avec la plus grande circonspection, et à rochercher, avec une sévère imparti^alité, p^raii tant de contradictions, ce qui leur paraîtrait réunir tous les caractères dé la vérité. .

11 me reste à répondre à quelques objections que je prévois facilement qu'on pourfa m'adresser. •

On dira, sans doigte, après avoir lumon ouvrage

XXXYIII AV£RTISSEMEIiT.

que je ^uis partisan de }a. révolution : je 'siiis loin de m'en défendre. J'ai été profondément a£Bigé des excès qui ont eu Keu pendant Fassraiblée constituante et indigné des crimes qui 6nt suivi la séparation de cette assemblée. Ces malheurs ont confirmé çeti;e vérité^ reconnue de tout tema, que les révolutions, surtout populaires, sont de terribles catastrophes; mais je n'en persiste pas moins à regarder la révolution dite de 1789 et les immenses résultats qu'elle a produits , comme lé plus grand pas qu'ait jamais fait la civilisation. Gé n'est point, comme on Ta prétendu souvent, qu'elle ait rendu à l'homme sa dignité primitive, |>uisque cette dignité n'avait jamais existé, ni dans naturel, ni dans toutes les organisations politi-> ques de l'antiquité, assez injustes, assez impar* faites pour consacrer l'esclavage du plus grand nombre; mais parce que cette dignité ne pouvait s'appuyer que sur des principes aussi vrais, aussi purs que la morale , et sans la consécration des^ quels on ne pouvait fonder un ordre de choses, conforme aux véritables intérêts de la sociabilité et au JDonheur des nations.

On me fera, peut-être aussi, le reproche de ramener trop souvent les discours deBarnave; mais, indépendamment de l'extrême importance qu'ils .ont par eux-mêmes, comme ils se rattachent à presque toutes les discussions graves, et qu'ils ont

Page 1