‹ Histoire de l'Assemblée constituanteChapitre 22 sur 54 · AVERTISSEMENT. XXXIX · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. XXXIX

habitueliemefit concouru à fixer lés déterminations de l'assemblée, j^ai cru qu'en éterant à l'amitié un monument^ fondé sur des titres de gloire acquis par un talent si remarquable , si cruellement, si prématurément ravi à son pays, ce ne ferait pas servir moins utilement la chose.publique. D'ailleurs, cette espèce de prédilection ne m^a point empêché de faire Valoir les idées et les talens des autres membres de l'assemblée, à quelque parti qu'ils aient appartenu ; elle ne m'a fait rien omettre dé ce qui pouvait jeter du jour sur des discussions fondamentales, auxquelles on a eu recours pour l'établissement de la Charte, comme on sera forcé de 1^ faire, toutes les foisqu'on vourfi^ créer un gouvernement constitutionnel. L'ouvrage que je publie, je dois en prévenir encore le lecteur^ tient en partie au genre des mémoires et, plus spécialement, à l'histoire. Les méntoîres sont la relation dés faits particuliers qui n'étaient pas connus jusqu'alors, et, à cet égard, j'ai cru devoir parler à la première personne, comme fêlant moi-même le récit; tandiis que, pour ce qui concerne les discassions publiques y les événemens patens el historiques, J'ai cru devoir employer, à l'exemple de tous les historiens, la troisième personne , en parlant de moi comme de tous les autres hommes qui ont figuré dans la révolution.

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Enfin, on ne manquera sûrement pas de iné blâmer de n'avoir pas jeté un voile sur un trés^ petit nombre de questions , que Ton paraîtrait vouloir soustraire, si la chose était possible, aux regards et à la connaissance du genre huîEnain,\lont Tatten^ion n'a point cessé d'être invariablement fixée sur la plus étonnante des révolutions , poli-< tiques et nK>rale$, qui aient janfiais agité le monde. Je conviendrai, si l'on veut, que l'examen de ces questions pourrait sembler déplacé dans une assemblée publique, et dans un pays où l'ordre so^ çial reposerait, depuis long-tems, sur des bases iné*branlables; mais la discussion de tous les principes fondanOentaux du régimç représentatif, c'est-àdire, de celui que les lois ont .établi, du consente* ment de la nation, représentée par ses mandataires, devenait indispensable dans une assemblée destinée à donner une constitution à la France. JjC tems a démontré que ce qu'on appelait de la témérité n'était , réellement , qu'une haute pru-;dençe. En effet, si le génie, le savoir, le courage et l'éloquence ne s'étaient pas réunis pour révéler, à la nation ses droits méconnus ; si la persua-^ sion d'une part, et, de l'autre, d'immenses bien^ faits ne l'avaient pas attachée, par des liens invin^ cibles , à la conservation de ces mêmes droits, où en serions-nous aujourd'hui? On aurait aussi qualifié d'entreprise inseipsée, l'établissement

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d'une Charte y ou plutôt la Charte n'eût jamais été proclamée/Historien de l^ssemblée constituante^ j'ai dû rapporter les discussions qui ont jeté tant de lumières sur des Tentés dont le monda comr mence à entrer en possession , mais qu'il ne faujt pas se lasser de répéter, jusqu'à ce qu'elles soient parvenues à former, partout, le fonds de laçons^ cience des peuples;, jusqu'à ce qu'elles aient dér racine tous les préjugés, contraires à leur triomphe, et vaincu tous les obstacles qu'opposent , à la raison comme à la justice, des passions, «t l'intérêt privé'en guerre, encore, avec l'intérêt général. C'est un avantage incontestable d'avoir assisté comme témoin aux événemens que l'on raconte, et d'y avoir pris, soi-même, une assez grande part. Cette situation peut exposer , il est vrai, au soupçon de partialité ; mais le caractère et la vie publique de l'écrivain peuvent aussi éloigner de lui ce danger : comment , d'ailleurs, accorderaiton une entière confiance à des ouvrages, dont les auteurs n'ont pu puiser les élémens que dans des écrits, dont ils n'étaient point à même d'apprécier l'exactitude, de peser l'autorité , et de les comr parer, avec quelque connaissance de cause, aux faits matériels, aux circonstances qui les ont créés ou modifiés, à l'esprit du tems qui les a vus naître , aux impulsions du peuple xlans le sein duquel les événemens ont éclaté , et enfin au carac-

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tére et à l'intensité de la résistance, qui a exagéré rénergîe des moyens employés à la vaincre?

Une partie des matériaux qui devront concourir k h, composition d'une histoire générale de la révolution, est encore cachée dans l'ombre, et y restera ensevelie jusqu'à ce que le tems permette de diife la vérité tout entière. Ce grand x>uvrage, qui exigera autant de méditation que de genre, ne pourra paraître que lorsque la révolution sera entièrement terminée, et les institutions assez solidement établies pour n'avoir plus à craindre les attaques des vieux préjugés etcelles, plus dangereuses encore, du pouvoir ( alors seulement, l'écrivain, ayant sous les yeux toutes les pièces du procès, délivré de toutes les entraves, favorisé par la liberté comme par Tindépendance âl>solue dont il a besoin, aura d'autant plus de moyens pour consommer son immense entreprise, qu'il trouvera encore, grâce à la maturité de l'esprit public, formé par le tems, des auditeurs éclairés , et qui auront en outre le courage d'exprimer leur opinion, sur les questions les plus ardues et les plus épineuses du grand examen soumis à leur jugement.

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