INTRODUCTION
Les peuples, comme les inclmdus, ont leur caractère particulier I qui se modifie , plus ou moins , par la succession et la nature des événemens; mais le fonds de ce caractère ne s'ef&ce jamais : quelquefois, on le croit changé parce que de graves circonstances ont suspendu son action et son influence, et, cependant, il ne tarde pas à reparaître , souvent avec plus d'énergie.
Cette observation m*a conduit à jeter un coup-d*œil rapide #ur notre ancienne mionarchie. H m'a semblé utile de rattacher ainsi le pa^sé au présent , en essayant de donner la sanction des siècles à des institutions, que beaucoup de gens attaquent comme des innovations dangereuses 7 tandis qu'elles remontent , réellement, aux premiers tems de notre histoire. En effet , on retrouve partout, et dans notre double origirie, et i chacune des époques qui se sont succédé depuis le moment où nous sommes devenus un seul peuple, les élémexis du gouvernement libre sur lequel la France a voulu as^ seoir à jamais son repos et sob^ bonheur.
Nos ancêtres , les Gaulois comme les Francs , étaient éminemment jaloux de leur liberté. Les uns et les autres l'avaient défendue , pendant des siècles , contre les Romains. La Gaule , trop morcelée, fut vaincue par les armés, et plus encore par la savante politique de César; mais elle continua à se gouverner elle-même;
XLIV , IUrTRODUCTlOir.
Rome ne semblait se réserver qu'une tîspèce de suzeraineté, que maintenait la présence de ses légions, stationnées dans les camps , et entièrement étrangères aux affaires civiles et administratives. Cependant, impatiente du joug , la Gaule avertissait fréquemment , par ses révoltes , la maîtresse du inonde , qu'il n'y avait point, sans liberté, de bonheur pour les Gaulois.
Les Francs , <l'origine germanique, furent plus heureux : ils résistèrent , avec succès , aux atmes de Rome; ils entendirent, avec orgueil^ le tout puissant Auguste leur redemander ses légions. Leur invincible constance fatigua la constance , non moins inaltérable, de ce peuple qui ne renonçait jamais à une entreprise commen* cée. Lorsque là corruption des mœurs , le luxe et les divisions intestines, eurent sapé les fondemens de l'empire dominateur , les Francs , excités par leur lumeur guerrière, vinrent, non pas subjuguer (leur nombre était trop peu considérable pour former une population), mais conquérir le droit de cité dans les Gaules.
Une nation composée de deux élémens , conmie les Gaulois , dès long-tems civilisés , et conservant toujours leurs institutions nationales ,^ et les Francs, fiers de leur longue indépendance , n'était point destinée à devenir esclave. Aussi, le^ jirenuers rois des Français ' , dénomination qui ne présentait point l'idée quelle énonce aujourd'hui, n'étaient que des .chefs militaires, comme le prouve évidenunent un fait consacré par l'histoire : lorsque Clovis veut s'emparer d'un magnifique vase, fruit de la victoire, un simple soldat s'y oppose et brise le vase d'un coup de sa francisque. Ce n'est point le roi
> Franconun rex.