‹ Histoire de l'Assemblée constituanteChapitre 27 sur 54 · LXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXIV INTRODUCTION

dans l'esprit du monarque. M. Turgot fut obligé d^e se retirer, quoique Louis XVI eût dit de lui ces paroles remarquables : « // «y a que Turgot et moi qui soyons les amis du peuple. »

A cette époque,' une querelle s'était élevée entre l'Angleterre et ses colonies de l'Amérique septentrionale. Les rigueurs du monopole, indispensable résultat du régime prohibitif, avaient excité à Boston des troubles qui s^ répandirent promptement dans tout le nord de l'Amérique anglaise. On en vint aux armes. Les efforts des insurgés furent assez puissans pourleur donner l'espoir de se soustraire à un joug, qu'ils regardaient comme oppressif. Le célèbre Francklin fut envoyé par eux auprès de Louis XVI, pour .solliciter le secours de la France. On ne pouvait douter que le gouvernement ne fût disposé à sortir de l'état d'humiliation où Tavait placé le traité de 1763, dont l'un des articles, dicté par l'orgueil plutôt que par la vraie politique, avait condamné la France à recevoir, dans le port de Dunkerque, un commissaire anglais chargé d'y exercer une surveillance outrageante. Aussi, la France ne balança-t-elle point à accorder aux insurgés des secours occultes, dans l'espérance qu'ils opéreraient une diversion utife, en entraînant la Grande Bretagne dans une guerre dispendieuse. Mais bientôt , lorsque le gouvernement français put juger que la résistance opiniâtre des insurgés amené*rait, infailliblement, la scission entière des colonies américaines d'avec la métropole, il n'hésita plus à se prononcer d'une manière ostensible, et la guerre entre la France et l'Angleterre en devint la conséquence inévitable.

Si j'entre dans ces détails, à l'occasion de la guerre d'Amérique , c'est qu'ils eurent la plus grande in-

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