INTRODUCTION. LXV
fluence sur les événeraens qui éclatèrent plus tard dans la France elle-même. Les jeunes militaires, envoyés en Amérique , sous les ordres du général Rochambeau , se pénétrèrent d'idées, toutes favorables à un ordre de choses fondé sur les principes de la liberté : les généreuses pensées qu'ils en rapportèrent, se communiquèrent facilement à leurs compatriotes, et commencèrent à donner un mouvement général à l'esprit public. On doit sans doute beaucoup à ce premier résultat de la guerre, entreprise en faveur de l'indépendance américaine ; mais il faut convenir aussi que la généreuse détermination du gouvernement français lui avait coûté plus de trois cents millions, et que cette somme, énorme à cette époque , où l'on ne connaissait pas les immenses ressources du crédit, occasiona un accroissement considérable dans un déficit qui ne provenait pas de causes aussi légitimes : voilà comment ce qui avait contribué à favoriser une révolution dans le Nouveau-Monde , en préparait une, bien autrement importante, dans l'ancien.
M. de Maurepas était toujours ministre : fl avait pour collègues M, de Vergennes et M. Necker. L'entrée dans le conseil du marquis de Castries et du marquis de Ségur, en ménageant à M. Necker l'appui de la reine , lui donna les moyens de combattre , avec avantage , l'influence de M. de Maurepas. Pour accroître son crédit et arriver au principal rôle, M. Necker crut utile de se concilier l'opinion , et demanda au roi l'autorisation de publier le compte qu'il venait de lui rendre de la situation des finances.
Cette innovation pouvait venir d'un calcul intéressé, d'un désir de popularité ; mais il faut accorder cette justice à M, Necker, que la publication de son compte rendu I. e