‹ Histoire de l'Assemblée constituanteChapitre 32 sur 54 · INTRODUCTION. LXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LXXIII

Cette époque peut être considérée comme celle ou Topiriion populaire commença à se manifester, avec énergie, contre tous les projets qui émanaient de la cour. L'agitation devint extrême dans la capitale, pendant les jours qui suivirent ce coup d'état, si imprudenunent tenté par le ministère ;.on craignait un soulèvement général. Le parlement de Paris , profitant de ces dispositions^ ne se borna point à protester contre le lit de justice; il déclara nul tout ce qui s'y était fait, et ne craignit point d'offenser la cour, pour se concilier l'intérêt populaire, dont il se montrait le soutien et la victime.

Exilé à Troyes, il reçut, sur toute sa route, les acclamations des citoyens ; dans le lieu de son exil , on le combla de bénédictions. La population entière fesait éclater , pour ces magistrats , un dévouement si prononcé , qu'on pouvait tout craindre de son exaltation , et que , dans un lieu si voisin de la capitale , il ne produisît un mouvement qui pourrait s'étendre à toutes les parties du royaume.

Le gouvernement avait tellement la conviction de ce danger , que plusieurs régimens , au nombre desquels se trouvait celui que je conmiandais, reçurent l'injonction de se tenir prêts à se mettre sur-le-champ en marche , pour se rendre à Troyes ; mais les ordres annoncés ne furent point expédiés, par suite des négociations que les ministres venaient d'entamer avec le parlement. Quelques membres de ce corps s'étaient chargés de propositions d'accommodement : les ministres retiraient la demande dé l'enregistrement de nouveaux impôts , qu'on devait remplacer par des emprunts ; d'ailleurs , la cour promettait solennellement la convocation des états-généraux. Le paiement céda, malgré la vive

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