‹ Histoire de l'Assemblée constituanteChapitre 39 sur 54 · XCII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XCII INTRODUCTION

corps , et surtout par le dësir de conserver aux parlemens leur ancienne puissance, demanda que la cour mît pour condition expresse à son enregistrement, que les formes des états-généraux de i6i4 fussent exactement suivies. Cette proposition fut adoptée malgré les efforts énergiques d'Adrien Duport , bien plus dévoué aux intérêts publics qu'à la conservation des prérogati-,. ves du corps dont il fesait p2U*tie.

Un changement aussi subit dans la conduite du parlement, qui décelait l'intention de priver la France d'une véritable représentation , et de conserver son influence sous une fausse apparence d'états -généraux, démontra à tous les yeux que la défense des droits de la nation et de la libefrté publique , n'avait été que le prétexte d'une résistance, qui réellement n'avait eu d'autre motif que des vues intéressées et ambitieuses ; aussi , sa dernière délibération sufEt-elle pour lui faire perdre, en un instant, la faveur que lui avaient obtenue, auprès du peuple, ses résolutions antérieures.

Jusqu'à cette époque, tous les grands corps, noblesse, clergé, parïemens,et tous les hommes qui s'identifiaient à leurs intérêts, s'exagérant la force inhérente au pouvoir absolu , avaient marché ensemble du même pas , ne s 'occupant que des moyens de l'affaiblir; tous avaient réuni leurs efforts contre le despotisme de la cour et des ministres , despotisme qui , lui-même , n'avait été introduit en France que depuis Richelieu; mais, au moment où l'autorité arbitraire apparut à tous comme frappée de mort, chacun se replia sur soi-même, se rendit compte de sa situation particulière , se demanda où il allait , et, s'apercevant que, sans s'en douter , il n'avait servi que les intérêts publics , chacuh s'oc-

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