INTRODUCTION. XCIII
cupa de penser aux moyens çl'assurer le triomphe de ses intérêts individuels. L'examen ne fut pas long , car il était évident que les intérêts populaires avaient seuls entièrement profité de toutes les démarches hardies des diverses aristocraties , pour opérer la destruction de la puissance arbitraire. Ce n'était point là le compte des parlemens, de la noblesse et du clergé, qui n'avaient travaillé que dans la vue de rétablir ou d'accroître leur importance. Ils se trouvaient loin de leur but ; et le résultat de leurs nouveaux efforts , au lieu de les placer dans une situation plus favorable , ne fesaient que compromettre, au plus haut degré, ce qu'ils avaient pu conserver jusqu'alors de privilèges et de supériorités sociales.
Ces observations expliquent le changement soudain qui eut lieu dans la conduite des corps aristocratiques , et qui les jeta dans une route presque entièrement contraire à celle qu'ils avaient parcourue jusqu'alors. Ils s'empressèrent d'abandonner le drapeau de l'opposition, et se rapprochèrent de la cour , pour l'aider à tenir tête à un orage qu'ils espéraient alors ne devoir être que passager.
Mais il était trop tard pour rendre au pouvoir la force qu'ils lui avaient enlevée. Ils en avaient eux-mêmes détruit le prestige , sans lui rapporter en échange autre chose que des prétentions qui excitaient bien plus l'irritation populaire, que la puissance qu'on était porté à respecter , toutes les fois que ses dépositaires en fesaient un légitime usage : aussi , ils accrurent les difficultés qui environnaient le trône , en venant placer sous sa protection leurs privilèges et les restes encore trop pesans du régime féodal. Alors, s'opéra la séparation