INTRODUCTION. XCV
mais (jue le tiers-état, qui n y avait jusqu'alors figuré que pour la forme , y serait représenté à Tavenir par uii nombre de citoyens égal à celui de$ deux autres ordres réunis ; qu'on délibérerait par tête dans une seule et même assemblée , et que les charges publiques seraient proportionnellement, mai^ également réparties. L'assemblée témoignait de plus le désir de voir réaliser, pour la représentation générale de la France, une formation semblable à celle qu'elle avait établie pour les états de la province.
De si sages dispositions obtinrent un assentiment général et servirent de modèle aux municipalités de Bretagne , aux trois ordres du Languedoc et du Vivarais , au tiers -état de Provence, qui députèrent vers le roi pour lui faire connaître également les vœux uniformes de leurs compatriotes. Les principales villes du royaume s'empressèrent d'appuyer ces réclamations.
Quoique les opinions manifestées par l'assemblée de Romans, soutenues par les écrivains, alors les plus recommandables, fussent partagées par l'immense majorité des Français , elles trouvaient cependant une opposition active dan^ les parlemens et dans la presque totalité de la noblesse et du clergé. M. Necker redoutait trop cette triple aristocratie, pour oser suivre ses sentimens personnels, et^ dans Pespoir de sortir d'embarras, il eut recours à une nouvelle réimion des notables. Cette seconde assemblée, quoique composée des méme& membres que la première, se montrait \Àen éloignée des mêmes sentimens 5 maiss^e contraste n'a^ vait rien de surprenant , puisqu'il s'était opéré de^ puis lors un grand changement dans les opinions et la conduite des privilégiés , et qu'il devait nécessairement