AVERTISSEMENT. XIII
« remplissaient les vues des révolutionnaires* ; qu'il <c ne rapportera pas l'ennuyeuse et rebutante noce men<:Iature des pillages, des incendies, des vols , « des assassinats ; qu'il dira seulement à son siècle ft et à la postérité , que l'assemblée nationale aw- « torisa ces meurtres et ces incendies, et que, lors- « qu'on lui demandait, avec prières, des moyens éf- <c ficaces d'apporter remède au mal , elle éludait « ces moyens, s'y refusait avec une opiniâtre per- « sévérance, ou ne les adoptait que lorsque, par « les intrigues les plus coupables, elle s'était aà-* « surée qu'elle les avait rendus inutiles. » Comment un auteur qui se respecte, après avoir effrayé l'imàginatioln par une série de crimes de toute nature, peut-il se borner à dire à son siècle et à la postérité, sans aucune preuve, sans le plus LÉGER INDICE, quc V US Semblée natioTtàle autorisait ces meurtres et ces incendies? En publiant ses Mémoires, lorig-lems après rassemblée constituante^ si tant de souvenirs avaient pu lui échapper , cet écrivain ne devait -il pas consulter le Moniteur? Il y aurait trouvé, à chaque page, la preuve des efforts cônstans de l'assemblée pour prévenir les troubles et les excès; il l'aurait vue , adressant
^ Expression pav laquelle Tautettr désigne constamment les amis de la liberté, ceux qui Voulaient' établir sur la base des intérétS;généraux la constitution qu'ib étaient appelés à donner à la France , et dont les principes ont été consacrés depuis par la Charte.
.XIV AVEETISSEICÉNT.
au peuple le langage ferme de la loi et leâ plus sages conseils; il l'aurait vue, créant dans les gardés nationales une force publique, essentiellement dévouée au maintien de Tordre et capable de le protéger, comme elle Ta fait dans les circonstances les plus difficiles ; le Moniteur aurait encore rappelé à M. de Ferrières la responsàbiKté imposée aux communes , et la loi martiale /publiée par l'assemblée , au milieu des périls que pouvaient lui faire couri/ des troubles dont la cause, si elle eut ,^lé connue, eût peut-être compromis gravement ceux qu'il représente comme des victimes. Est-il juste, est41 conforme à la bonne foi d'avoir passé sous silence tout ce qu'elle a consacré de zèle , de courage et de dévouement , pour assurer la sécurité et la stabilité du trône? N'a -t-elle pas proclamé le principe de la sanction royale, au milieu des soulèvemens les plus tumultueux^ Finviolabi* lité de la personne du roi, dans des circonstances encore plus orageuses, et où les membres, qui la défendirent, étaient prévenus de l'imminent dan^ ger que l'indépendance de leur opinion devait attirer sur leu^s têtes * ?
' J'avais reçu le matin une lettre, signée Marat, dans laquelle il m annonçait ^ue^ si j'osais soutenir le tyilut, ma tite serait portée au bout d'une pique. Cependant, ce fut. sur wa proposition que rassemblée adopta la question préalable sur la demande qu'avait faite Robespierre, d'attendre, pour prononcer, le yœu des départemens.
^VEETIS&EMEtfT. XV
Fidèle au même système de dénigrement et de calomnie contre l'assemblée , M. dç Ferrîères raconte ^au sujet de là^roposition faite par Volncy de former un comité de rapports^ a que lesassas^- €<sln$^ que les incendiaires, assurés de trouver « dans ce cdmité des protecteurs et des apologiâ^ c< tes , marchèrent bautem^it la torche dans une « main f^t le poignard dans l'autre ; que les réclace mations les plus justes restaiexirt ensevelies pour « toujours dans la poussière des bureaux, lorsque , « portées par des prêtres, par des nobles, ils in- « yoc|uaient la protection de la loi. » Il suffirait de lire le Moniteur pour reconnaître Ja fausseté de ces déclamations. Mais on verra, dans la suite de cet ouvrage, que ce comité, ainsi que celui des recherches, que M. de Ferrières attaque av^c encore bien plus de virulence, on ppurrait même dire avec une espèce de délire , ne furent institués, au contraire, qn^e pour mettre un frein à tous c^ mouvemens particuliers , qui ne piouvaient que conduire à des désordres généraux. Conune ces mouvemen&, sans cea&e renaissans et dangereux pour la liberté eUe-meme, étaient la conséquence naturelle de la violence d'une opposition, en guerre ouverte avec le vœu unanime delà France, il était indisponible de rendre la multitude étrangère à la rqpherçhe des complots qui pourraient être tramés contre l'ordre public. Maia, pour détruire la méfiance, généralement répandue et si