ARMÉE
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erreurs ou les injustices de lu veille. M. de Lanjuinais a repoussé la motion de M. de Robespierre par le motil qu'elle tendait a faire revenir rassemblée sur un de ses décerts. . . Comment M. de Lanjuinais a-t-il pu conseiller à l'assemblée de persévérer dans une injustice, plutôt que de rétracter un décret? Il a cependant donné ce conseil, et, ce qu'il y a d'affligeant, avec succès. » (L'Ami du Roi, n° CIX, p. 2.)
Dans la séance du 21 au soir, Robespierre fit une demande semblable. Il voulait que les frères lais de Saint-François fussent traités comme les pères. Cette motion n'eut pas plus de succès que la précédente.
Séance du 18 septembre au soir. — Une députation est introduite à la barre et présente à l'assemblée l'hommage du- peuple liégois. Merlin fait admettre cette députation dans l'intérieur de la salle ; Durget demande communication de ses lettres de créance ; Mirabeau invoque la question préalable sur cette motion désobligeante. La séance devient orageuse : Folleville et la partie droite persistent à demander les pouvoirs, malgré la majorité ; le président rappellé Folleville à Tordre; Lucas demande que le premier interrupteur soit envoyé à l'Abbaye; Foucault délie qu'on vienne l'arrêter et déclare que la partie droite résistera à l'oppression. (Applaudissements de ce côté.) Alexandre Lameth s'élève contre l'opposition de la minorité : « Qu'elle frémisse, dit- il, que la patience de la nation ne s'altère ! » (Les tribunes applaudissent.) « C'est une infamie, s'écrie Murinais ; on nous menace du peuple. » L'orateur de la députation liégeoise continue; il fait l'historique de la révolution de Liège, et réclame des sommes prêtées par les Liégeois au gouvernement français. L'assemblée ordonne l'impression de ce discours et de la réponse du président.
Séance du 19 septembre. — Noaillcs fait un rapport sur quelques libelles distribués aux soldats suisses de la caserne de Courbevoie, au milieu d'une société helvétique, et dénoncés par les municipalités deRueil et de Courbevoie. Il s'élève contre cette propagande qui compromet la discipline, et propose ce décret qui est adopté : « Il est défendu à l'avenir à toutes associations ou corporations d'entretenir, sous aucun prétexte, aucune correspondance avec les régiments français, suisses et étrangers qui composent l'armée; il est également défendu auxdits corps d'ouvrir ou de continuer de pareilles correspondances, à peine, pour les premiers, d'être poursuivis par les magistrats chargés du maintien des lois,
f>4 (septembre 1700) assemblée nationale.
comme perturbateurs du repos publie, et pour les seconds, d'être punis suivant la rigueur des ordonnances. » Là-dessus les Révolutions de Paris disent : « Nous sommons en cet instant M. de Noailles, le ci-devant vicomte, de présenter aucun des libelles qu'il attribue si légèrement à des corporations de soldats. Oui, nous le disons bautement, il a surpris la religion de l'assemblée dans le décret qu'elle a rendu sur un rapport aussi faux qu'injuste. Un seul fait suffira pour prouver que les procès-verbaux de Rueil et de Courbevoie n'ont été dirigés que par les ofliciers de la caserne dévoués aux Bezenval, aux d'Aïïei et consorts... Les libelles prétendus étaient des adresses de paix et de concorde présentés aux soldais par un citoyen estimable, M. Bouillé... Et, sur le rapport de M. Noailles, rassemblée, sans demander lecture des libelles qu'on letnr imputait, déclare traîtres à la patrie des soldats qui veulent éc lairer la nation sur la conduite ténébreuse et clandestine de leurs chefs. »
Séance du 29 septembre. — M. Voidel. Votre comité des recherches m'a chargé de vous présenter une dénonciation contre un curé de la Flandre maritime. La municipalité demande qu'on lui indique les moyens pour faire cesser les prédications dangereuses de ce prêtre fanatique : non-seulement il ne publie au prône aucun décret, mais il damne impitoyablement ceux qui parlent de la vente ou de l'acquisition des biens nationaux ; il va plus loin, il étend la damnation jusqu'aux derniers individus de leur famille, et jette ainsi le trouble dans sa contrée. La dénonciation est signée du procureur-syndic de la commune : votre comité des recherches vous propose le décret suivant :
« L'assemblée nationale, après avoir entendu son comité des recherches, a décrété que son président se retirerait par-devers le roi, pour le supplier de donner les ordres les plus prompts, à l'effet de faire informer provisoirement, et jusqu'à la nouvelle organisation des tribunaux, par la municipalité de Saint-Omer, sur la requête du procureur de la commune de Lordewese, contre le curé de cette même municipalité. »
Dans la séance du 50, Beauharnais rendit compte d'un mémoire du collège de Pontlevoy qui présentait un nouveau système d'éducation publique. Dans la même séance, Chabroud commença la lecture de son rapport sur les affaires d'octobre. Nous avons déjà donné ce rapport et analysé la discussion dont il fut suivi. (Voir, tome III, liv. xn.)