GARDE DU ROI
Au général Lafayette.
Je vous préviens, monsieur, que lorsque je formerai ma maison militaire à pied, mon intention est d'y admettre, comme vous m'en avez parlé, les grenadiers soldés de la garde nationale de Paris et une partie de la garde soldée. Je vous consulterai sur le travail dans le temps que je compterai le mettre à exécution, ainsi que sur le service des volontaires des différents gardas nationaux. Vous savez que mon intention a toujours été qu'ils fassent le service auprès de ma personne dans les différents endroits où je me rendrai..
Signé : Lotis.
Séance du 11 novembre. — Biauzat prononce un discours sur les inquiétudes qu'inspire le projet d'une nouvelle garde du roi; il demande què l'assemblée examine s'il convient de créer celte garde, et, dans le cas de l'affirmative, qu'elle décide comment elle doit être organisée. Beau harnais appuie cette proposition ; il pense, en outre, qu'il est important de décréter que jamais, et dans aucune circonstance, le roi ne commandera les troupes en personne. Malouet s'élève conlre ces propositions qu'il considère comme amenant la désorganisation de l'état monarchique, sous lequel, dit-il, le peuple veut vivre. Alexandre Lameth parle contre le système de quelques individus qui voudraient présenter les amis de la liberté comme les ennemis de la royauté. (Plusieurs voix de la droite : Oui, oui ; toute la gauche : Non, non.) 11 déclare que l'alliance vraiment sainte et durable est celle du prince et du peuple cimentée par la destruction de toutes les tyrannies intermédiaires, et demande le renvoi de la motion de Biauzat aux comités militaire et de constitution. L'assemblée décrète ce renvoi, ainsi que celui de la motion de Beauharnais. Foucault et Rochebrune demandent acte de ce que personne du côté droit ne s'est levé.
, Ainsi la méfiance et les soupçons que toute occasion faisait naître, passaient du peuple dans le sein de l'assemblée ou revenaient de celle-ci dans le peuple. Les deux grands partis qui divisaient la nation étaient toujours en présence ou s'y sentaient toujours. Les contre-révolutionnaires qui n'avaient point le nombre pour eux et auxquels étaient interdites les manifestations sur la place publique, s'étaient réfugiés aux théâtres. C'est là qu'ils faisaient leurs émeutes, a Les salles de spectacle étaient devenues des champs clos où les deux partis se livraient de perpétuels combats, dit Ferrières. Les aristocrates, toujours confiants, croyaient bonnement dominer l'opinion
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publique, et c'était aux spectacles qu'ils allaient l'étudier. Là, lorsqu'une allusion favorable leur permettait de faire éclater leurs sentiments pour le roi ou pour la reine, ils estimaient un grand triomphe de couvrir la voix de l'actcUr par de bruyants battements de mains, et de montrer ainsi aux jacobins que leur parti était le plus fort. Ils allaient ensuite triompher dans les cafés, tandis que les plus empressés couraient au château assurer que le parti révolutionnaire était écrasé, que l'opinion publique changeait visiblement. Mais, ils ne jouissaient pas longtemps de ce faible avantage. Les jacobins se rendaient en masse au spectacle suivant, insultaient, maltraitaient les aristocrates, affectaient d'applaudir à tous les vers qui avaient, quelque rapport à la liberté et de siftler tous ceux qui pouvaient rappeler l'amour du peuple pour les rois. Ainsi le gant jeté si imprudemment par les aristocrates ne servait qu'à raviver les haines. » (Mémoires de Ferrières.)
Les administrations théâtrales trouvaient leur intérêt à représenter les pièces les plus propres à exciter ces rivalités qui remplissaient leurs salles et leurs caisses. On reprit Brutus, au Théâtre-Français. « Brutus, le père de la liberté romaine, disent les Révolutions de Paris, a paru deux fois sur la scène française depuis huit jours,; il a été accueilli par les patriotes avec ivresse. Les aristocrates ont frémi d'entendre les principes destructeurs de la tyrannie, et aussi anciens que le monde. Ils étaient ébahis de voir que Voltaire, gentilhomme et gentilhomme ordinaire du roi, eut put tracer en 4730 des maximes de droit politique avec une énergie digne du H juillet 1789. Ils semblaient se demander raison de cela, et se dire : « Eh! mais mon Dieu! c'est inquoyable, en véïté, c'est inimazi— nable... Mais il n'y avait donc pas de yeutenant-gênêal de poïce dans ce temps-là? » Alors ils ont pris le parti de Messala. Ce Messala est un maraud d'aristocrate qui parle de la liberté du peuple comme les courtisans en parlaient à l'GEil-de-Bœuf le jour de la séance royale. C'est une espèce de Maillebnis, un de ces hommes qui vont subornant les patriotes, séduisant les jeunes amis de la li- % berté, et promettant des épaulettes perpétuelles et grande fortune à tous ceux qu'ils peuvent avoisiner. Les amis de Tarquin, et ceux qui regrettent les dîners de son excellence Aruns, ont pensé mourir de chagrin, et les patriotes de joie, quand ils ont vu que les sections de Rome et les soldats romains, tant, des ailes que du centre, n'entendaient pas raillerie, et que les traîtres, à commencer par le fils du maire de Rome, ont fini par être pendus par ordre du maire luimême.
« Quant au maire et au sénat de Paris, ils n'ont pu s'élever à toute
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la hauteur rie l'ouvrage sublime dont nous parlons; niais rvla viendra. Le public, excellent professeur et correcteur tout ensemble, a fait recommencer pour l'instruction municipale ces deux veis :
«« Arrêter un Romain sur de simples soupçons, « C'est agir en tyrans, nous qui les punissons. »»
« La municipalité semblait avoir prévu le coup ; car, pour ne faire arrêter personne, elle a trouvé l'expédient merveilleux et fort constitutionnel de dépouiller les spectateurs de leurs épées, cannes, bâtons et badines, de manière que pour peu que cette méthode se perfectionne, on établira des commis à la porte des théâtres pour fouiller les spectateurs, car on peut porter des pistolets. Cette défense a été trouvée admirable par les anciens commissaires de police et autres perruques du même ordre. Le célèbre Lenoir, à la lecture de cette ordonnance prohibitive, s'est déclaré vaincu. En effet, quoi de plus simple et de mieux inventé? On demande à M. le maire la tranquillité. Voulez-vous qu il aille commander deux ou trois cents hommes de garde extérieure pour se tenir prêts en cas de bruits? C'est bien la marche de la loi à la vérité; mais, tout calculé, il vaut mieux ôter les cannes : outre que quand on ne les aura pas, on ne pourra s'en servir. Au moyen de cette petite privation si naturelle, si bien motivée, le peuple s'accoutumera à de plus grandes. Une première prohibition prépare la seconde ; et, comme dit le prophèteroi : Abyssus abyssum invocat, c'est-à-dire, un abus en amène un autre, si nous entendons le latin royal. Cependant, comme il n'est pas question de ces défenses-là dans le livre de la loi, nous invitons les citoyens à s'adresser à l'assemblée nationale pour qu'elle mette à profit la rubrique ingénieuse de la municipalité, et qu'elle décrète, sans tarder, l'article des badines, sans oublier le chapitre des chapeaux. »
Le même journal rend compte d'une pièce intitulée Procès de Socrate, « comédie patriotique, dit-il, où sont des faits récents, l'histoire du jour sous des noms antiques. Le Châtelet, le grand Boucher d'Argis, Bninville, M. d'Orléans, Jupiter, Junon et l'oiseau de Junon étaient les personnages de cette pièce. » Cette pièce fut jouée au Théâtre de Monsieur. L'auteur était Collot d'Herbois, déjà connu par la Famille patriote, à-propos pour la fédération du 1-4 juillet.
On voit qu'il n'y avait point de distraction pour l'esprit révolutionnaire. Partout on lui offrait des aliments. Dans une telle situation morale, la moindre cause provoquait une émeute. Aussi un duel entre M. de Casti ies et M. Charles Lameth donna-t-il lieu à une
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émotion populaire. Ce duel était regardé par tout le monde comme une suite de la nouvelle tactique adoptée par le côté droit. La réponse du peup'e fut brutale, mais décisive : l'hôtel de Castries fut saccagé. Voici le récit des faits d'après les journaux du temps.
(Extrait de l'Orateur du Peuple, t. 2, n°XXIX, p. 231.)— « Hier matin 11 novembre, se présente chez M. Charles Lamelh un jeune homme de vingt-trois ans, qui lui propose un cartel pour s'être opposé, il y a dix-huit mois, dans une assemblée d'un bailliage de l'Artois, a ce qu'il fût nommé député de l'assemblée nationale. M. Lameth lui répond froidement que n'ayant pas l'âge prescrit par les lois, puisqu'il faut avoir vingt-cinq ans, son exclusion a été toute simple; il lui témoigne en même temps sa surprise, et lui donne rendez-vous à un lieu indiqué. Une heure après cette explication, M. Lameth, qui a fait ses preuves de bravoure, raconte le fait à plusieurs députés, et entre autres à MM. de Menou, Noailles, et on lui a dit de mépriser ce cartel ; et ces messieurs vont sans lui au rendez-vous, où ils font rougir le jeune homme du rôle méprisable auquel il s'est prêté. »
Le mémey n° suivant. — a Tout paraissait arrangé ; M. de Lameth se rend à l'assemblée. Jeune, bouillant, plein d'honneur (et c'est sur quoi on avait calculé), il essuya de la part des aristocrates mille brocards injurieux ; son refus de se battre est taxé de lâcheté par les vils sectateurs d'un préjugé dont ils n'exaltent la loi impérieuse que parce qu'elle favorise l'assassinat des patriotes ; il n'y répond qu'avec les termes du mépris. Le sieur Lautrcc, noir que n'a pu blanchir un décret de l'assemblée, s'emporte en invectives et en menaces. M. de Lameth dit qu'il n'a pas tellement renoncé à ne point tirer raison d'un outrage, qu'il ne fût prêt de se battre à l'instant même avec un des coryphées du parti qui rugit d'impatience de nous massacrer; mais il ajoute que le sieur Lautrec, qui est boiteux, lui fait pitié. Alors le sieur de Castries s'écrie du ton le plus impudent qu'il cherche depuis longtemps à se couper la gorge avec les principaux chefs du parti populaire, et il propose encore plus arrogammentle cartel à M. Lameth. Ce dernier lui répond : Ce sera à l'heure même. Il choisit pour seconds Menou et Barnave : la nuit avançait ; à peine pouvait-on distinguer les objets ; c'était à l'épée; les fers se croisent; mais au moment que Charles Lameth fournit une botte terrible qui devait tuer son adversaire, mais qui ne passe qu'à côté de lui, il écarte de la main gauche l'épée ennemie, dont la pointe labourant le poignet et tout l'avant-bras, pénètre assez avant pour lui faire une blessure grave. »
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Samedi, 13 novembre 1790. — «Depuis quelques jours le peuple frémissait sourdement du complot formé pour donner au roi une maison militaire qui devait être composée de six mille hommes de la garde nationale du centre. Ce projet dangereux était à la veille d'êlre présenté à l'assemblée nationale, et devait être vigoureusement repoussé par les députés patriotes. Pour les empêcher de le faire rejeter, qu'ont imaginé les aristocrates? Assassiner, c'est le moyen le plus sûr; mais assassiner sans se compromettre, c'est la grande science des lâches et des hypocrites.
« On a donc formé une ligue de spadassins pour attaquer en même temps les plus ardents patriotes de l'assemblée nalionale, et les plus éloquents défenseurs du peuple. MM Charles Lameth, Menou, Barnave, Robespierre, Rœderer, Rabaud, Bernard, ont été provoqués presque à la fois, chacun par un adversaire particulier.
« M. Charles Lameth, forcé de se battre en duel avec M. de Castries, a été grièvement blessé. Les circonstances de cette affaire ont tellement irrité le peuple, déjà las de tant d'agressions faites aux seuls députés patriotes, qu'il s'est mis sur-le-champ en mouvement pour exercer sa juste vengeance sur le sieur de Castries. 11 a couru en force à son hôtel qu'il projetait de démolir de fond en comble. Il n'est pas à lui, a dit un voisin . A ces mots, le peuple a changé de . dessein : voulant punir le sieur de Castries seul, il est entré dans l'hôtel, a tout brisé, tout cassé; meubles, glaces, lits, argenterie, argent, billets de caisse, tout enlin a été mis en pièces et jeté par les fenêtres. Au milieu du tumulte, un des orateurs du peuple a dit : Nous sommes honnêtes gens; nous protégeons nos amis; le premier d'entre nous qui volera un clou, sera pendu. A ce plébiscite énergique, toutes les bouches ont crié : Bravo! qu'il soit pendu celui qui a de mauvaises intentions! Quand ce peuple est sorti, il fallait le voir ! tous avaient la veste déboutonnée, le col ouvert et les poches renversées.
« Au reste la garde nationale est venue et a investi les alentours de rhôtel; mais le peuple ne lui a pas fait l'injure de la redouter. M. de Lafayettc est arrivé fort tard sur son cheval blanc; il a salué tout le monde avec beaucoup de grâce, après quoi il a tait mettre la baïonnette au bout du fusil. Un citoyen s'est avancé, et lui a dit ces propres mots : Mon camarade, songez que nous ne sommes pas à Nancy ; ne vous opposez pas à la justice du peuple. — Sa vengeance est juste, a répondu le général, mais il ne faut pas que le voisinage en souffre. — C'est notre affaire, a répliqué le citoyen avec un air de contiance en la cause dont il s'agissait et en ceux qui la défendaient. M. le maire et trois officiers municipaux, en écharpe et en
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carrosse, escortés de cavaliers, sont aussi venus. Jl est bon de remarquer que pour cette fois personne n'a applaudi.
« Dans la même soirée, un de ces brigands aristocrates à cocarde amphibie du Palais-Royal a voulu plaider la cause du sieur Castries, avec l'air accoutumé de ces messieurs ; il a été un peu berné et a couru risque du bassin. Presque au même instant un autre personnage, qu'on dit être un cordon rouge, a voulu en faire autant ; il a subi la même peine , et soixante baïonnettes prolectrices Tout conduit à la mairie. Tout est tranquille ; les aristocrates ont la mine allongée. » (Révolutions de Paris, n° LXX, page 250.)
Révolutions de France et de Brabant, n° LUI. — « Cette mémorable descente de justice s'est faite avec une gaieté qui n'appartient qu'aux jugements du peuple, à ces arrêts prononcés par l'opinion universelle, et qui ne trouvent point de contradicteurs. 11 y avait plus d'un an que les patriotes, pour achever d'anéantir toutes les distinctions qui tiennent à ce qu'on appelle la naissance (nous autres nous étions morts-nés et comme non avenus dans ce monde), avaient projeté de représenter un beau jour une procession de cordons bleus, et revêtus du grand collier de l'ordre, d'aller entendre aux Cordeliers une messe du Saint-Esprit, célébrée par l'abbé Fauchet ou l'abbé Sieycs. Lors du sac de l'hôtel Castries, l'occasion a fait renaître tout à coup cette idée. Quelle fut la surprise do la vieille maréchale de Mirepoix, lorsque troublée dans sa méridienne par le fracas que faisait devant sa porte le bruyant tribunal de cassation, et aysnt sonné un vieux serviteur pour lui demander d'où venait ce grand tapage dans la rue, celui-ci vint rapporter à sa maîtresse que M. le duc son voisin s'était fait apparemment une affaire avec les chevaliers de l'ordre, l'invitant à venir voir ellemême comment ces messieurs jetaient les meubles par la fenêtre ! Le vieux serviteur ne se trompait pas : le tribunal populaire, pour se costumer aussi à l'exemple des nouveaux juges, et donner à ses jugements un air de majesté, avait fait un quart d'heure de toilette dans la garde-robe du maréchal. Là s'élait faite une nombreuse promotion de chevaliers qui sortirent du cabinet de toilette pour se rendre à leurs vacations, aussi fièrement que les récipiendaires sortaient le jour de l'Assomption du cabinet du roi pour se rendre à la procession ; et M. le duc de Castries ne peut appeler comme de juges incompétents, puisqu'il a été jugé par la cour des pairs. »
Desmoulins, continuant son récit, parle ensuite de l'arrestation momentanée, au sein de cette émeute, d'un sieur Rotondo ( Anglais domicilié à Paris et professeur d'italien, dit-il ), et il profite de l'occasion pour faire un calembour qu'alors sans doute on trouvait
L'HOTEL Dli CASTHIKS DÉVASTE. IG'J
*ort agréable. « Vous ('tes étranger, dit Lafayette, selon Desmoulins; vous êtes Anglais, n'est-ce pas? — Moitié l'un, moitié l'autre, reprit l'Anglais, jouant avec beaucoup de présence d'esprit sur le nom de M. Moitié et sur ses deux visages, remarque le journaliste. » Quoi qu'il en soit du calembour, voici ce qu'on lit dans les Mémoires de M. de Lafayette. « 11 est bien vrai que celte émeute fut un coup préparé par des jacobins amis de MM. Lametb, et dont les chefs furent Cavallenti, Holondo, tt surtout Giles, qui, dès les premiers mois de la révo'ution, avait eu part à beaucoup d'autres émeutes. On retrouve dans les Mémoires de Bertrand Mollevillece Giles, agent principal du comité appelé le Sabat, comme étant au service de la cour. Ce fut lui qui, après avoir fait briser les meubles, sauva le portrait du roi. » Quant à Rotondo, il ne paraît pas qu'il servit à la fois deux partis. Il élait lié avec Desmoulins, et il parait même qu'il en recevait de l'argent.
Séance du 15 novembre. — M. DuvaL Tout le monde est instruit de ce qui s'est passé hier entre M. Charles Lametb et M. Castries. (On demande l'ordre du jour.) J'ai demandé la parole pour annoncer que la maison de M. le ducÛQ Castries... (On rappelle l'opinant à l'ordre.) La foule entoure la maison de M. Castries, dans laquelle il parait que l'on a pénétré : on dit que l'on en jette les meubles par la fenêtre. (Les tribunes applaudissent. — La partie gauche et la partie droite imposent silence aux tribunes. — Les membres de cette dernière partie s'élancent au milieu de la salle, et restent longtemps dans une grande agitation.)
M. le président. Je rappelle aux Iribunes...
M. Murinais. Les membres de l'assemblée ont donné l'exemple des applaudissements. ( On entend répéter dans une grande partie de l'assemblée: C'est faux... c'est un mensonge... c'est une calomnie...)
M. le président. Ce qui vient de se passer est très-indécent ; l'assemblée le blâme formellement. Si les tribunes recommencent, on donnera les ordres les plus sévères.
M. l'abbé Maury. Je crois de mon devoir de rendre compte de ce qui vient de m'être affirmé par trois témoins oculaires. La maison de M. Castries est environnée, les uns disent par quarante mille hommes, les autres par deux cent mille. (11 s'élève des murmures.) Je ne peux pas déterminer le nombre, mais il est assez important pour mériter l'attention de l'assemblée nationale, dont l'autorité seule sera respectée et peut ramener ce peuple qu'on égare. On attend dans la rue de Varennes un ofticier municipal avec son