DISCUSSIONS DIVERSES
français, pour y maintenir, de concert avec les officiers municipaux, la paix publique. »
M. Dandré. Je demande par amendement la suppression de ces mots : de concert avec les officiers municipaux.
M. Mirabeau. Pouvez- vous, sans mettre Avignon sous l'oppression, y envoyer des forces militaires qui agissent sans le concert des magistrats quelconques du peuple?
On décide qu'il n'y a pas lieu à délibérer sur les amendements proposés.
M. Clermont-Lodève. Je demande qu'à la même époque les prisonniers avignonnais détenus dans les prisons d'Orange soient mis en liberté.
Ce dernier amendement est décrété conjointement avec le projet de décret du comité diplomatique.
Nous terminerons ce chapitre par la citation de quelques événements parlementaires de moindre importance et par la mention de quelques faits de presse. Si ces actes sont inutiles à l'histoire de la révolution, ils ne le sont peut-être pas complètement pour celle des sentiments et môme des violences révolutionnaires. »
— Le 2 décembre, une députation des perruquiers de Paris se présenta à la barre de l'assemblée. Ils se plaignaient du tort que leur faisait l'abolition des maîtrises, de la perte de vingt-deux millions qu'elles leur avaient coûté, de l'impôt de 270,000 liv. qu'ils payaient annuellement à l'État, de la concurrence que leur faisaient leurs garçons. Ils ajoutaient : « Mais, malgré nos malheurs, à Dieu ne plaise que nous venions solliciter la conservation de nos places, si toutefois elles ne s'accordent pas avec les droits de l'homme, pour lesquels nous avons juré de mourir plutôt que d'y renoncer, ainsi qu'à vos décrets sanctionnés par le roi. » Rassemblée renvoya la pétition au comité des finances.
— Le 9 décembre , un décret rendu sur le rapport de Barrère réintégra dans leurs biens les religionnaires qu'avait frappés la révocation de l'édit de Nantes.
— Le 19, l'assemblée vota les dédommagements pécuniaires promis aux vainqueurs de la Bastille. Quatre blessés eurent 400 livres de gratification chacun ; vingt-huit estropiés reçurent une pension viagère de 200 livres. Il en fut de même de Marie Charpentier, femme Haucourt, «qui s'est distinguée, dit le décret, au siège delà Bastille, combattant avec les hommes, signalant un grand courage, et laquelle a été estropiée à cette occasion. » Les veuves des citoyens tués au siège de la Bastille, au nombre de douze, reçurent une pension via-