‹ Histoire de l'assemblee constituanteChapitre 41 sur 139 · TOMB IV · texte numérisé non relu

TOMB IV

494 (décembre 1790) ass mblêe nationale.

gère de 150 livres ; leurs enfants, 100 livres par an jusqu'à leur majorité, et il leur en fut promis i ,000 à toucher au moment de leur mariage ou de leur majorité.

— Le 16, l'assemblée vota de nouveaux fonds pour les ateliers de charité et régla l'emploi de ces fonds.

— Le 25 décembre, l'assemblée décréta qu'il serait élevé une statue à Jean-Jacques Rousseau, et que sa veuve, Thérèse Levasseur, aurait une pension viagère de 1,200 livres.

— Le 26, elle vota un décret étendu sur le dessèchement des marais. Le 31, elle termina le décret qui assurait attx auteurs des découvertes utiles la propriété de leurs découvertes et établissait les brevets d'invention.

L'assemblée revint dans le courant de décembre au décret sur la force publique, qu'avait proposé Rabaud-Saink-Étienne, et dont on trouvera le détail dans la seconde partie de ce volume. La plupart des articles du comité furent adoptés. Voici comment s'expriment à ce sujet les Révolutions de Paris :

« Le comité a fait décréter deux autres articles qui ne sont pas moins répréhensibles. — a Y. La force armée est essentiellement obéissante. — VIL Les citoyens ne pourront exercer aucun acte de la force publique établie par la constitution sans en avoir été requis. » D'où il suit que les citoyens armés seront de purs automates aux ordres des municipaux, à peu près comme, dans l'ancien régime, les maréchaussées étaient à ceux des intendants et des subdélégués. La force armée est essentiellement obéissante. Voilà bien la maxime des tyrans ! C'est elle qui a causé l'horrible catastrophe de Nancy. Si les soldats qui accompagnaient Bouillé n'avaient pas été essentiellement obéissants, ils auraient vu le piège qu'on leur tendait, et le sang français n'aurait pas coulé. Si, au U juillet, la force publique avait été essentiellement obéissante, les boulets rouges, les bombes auraient écrasé Paris; les soldats campés au champ de Mars auraient marché contre leurs concitoyens, et les remparts de la Bastille ne seraient pas tombés sous les mains courageuses des Parisiens. Certes, s'il suffisait de l'ordre bien ou mal réfléchi d'un chef pour faire mouvoir les gardes nationales dans l'intérieur du royaume, la liberté serait perdue. Les soldats citoyens, bien loin d'être les défensturs de leurs compatriotes, en seraient au contraire les oppresseurs ; ils deviendraient des sbires, des alguazils, des archers de la Sainte-Hermandad, et cent fois pire s'il est possible. Concluons donc que, hors le cas où on doit marcher contre les ennemis du dehors, et lorsque la guerre est résolue par le corps législatif, la force armée, loin d'être essentiellement obéissante, est au

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