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INSURRECTION DE LA BRETAGNE

trer l'empereur dans la ligne constitutionnelle et obtenir un meilleur système de représentation ; l'autre, dirigé par l'avocat Van-der-Noot et par Van-Eupen, grand pénitencier de l'égjise d'Anvers, voulait se séparer de l'Autriche, obtenir l'indépendance de la Belgique et attribuer la souveraineté aux États. Le clergé catholique, si puissant en Belgique, était tout entier de ce dernier parti. Van-der- Noot avait donc le nombre pour lui, et, de plus, il comptait sur les circonstances, qui étaient évidemment favorables à son projet, ainsi que sur l'appui de la Prusse. En effet, la Hollande, qui n'agissait que par l'avis du cabinet de Berlin, permit aux indépendants, c'est-à-dire aux adhérents de Van-der-Noot, de se réunir sous les murs de Breda et d'y former une petite armée. Le parti de Vonk n'avait, pour le moment, rien de mieux à faire que de joindre ses forces aux indépendants. Se diviser était se perdre ensemble ; se réunir était se donner au moins les chances du combat. D'ailleurs les indépendants, quoiqu'ils eussent pour eux les masses qui se battent, faisaient toutes sortes de concessions, sauf celle de leur opinion ; ainsi ils acceptèrent le général qui leur fut présenté par Vonk : c'était un ex-colonel du nom de Van-der-Mersch, qui avait autrefois servi en Autriche.

Le 24 octobre 1789, Van-der-Mersch se porta sur Turnhout, à la tête des indépendants, et battit les Autrichiens qui étaient venus au-devant de lui. Ce premier succès fut le signal d'une insurrection générale. Dans le cours de novembre, Gand d'abord, puis Bruges, Ùstende, Mons et Anvers tombèrent en ses mains. Le drapeau des insurgés était une croix rouge sur un fond blanc ; l'aigle d'Autriche fut contraint de reculer partout devant l'étendard improvisé des paysans belges. Le général autrichien d'Alton évacua Bruxelles au commencement de décembre. Les impériaux se retirèrent dans le Luxembourg; ils ne gardèrent que la citadelle d'Anvers et Nainur. Les états de Brabant s'assemblèrent librement, pour la première fois, à Bruxelles, le 19 décembre, et, le 26, ils proclamèrent la déchéance de Joseph II et leur propre indépendance. Cet exemple fut suivi par les états des autres provinces. Le parti de Van-der-Noot, c'est à-dire le parti des indépendants et du clergé catholique, triomphait complètement.

Enfin une assemblée des députés de toutes les provinces se réunit à Bruxelles et signa, le 11 janvier 1790, une déclaration par

homme particulièrement dévoué à la reine. Ce fut lui, d'aprè s les Mémoires secrets de M. le comte d'Altonville (t. II, p. 181 et 197), qui fut le premier intermédiaire entre Mirabeau et la rour.

laquelle les diverses provinces se confédéraient sous le nom d' Ètats-Belgiques-Unis. Le gouvernement central, le soin de la défense commune, étaient confiés à un congrès composé de députés de chaque province, et qui devait prendre le titre de Congrès souverain des États belgiques. Chaque province, d'ailleurs, conservait son ancienne constitution et l'exercice du pouvoir législatif. C'était, sous beaucoup de rapports, une imitation de la constitution des républiques suisses.

Les Liégeois, ou plutôt l'État de Liège (car de cette grande cité dépendaient plusieurs petites villes et le pays wallon), suivirent l'exemple que leur donnaient les Belges : ils se soulevèrent, chassèrent leur prince -évêque, et se donnèrent un nouveau gouvernement.

Ces événements ne furent pas sans influence sur les populations limitrophes ; une certaine agitation se manifesta dans les cercles du Rhin, et donna lieu à quelques mesures de précaution ; plusieurs proclamations des autorités allemandes attestent reflet produit sur l'esprit public dans ces provinces. Nul doute que ce retentissement sourd ne contribuât aussi à l'activité que mirent dans leurs démarches auprès de la diète de Francfort les princes possessionnés d'Alsace, dont nous avons déjà vu les réclamations auprès du gouvernement français. D'un autre côté, le prince-évêque de Liège en appela, à la cour de Wetzlar, de la révolte de ses sujets.

II ne paraît pas que la Prusse partageât cette émotion, au moins dans le cours de 1789 et la plus grande partie de l'année 1790. Elle ne voyait, dans tous ces événements, qu'un moyen d'atteindre son but, qui était de s'agrandir de toute la puissance qui échapperait à l'Autriche. On soupçonnait même alors Hertzberg de fomenter les troubles par ses émissaires. Le traité entre la Hollande et la Prusse, que nous avons cité t. II, p. 587, prouve, à qui veut lire avec attention, que les deux cabinets attendaient, pour se prononcer à l'égard des Belges, le résultat de quelques démarches diplomatiques, et qu'ils n'avaient pas encore de parti pris. Une lettre citée dans les Mémoires de Lafayetle, t. III, p. 51, démontre complètement cette indécision ou cette indifférence. Il paraît certain même que des ouvertures furent faites en 1789, par le cabinet de Berlin, à celui de Versailles, dans lesquelles on offrait à Louis XVI les provinces belgiques comme condition d'une alliance contre l'Autriche. La Prusse se réservait de s'indemniser aux dépens d'une partie de la Saxe. Il est inutile de dire que les événements de la révolution ne permirent pas de donner suite à ces ouvertures.

Les divisions qui existaipnt, ainsi qu<* nous venons de le voir,

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