‹ Histoire de l'assemblee constituanteChapitre 80 sur 139 · QUESTIONS DIPLOMATIQUES · texte numérisé non relu

QUESTIONS DIPLOMATIQUES

ressources d'une grande nation, rassemblée veuille bien décréter que chacun des quatre-vingt-trois départements soit toujours prêt à fournir deux mille hommes armés, avec tout l'attirail de guerre, destinés à se porter où le besoin le réquerra; 3° enfin, que rassemblée nationale veuille bien demander au roi de retirer de nos frontières du Nord les régiments allemands qui y sont , de les faire passer à celles de l'Italie et de l'Espagne, et de les faire remplacer par des régiments nationaux.

« L'assemblée ayant pris dans la plus grande considération la motion qui vient de lui être présentée, après l avoir discutée dans tous ses points, d'après la division qui en a été faite, Ta adoptée dans tout son contenu. Ordonne que le présent arrêté sera envoyé aux quarante-sept sections, avec invitation d'y adhérer et de vouloir bien concourir pour la réunion des commissaires, à l'effet de la rédaction de l'adresse proposée ; et pour porter le présenté l'assemblée, fait choix, etc. Pour extrait conforme, Guellàrd, secrétairegreffier. »

Dans un temps où les questions religieuses n'auraient pas absorbé toute l'attention, cette décision eût sans doute remué en un instant toutes les sections de Paris et fait assez de bruit pour atteindre la tribune nationale. Cette fois, il n'en fut pas ainsi ; mais là question fut reprise aux Jacobins. Le H, ce club décida qu'il serait demandé un état de la situation de l'armement en France. Le 12, il exprima, en outre, le vœu que le comité militaire de l'assemblée, dont Lameth était président* fût invité à chercher un moyen d'accélérer et de multiplier la fabrication des armes, afin d'en donner aux gardes nationaux qui en manquaient.

G est au milieu des débats qui eurent lieu à cette occasion, que survinrent des dénonciations contre plusieurs des commandante de l'Alsace. Bouiilé était convenu secrètement avec le roi que, pour éviter les soupçons] ou pour y répondre, il se démettrait de la partiè de son commandement qui concernait l'Alsace, et que l'on nommerait à sa place un homme, dont il était parfaitement sûr, le général Gelb, Alsacien de naissance, et domicilié, en outre, dans le pays. C'est ce qui fut exécuté dans le mois de mars suivant. On satisfit ainsi aux craintes des comités, sans rien compromettre du plan qui était arrêté. Le désintéressement de Bouiilé fut fort applaudi et il inspira plus que jamais une pleine confiance. Lafayette s'était beaucoup remué pour faire nommer à celte place le général Lukner. (Mémoires du marquis de Bouiilé, p. 195.)

— L'assemblée nationale termina en quelque sorte le mois de janvier par une cérémonie en l'honneur de Desilles. C'était à la

508 (janvier 1791) assemblée nationale.

séance du 29 au soir, un samedi, et c'est aussi le premier exemple d'une de ces cérémonies qui furent si souvent renouvelées dans le cours de la révolution.

Le buste de cet officier, placé sur un pavois, entouré de drapeaux, placé sur les épaules d'officiers de la garde nationale, précédé, suivi et entouré d'un cortège nombreux formé du bataillon Saint-Joseph et des officiers civils de cette section, fut apporté dans rassemblée. Tout cela se fit aux sons de la musique et au bruit des applaudissements ; Gouy d'Arcy fit un discours; le président répondit; enfin, un morceau de musique termina la cérémonie.

Chaf. II. — Aspect de Paris. — Théâtres. — Décret sur la propriété dramatique. — Carnaval. — Maisons de jeu. — Procès d'Estienne contre M ara t. — Dénonciations contre Lavoisier. — Émeutes. — Affaire de La Chapelle. — Presse. — Nouveaux journaux. — Journal des Halles. — Clubs. — Soc'été monarchique. — Puissance des jacobins. — Républicains. — Émancipation des femmes. — Cercle social.

11 est nécessaire maintenant de jeter un coup d'œil eu arrière pour voir ce qui se passait à Paris et dans l'assemblée, en dehors des affaires religieuses, dans le cours de janvier d791 .

On se tromperait grandement si Ton croyait que, pendant l'hiver de 1790 à 1791, Paris fut assombri par la gravité des événements qui se décidaient dans son sein. Cette grande ville a toujours renfermé une population assez nombreuse pour suffire en même temps à tous les genres d'occupations, à tous les genres de spectacles, au plaisir comme aux affaires sérieuses. A Pépoquc où nous sommes, la population n'était point diminuée ; elle était au contraire augmentée par le séjour d'un nombre considérable d'étrangers qui étaient accourus de toutes parts, des départements et des contrées voisines, pour voir'la révolution dans son centre d'action. Cette foule, dont la vie était tout extérieure, comblait et au delà le vide à peine appréciable qu'aurait pu produire une émigration qui était encore très-faible. La capitale n'avait donc rien perdu de l'aspect animé, actif et gai, qui lui est propre.

La cour des Tuileries n'était pas aussi triste, non plus, qu'on se le figurerait en pensant à l'avenir qui lui était réservé. Elle n'avait aucune prévision de sa future destinée ; au contraire elle espérait tout des préparatifs secrets dont nous avons entretenu précédemment le lecteur. Il était d'ailleurs d'une bonne tactique d'afficher une sécurité complète. Madame de Campan nous apprend qu'il y avait, comme dans un temps ordinaire, les jours de réception, les

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