‹ Histoire de l'Autriche-HongrieChapitre 12 sur 47 · LA HONGRIE S. LES SUCGESS. DE ST. ETIENNE · texte numérisé non relu

LA HONGRIE S. LES SUCGESS. DE ST. ETIENNE

d'Autriche, habile à profiter du malheur de ses voisins pour agrandir son patrimoine. Nous avons vu plus haut, comment le peu chevaleresque Frédéric avait exploité les misères de la Hongrie pour lui arracher trois comitats. Bêla, une fois libre du côté des Mongols, entreprit de les reconquérir. Il marcha contre Frédéric et le vainquit sur les bords de la Leitha. Frédéric périt dans le combat. Avec ce prince s'éteignit la race des Babenberg (1246). La Bohême et la Hongrie se disputèrent son héritage ; Bêla ne put empêcher le roi de Bohême d'occuper l'Autriche, mais il réussit à établir en Styrie son fils Etienne. La guerre éckta entre les deux royaumes et se termina en faveur de la Bohême. Premysl Otokar H se montra généreux. Il ne voulait pas, suivant ses propres paroles, « en affaiblissant le grand royaume de Hongrie, ouvrir de nouveau aux Tartares l'accès des deux royaumes. 3> Il épousa même une fille du roi de Hongrie. Sous le règne fort court d'Etienne IL 1 1270-1272), la guerre éclata entre la Bohême et la Hongrie, et se termina sans grand avantage de part et d'autre. Un troisième personnage allait apparaître, qui saurait exploiter habilement cette rivalité des deux royaumes, Rodolphe de Habsbourg. Rodolphe entraîna Ladislas IV dans son alliance : cinquante-six mille Hongrois et Gumans figuraient dans cette bataille de Marchfeld, où succomba Pfemysl Otokar. Ainsi la Hongrie, en ruinant la Bohême, fondait la puissance de l'Autriche qui devait se retourner contre elle. Rodolphe montre dans ses lettres la plus vive tendresse pour les Hongrois : « ses fils bien-aimés , la chair de sa chair et l'os de ses os. * Douze ans plus tard, comme empereur d'Allemagne, il prétendait disposer en suzerain de la couronne de Hongrie.

Les dernières années du règne de Bêla IV avaient été affligées par les révoltes de son fils Etienne. De fait, c'était ce prince qui était le roi véritable : c'est à lui que s'adressèrent les envoyés du duc d'Anjou pour négocier les mariages qui devaient assurer la Hongrie à la maison d'Anjou. Il jouit peu du fruit de ses intrigues. Il ne régna que deux ans. Son jeune fils Ladislas (1272-1290), prince

bizarre et débauché, s'attira la haine de son peuple par la préférence qu'il accorda aux Gumans. Cette nation nomade et à demi païenne était encore à peu près étrangère au reste de la nation. Ladislas entreprit de les convertir au christianisme et à la vie sédentaire : il leur assigna entre le Danube et la Theisz les pays qu'on appelle encore aujourd'hui la grande et la petite Gumanie ; mais ils restèrent longtemps encore barbares. Ladislas, qui montrait pour leurs femmes une faiblesse peu digne d'un législateur, fut assassiné par* eux (1290). Il ne laissait pas d'enfant mâle. Il avait adopté un petit fils d'André II, qui fut couronné sous le nom d'André III. Ce prince résista énergiquement aux prétentions des Habsbourg et au Saint-Siège. Ù repoussa une invasion d'Albert d'Autriche et alla mettre le siège devant Vienne. La cour de Home favorable aux princes napolitains de la maison d'Anjou, affecta de ne point reconnaître André III. Charles Robert d'Anjou pénétra dsins le royaume et se fit même couronner à Agram par le légat du pape. La mort d'André III (1301) mit fin à ces compétitions. Avec lui finit la dynastie nationale.

Proffrèti de la clTilUiatioii.

La Hongrie est restée reconnaissante à ces souverains d'une époque de transition qui tracèrent le cadre dans lequel la nation magyare devait désormais se mouvoir. A diverses reprises ils essayèrent d'étendre leur domination sur les états voisins, mais les titres de roi de Serbie, de Rama (Bosnie), de Galicie et Lodomérie, de Bulgarie ne correspondirent jamais aune réelle souveraineté ; tout au plus rappellent-ils une protection éphémère ou une occupation momentanée. La seule acquisition importante de la dynastie, fut l'annexion volontaire de la Croatie qui rapprocha la Hongrie de la mer. Nous avons dit plus haut que la Croatie avait gardé son autonomie. A l'extrémité opposée du royaume, la Transylvanie avait, elle aussi, une constitution particulière. La diète transylvaine se divisait en trois nations; les Hongrois, les Szeklers ou Sicules et les

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