‹ Histoire de l'Autriche-HongrieChapitre 8 sur 47 · LA HONGRIE S. LES SUGCESS. DE ST. ETIENNE · texte numérisé non relu

LA HONGRIE S. LES SUGCESS. DE ST. ETIENNE

pereur, soutenait les rebelles. « Le Royaume de Hongrie, disait-il, ne doit obéissance à personne, hormis à Téglise.» Le prince Geiza fut proclamé roi à la place de Salomon, mais il mourut sans avoir régné (1077).

Ladislas le Saint, qui lui succéda, sut se rendre également indépendant du pape et de Tempereur. Il repoussa avec succès toutes les tentatives de l'infortuné Salomon pour reconquérir la couronne qu'on lui avait enlevée. Il assura son indépendance ; il sut se faire bien venir de la cour de Rome qui consentit à canoniser le roi Etienne et son fils Êmerich. Ladislas ne fut pas moins heureux dans ses luttes contre les Gumans et les Petchenègues qui continuaient d'envahir la Hongrie. Après les avoir vaincus sur les bords de la Temes, il leur offrit de s'établir définitivement dans son royaume à condition de se faire chrétiens. Us acceptèrent et colonisèrent une partie du bassin de la Tisza ; ils avaient pour obligation principale de fournir des archers aux armées royales. D'autre part, à la mort du roi croate Etienne II (1090), Ladislas réussit à imposer à ce pays le prince magyar Almos, fils de Geiza I. Il préparait ainsi l'union des deux couronnes qui ne tarda pas à s'effectuer.

Il fut comme saint Etienne le législateur de son pays ; dans une grande assemblée des prélats, des nobles et du peuple, tenue à Szabolcz, en 1092, il promulgua des lois, dont les plus importantes ont trait aux affaires religieuses. Elles autorisent les ecclésiastiques à se marier contrairement aux récentes décisions de Grégoire VII sur le célibat ecclésiastique ; la perception de la dîme est rigoureusement régularisée. Des mesures pénales sont prises contre les derniers adhérents du paganisme. Celui qui a sacrifié auprès d'un arbre ou d'une source est condamné à payer un bœuf; le juif qui travaille le dimanche, le musulman converti/ qui retourne au mahométisme, sont également persécutés.

D'autres lois de saint Ladislas règlent l'organisation de la justice, édictent des peines pour le vol et organisent la protection de la propriété. Elles sont fort sévères; le vol

d'une oie est puni de la perte d'un œil ; les actes de violence sont réprimés avec une rigueur draconienne. L'Église s'est montrée reconnaissante envers le souverain qui lui avait manifesté tant d'attachement et de déférence, elle Ta placé au nombre des Saints.

Koloiiian (l4Mlft-llt4); la €:;roatle vnte à la Hon^rte (tfl«9) ; Colonies allemande» ; suerres avec la «allcle et Yenlae.

Ladislas en mourant (1095), désigna pour son successeur son neveu Koloman. Ce jeune prince destiné d'abord à l'état ecclésiastique, était fort instruit pour son temps. Ses contemporains l'ont surnommé le libraire (Kœnyves). Peu de temps après son avènement, Koloman vit son royaume traversé par les croisés ; les excès de ces bandes dévotes mais peu disciplinées n'étaient guère faits pour inspirer aux Magyars l'enthousiasme des croisades. Koloman, après avoir laissé passer les premiers corps d'armée, dut armer ses sujets, non pas pour délivrer le saint-sépulcre, mais pour lutter contre les pillards qui ravageaient son royaume. Quand Godefroy de Bouillon arriva aux fron- 1^ tières, il fît demander une entrevue à Koloman. Elle eut lieu non loin de Soprony, sur les bords du lac Neusiedl (Fertœ tàva). Koloman, pour s'assurer le bon ordre et la tranquillité de ses sujets, fixa l'itinéraire des croisés et réclama des otages dont le premier fut Baudouin. Ainsi furent évités les désordres et les vexations qui avaient marqué le passage des premières armées.

L'acte le plus important du règne de Koloman fut l'annexion de la Croatie. Ladislas le saint avait été appelé en 1090 au trône de Croatie; il avait laissé le gouvernement de ce royaume à son fils Almos. Ce prince s'était promptement rendu impopulaire ; Kolpman le chassa de la Croatie et se fit reconnaître roi. Il entreprit aussi d'enlever aux Vénitiens la Dalmatie. Il s'empara des villes principales, Spalato, Zara (Zadar), Trogir (Trau) et leur accorda les franchises les plus étendues. Puis il se fit (1102) couron-

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